23 Janvier 2018

Sénégal: Négociations entre gouvernement et syndicats d'enseignants - Grogne des «non-representatifs»

Au cœur des négociations du secteur éducatif, le gouvernement du Sénégal a en face de lui moins d'interlocuteurs. Le Sels, le Sels/authentique, l'Uden, le Saemss, le Cusems et le Siens occupent désormais la table de négociations. Les élections de représentativité des syndicats du secteur de l'éducation et la formation d'avril 2017, sont passées par là.

Les syndicats qui n'ont pas atteint la barre des 10 % des suffrages valablement exprimés, ont constitué une alliance du refus.

Le Grand cadre des enseignants (Gcse), l'intersyndicale pour la défense de l'école et des enseignants et la Fédération des enseignants du Sénégal (Feder), forces non négligeables dans l'échiquier syndical du secteur, déroulent des plans d'action. Leur cheval de bataille : le respect des accords de 2014.

Les élections de représentativité des syndicats du secteur de l'éducation et la formation d'avril 2017, ont permis à l'Etat du Sénégal de rationaliser la table de négociations d'un secteur en perpétuelle ébullition.

Le syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), le Syndicat des enseignants libres du Sénégal/ Authentique (Sels/A), l'Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (Uden), le syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (Saemss), le Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire (Cusems) et le syndicat des inspecteurs et inspectrices de l'éducation du Sénégal (Siens) occuperont désormais la table de négociations. Ils ont été les seuls à atteindre le taux d'éligibilité de 10 %.

Cette rationalisation du champ syndical met en touche les syndicats traditionnels, notamment le syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal.

«Ils ne seront pas dissouts, mais ne seront pas les partenaires de l'Etat», déclarait le ministre du Travail d'alors, Mansour Sy.

Peut-on néanmoins reconnaître à ces syndicats le droit de représenter un certain nombre d'enseignants ? Dans ce nouveau contexte du mouvement syndical, ils ont trouvé une nouvelle formule pour exister toujours dans l'échiquier syndical. Loin du seuil de 10% de représentativité, plusieurs syndicats se sont constitués en groupement, pour pouvoir porter les questions qui interpellent leurs militants.

Gcse en quête de son lustre d'antan

Fort de son statut de regroupement d'organisations syndicales, le Grand cadre des syndicats de l'enseignement a perdu son poids depuis les négociations de février 2014. Le Grand cadre de 25 syndicats d'enseignants, vole en éclats, avec la sortie de Abdou Faty et Cie.

La redistribution des cartes au terme des élections de représentativité, a reconstitué cette union. Oumar Waly Zoumarou de Sels/O est rejoint désormais par le Cdefs, le Seppi, l'Uden/R, le Sdea, l'Ois, l'Opes et l'Odes/A. Ils ont décidé de réunir leurs forces pour porter les revendications.

Dans une dynamique unitaire, ils ont été rejoints par l'intersyndicale pour la défense de l'école et des enseignants (Idee) qui regroupe le syndicat unitaire démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes) et le syndicat des professeurs du Sénégal (Sypros).

Par cette initiative, les camarades de Amadou Diaouné dénoncent l'attitude manifeste du gouvernement d'enterrer les syndicats dits non-représentatifs, non sans inviter l'Etat au respect des droits syndicaux fondamentaux consacrés par les conventions de l'organisation internationale du Travail.

Sudes et Sypros créent IDEE

Dans une lutte acharnée depuis le début de l'année scolaire 2017-2018, le Gcse et l'Idee semblent aller dans la même direction en exigeant le respect de tous les accords signés, la formation diplômante de tous les enseignants, la mise en solde de tous les enseignants formés, la production sans délai de tous les actes d'intégration, de validation et d'avancement.

S'y ajoutent le paiement de tous les rappels d'intégration, de validation et d'avancement et l'augmentation conséquente des indemnités liées à la surveillance et la correction des examens du CFEE et de l'entrée en 6ième.

Sur la question du régime indemnitaire, les deux cadres veulent une ouverture de négociations pour l'augmentation substantielle de l'indemnité de logement.

La Feder marche le 2 février

En attendant les résultats définitifs des élections de représentativité dans le secteur public de l'éducation et de la formation, 16 organisations syndicales ont décidé de mettre sur pied la fédération des enseignants du Sénégal.

Cette intersyndicale regroupe, entre autres l'Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (Uden/R), l'organisation des instituteurs du Sénégal/Rénovation démocratique (Ois/Rd), l'organisation des instituteurs du Sénégal (Ois), le syndicat Démocratique des Enseignants Libres du Sénégal / Originel (Sydels/O), le Syndicat de l'élémentaire, du préscolaire et des professions intégrées (Seppi), le Syndicat national de l'enseignement élémentaire/Force du changement (Sneel/Fc), l'Organisation démocratique des enseignants du Sénégal (Odes) et le Syndicat démocratique des enseignants Libres du Sénégal (Sydels).

Même s'ils n'ont pas participé à la rencontre d'évaluation entre le gouvernement et les syndicats dits représentatifs, la Feder rejette en bloc les propositions du gouvernement.

Face à la presse hier, lundi 22 janvier, la Feder considère la mesure du gouvernement sur le régime indemnitaire, comme une insulte et un manque de respect envers leur profession. «Nous réclamons l'équité dans le traitement des agents de l'Etat», clame Dame Mbodji.

Face aux promesses non tenues par le gouvernement, la Feder déroule son quatrième plan d'action avec un débrayage dès aujourd'hui mardi et une grève totale mercredi et jeudi avant de faire une marche nationale le 02 février prochain.'

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