23 Janvier 2018

Cote d'Ivoire: Bamba Cheick Daniel (président de la FITKD ) - "J'étais prêt à démissionner avec mon comité directeur"

interview

La crise entre le Comité national olympique de Côte d'Ivoire (CNO-CIV) et la Fédération ivoirienne de Taekwondo (FITKD) est loin de son dénouement. Après les déclarations du président du CNO-CIV, le Général Lassana Palenfo lors d'une rencontre avec les présidents des fédérations olympiques, Me Bamba Cheick Daniel a tenu à clarifier les choses.

Le président du CNO-CIV confiait récemment que vous avez opté pour la modification des textes de la FITKD pour briguer un 3ème mandat au motif que vous aurez remporté deux médailles olympiques.

Je ressens beaucoup d'amertume parce que profondément contrarié après Rio. J'espé- rais être en parfaite harmonie avec le CNO-CIV dont j'escomptais que nous puissions construire ensemble un vrai projet, un puissant soutien pour récidiver aux JO de Tokyo avec un plan de recherche de financement.

Mais en échange, c'est un harcèlement contre ma personne et la recherche de la destruction du taekwondo ivoirien, que, depuis bientôt un an, le CNO-CIV s'entête à nous faire subir.

Mais en même temps, plus ce délire mensonger dure, la légalité et la légitimité qui sont fortement affirmées à notre profit par les textes nationaux et internationaux, l'opinion publique ivoirienne à travers les réseaux sociaux, le monde sportif ivoirien et surtout par la communauté des taekwondoins ivoiriens, ont accru notre capacité de résistance face à ce drame.

Qu'est-ce qui explique cet acharnement contre vous et le taekwondo ?

Je crois que le Général Palenfo est pris en otage par quelques taekwondo-ins qui lui font faire leur combat pour la prise de la FITKD. Et par des collaborateurs qui ont peur de perdre leurs avantages salariaux et lui font croire qu'ils l'amèneront à tout prix à décapiter la FITKD.

Ils le tiennent en otage et sont très haineux. Que ces personnes-là soient aussi libérées de leur haine car elles doivent atrocement souffrir : la haine, comme le vitriol corrode le vase qui le contient, donc leurs cœurs et leur santé. Cela va vous étonner mais voici une affaire où il n'y a pas de plaignants ni de plaintes officielles !

Malgré mes demandes y compris par écrit dans ma lettre en date du 24 mars 2017, jusqu'à ce jour, soit presque un an plus tard, ni la FITKD, ni l'Union Africaine de Taekwondo, ni la WT (World Taekwondo) n'ont reçu copie de ces plaintes malgré les nombreux courriers du CNO-CIV en direction de ces instances.

De temps en temps, il ressort des propos et courriers du CNO-CIV qu'il aurait été saisi par un certain Me Soumahoro responsable de deux clubs (2 clubs sur 258 !) mais de cela aucune preuve.

Voici une affaire sur laquelle tout le monde montre au Géné- ral Palenfo et à son CNO-CIV, avec élégance mais fermeté, qu'ils ont tort sur toute la ligne et tentent de lui organiser une porte de sortie honorable, et qu'ils refusent de respecter.

Pour un CNO-CIV qui prétend promouvoir et protéger les valeurs de l'olympisme, comment peuton comprendre cet acharnement mensonger et destructeur contre un sport olympique et aller jusqu'à fracturer les portes de son siège technique et changer les serrures alors que des compétitions internationales importantes pour l'accès aux JO de Tokyo sont prévues début mars ?

Le président du CNO-CIV soutient que vous lui avez promis d'organiser une AG élective?

Cela aurait été une décision trop importante pour que je n'en confère pas avec mon comité directeur comme je l'ai toujours fait ! Pouvez-vous croire un seul instant que tel que vous me connaissez, sans avoir consulté mon comité directeur, que je me retrouve seul avec M. Palenfo, M. Diané Mamadi, lors de sa médiation, et que j'accepte tout seul de contredire les décisions votées massivement par l'Assemblée générale de la FITKD, son organe suprême, les décisions de la World Taekwondo, de la World Taekwondo Africa, du Kukkiwon ?

Qu'est-ce que j'y gagnerais ? Et puis M. Diané Mamadi est vivant ! Demandez-lui si Bamba Cheick a promis une assemblée élective lors de nos discussions ! Et puis la presse était présente, toutes nos déclarations sont enregistrées !

Vérifiez si cela a été dit par lui ou par moi ou par M. Diané ! Si tant est que M. Diané avait été caution d'un tel engagement de ma part, il l'aurait fait figurer dans la déclaration ou même aurait été le premier à m'interpeller, après la finale des Grands Prix, pour respecter ce prétendu engagement !

Palenfo aurait aussi pu l'exiger de Diané notre médiateur ! Mais sachant que c'est du faux, il ne l'a pas fait et a préféré exécuter lui-même cet engagement sorti de son esprit en m'invitant à une passation de service ; chose que j'ai refusée en informant M. Diané.

 Qu'en est-il de cette médiation menée par M. Mamadi Diané relayée par les médias et qui était censée mettre un terme à la crise?

Je regrette vraiment que M. Palenfo n'ait pas eu de considération pour l'honorable Diané Mamadi, conseiller spécial du président de la République qui fut le seul, spontané- ment, à décider d'une médiation entre nous ! A cinq reprises M. Palenfo a méprisé cette médiation.

Il n'a pas lu la déclaration qui avait été préparée et sur laquelle nous étions tombés d'accord mais il a préféré improviser devant la presse en annonçant la réorganisation d'un nouveau comité directeur autour de moi et donner de longs conseils à la presse. Le lendemain, il était sur un site internet en train d'annoncer ses «mesures» unilatéralement décidées. Je peux même vous relater l'historique de cette rencontre.

Deux semaines avant cette rencontre, M. Diané m'a invité chez lui et m'a informé de ce qu'à sa demande, le Général Palenfo a accepté d'échanger avec lui.

Il lui aurait dit de mettre un terme à cette crise qui ne l'honore ni lui ni la Côte d'Ivoire et que son âge et son parcours respectés ne devaient être ternis dans l'opinion publique par le souvenir d'une si malheureuse crise. Selon M. Diané, M. Palenfo a accepté sa proposition mais à condition que je lui présente des excuses publiques pour certains propos parus dans des interviews de journaux.

Tout en rappelant le refus de cette même approche initiée par M. Idé Issaka émissaire de la WT en septembre dernier, j'ai accepté de présenter ces excuses.

Nous nous sommes donc retrouvés à trois dans le bureau de M. Diané et lors des derniers échanges avant de rencontrer la presse qui attendait dans la salle de conférence, M. Palenfo a commencé à monter les enchères en proposant de me «garder au poste de président et de faire entrer d'autres personnes au sein du mon comité directeur et d'en faire sortir d'autres». Je lui ai répondu que quand un père accepte des excuses et pardonne, il pardonne à tout le monde sans exclusion.

Et, j'ai même ajouté que s'il tenait à sa proposition, j'étais prêt à démissionner avec mon comité directeur et lui offrir la FITKD parce que j'étais épuisé par cette affaire.

Palenfo, semblant choqué par mon propos a dit à Diané «j'interdis à Bamba de parler de démission, il m'a déjà dit ça lors de notre première rencontre en mars 2017.

Bamba Cheick sait qu'il est une réfé- rence respectée dans ce pays. On négocie, on cherche des solutions et déjà il parle de démission. Diané, je ne veux plus qu'il répète ce genre de propos, je n'accepterai pas une démission de sa part ! »

Il a ensuite examiné la déclaration qui devait être lue devant la presse et a demandé que soit ajoutée la mention selon laquelle je lui ai présenté des excuses. Après la déclaration improvisée de M. Palenfo que je n'ai pas voulu contredire, par décence et surtout par respect pour M. Diané. Je n'ai pris aucun engagement.

 La World Taekwondo a tout de même demandé pardon à Palenfo pour vous liasser organiser la finale des Grands Prix et la Coupe du monde par équipe.

Une telle phrase est d'un comique délirant. C'est le gouvernement qui autorise l'organisation de ce genre de manifestations sur son sol dès que la WT l'a accordée et que la fédération organisatrice s'est acquittée de ses droits ! Ce n'est pas un CNO-CIV qui accorde !

Je ne sais pas si M. Idé Issaka, chef de la délégation de la WT qui a rencontré M. Palenfo en septembre dernier à Abidjan lui a fait une telle promesse. Je ne crois pas.

En plus, lors de la rencontre avec le ministre des Sports, M. François Amichia, vous conviendrez que la délégation n'a fait que remettre au ministre, la décision déboutant M. Palenfo de toutes ses prétentions ; déçue qu'elle fût que Palenfo ait refusé la sortie honorable qu'elle tentait de lui offrir.

Je voudrais encore insister que le plus extraordinaire dans cette affaire, c'est que le CNO-CIV est totalement dans l'illégalité puisqu'aucun texte de niveau national, régional et international, ainsi que la jurisprudence ivoirienne, ne lui confère le pouvoir de s'immiscer dans les affaires internes d'une fédération sportive!

 Vous serez tout de même pré- sents à l'AG élective du CNO-CIV, le 1er février 2017 ?

C'est une autre nouvelle situation incongrue et humiliante pour le Taekwondo, le CNO-CIV et le sport ivoirien. Le CNO-CIV n'a pas invité la FITKD à cette assemblée générale.

La FITKD qui lui a apporté ce qu'il n'espérait plus depuis 34 ans, des médailles olympiques. Notre lettre pour réclamer notre invitation officielle est restée sans suite pour le moment.

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