23 Janvier 2018

Sénégal: Sénégal - Luxembourg - Le Grand-Duc de Luxembourg sous le charme du Pôle de Diamniadio

En visite officielle de trois jours au Sénégal, le Grand-Duc de Luxembourg a présidé, hier, à Diamniadio, le Forum économique Luxembourg-Sénégal. Henri Albert Marie Guillaume s'est dit fasciné par l'essor dans le Pôle urbain de Diamniadio et de la « vitalité économique » du Sénégal, visible à travers ce nouveau pôle.

Venu présider, hier, au Centre international de conférences Abdou Diouf, le Forum économique Luxembourg-Sénégal, son Altesse Royal s'est dit frappé « par la vitalité économique » du Sénégal. Un essor qui, a-t-il reconnu, est visible à travers le Pôle urbain de Diamniadio où plusieurs projets sont en cours de réalisation : le parc industriel, l'Université Amadou Makhtar Mbow, le palais omnisport, la cité des affaires... Le Grand-Duc de Luxembourg a réitéré, devant le ministre de la Promotion des investissements, Khoudia Mbaye, la détermination de son pays à accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) et de toutes les réformes visant à promouvoir le bien-être des populations sénégalaises. Cet accompagnement va passer par des partenariats « plus fructueux » entre les entreprises luxembourgeoises et sénégalaises pour donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale entre les deux pays. Une coopération bilatérale dont l'accent doit être mis sur la dimension économique, a insisté le Grand-Duc Henri. Ce plan, s'est-il félicité, « est ambitieux et prometteur ». A son avis, le Pse permettra au Sénégal de « se transformer radicalement dans les prochaines années ».

Le Plan Sénégal émergent, a renchéri la secrétaire d'Etat à l'Economie du Luxembourg, Francine Closener, est une « vision ambitieuse et courageuse » qui consiste en une transformation structurelle de l'économie sénégalaise. « Il est crucial pour chaque Gouvernement de tracer pour ses populations et son économie les contours d'un avenir meilleur. Je me félicite de l'engagement du Gouvernement sénégalais en faveur de l'emploi décent pour les jeunes et les femmes tout en mettant en place des mécanismes permettant aux femmes d'affirmer leur leadership », a ajouté Mme Closener.

Son Altesse Royale a rappelé que le Sénégal et le Luxembourg entretiennent depuis longtemps une « relation spéciale », une « relation de confiance et de respect mutuel ». C'est ce qui justifie, a-t-il dit, la décision du Grand-Duché du Luxembourg d'installer, en 2017, au Sénégal, son premier ambassadeur résident en Afrique. « Nous voulons cimenter ce partenariat solide et évolutif. Le Sénégal est un pays fascinant et riche », a-t-il soutenu.

PRESENTATION DU PSE : HUIT HUBS À SAISIR PAR LES DEUX SECTEURS PRIVÉS

Le directeur général de l'Apix, Mountaga Sy, a fait une présentation du Plan Sénégal émergent, avec comme principal axe les « opportunités d'investissement et environnement des affaires », lors du Forum économique Luxembourg-Sénégal. Selon lui, le Sénégal est un pays d'opportunités d'investissements avec une plateforme de projets ouverts au secteur privé. Ces investissements concernent huit hubs allant des investissements aux services.

Dans le domaine des infrastructures, M. Sy a rappelé que le Sénégal a engagé un vaste chantier avec la construction du port minéralier de Bargny qui reste « un projet structurant » du Pse, la construction du port sec de Tambacounda ainsi que la rénovation et la réhabilitation des ports de Saint-Louis et de Kaolack. Dans le domaine ferroviaire, le Sénégal a entamé le projet de construction du Train express régional (Ter) et la réhabilitation de son chemin de fer sur un linéaire de 645 kilomètres. Un important projet de construction d'autoroutes est aussi amorcé avec l'autoroute Thiès-Touba. Parmi les chantiers qui peuvent attirer les investisseurs étrangers, le directeur général de l'Apix a rappelé le projet de rénovation de six aéroports régionaux, la construction de l'hôpital du futur, du Centre de traitement du cancer et de « beaucoup d'autres projets ouverts au secteur privé », a informé Mountaga Sy.

Le directeur de la Chambre de commerce du Grand-duché de Luxembourg a fait une présentation de l'économie de son pays et de la délégation luxembourgeoise. Le Grand-Duc de Luxembourg est venu au Sénégal avec 23 chefs d'entreprises. Carlo Thélen a défini son pays comme « fiable, ouvert et multilingue ». Le Luxembourg, a-t-il ajouté, est aussi un pays « économiquement, politiquement et fiscalement stable » avec un taux de croissance de 4,5% en 2016. Il exporte 80% des biens et services produits sur place et est, aujourd'hui, parmi les pays leaders dans le domaine des Tic. M. Thelen a, en effet, indiqué que, depuis 2006, le Luxembourg a vu le nombre d'entreprises évoluant dans les Tic augmenté de 56%.

CONVENTION DE PARTENARIAT ADIE-SURICATE SOLUTIONS

L'Agence de l'informatique de l'Etat (Adie) et Suricate solutions, une entreprise luxembourgeoise spécialisée dans la cybersécurité, ont signé, hier, une convention de partenariat. « Il s'agit, pour nous, de bénéficier de l'expertise de ce pays réputé au niveau européen et mondial en matière de cybersécurité.

Ce sera l'occasion de lancer le premier Centre d'alerte et de riposte en matière de cybersécurité pour notre pays. Une occasion pour accélérer un processus cher au Président de la République et au Gouvernement », a déclaré le directeur de l'Adie, Cheikh Bakhoum. L'Agence de l'informatique de l'Etat travaille en même temps avec une autre entreprise luxembourgeoise, Incert, pour mettre en place « l'infrastructure nationale de gestion des clés ». « Elle nous permettra de pouvoir délivrer des certificats à l'administration et de pouvoir accréditer les entreprises privées. C'est une infrastructure qui sera une première dans notre sous-région et le deuxième pays en Afrique », a ajouté M. Bakhoum.

ECOTECHNOLOGIES ET TIC : LES SECTEURS CLÉS DE COOPÉRATION ENTRE LES DEUX PAYS

La Secrétaire d'Etat à l'Economie, Francine Closener, a identifié les secteurs clés qui offrent un réel potentiel de développement à la coopération entre le Sénégal et le Grand-duché du Luxembourg. Ces principaux secteurs sont les écotechnologies et les Technologies de l'information et de la communication (Tic). Deux secteurs qui, explique-t-elle, sont au cœur de la stratégie de développement et de diversification économique entreprise par le Luxembourg depuis plus d'une décennie.

Le Luxembourg a, depuis quelques années, orienté ses investissements vers les secteurs porteurs tels que les Tic, les biotechnologies, les énergies renouvelables, entre autres. D'après Mme Closener, les entreprises luxembourgeoises qui « jouissent d'une renommée mondiale » dans ces domaines sont prêtes à apporter leur savoir-faire et leurs technologies les plus avancées au Sénégal.

En outre, même si la coopération entre le Sénégal est riche et diversifiée, il reste encore « un fort potentiel de relations d'affaires inexploité », indique le ministre de la Promotion des investissements, des partenariats et des téléservices de l'Etat. D'après Khoudia Mbaye, ce potentiel se trouve dans les secteurs tels que l'agriculture, le numérique, l'industrie ou la sidérurgie.

Le ministre invite les investisseurs luxembourgeois à venir massivement au Sénégal qui, dans le contexte actuel, est « une terre d'opportunités ». Mieux, en investissant au Sénégal, les hommes d'affaires luxembourgeoises auront l'opportunité d'accéder au grand marché africain.

Car le Sénégal, d'après Khoudia Mbaye, est une porte d'entrée pour l'Afrique en tant que membre de l'Uemoa et de la Cedeao avec plus de 300 millions de consommateurs. « S'installer au Sénégal permet d'accéder à ces deux grands ensembles », a dit le ministre. Elle ajoute que les secteurs de l'éco-innovation, de l'écotechnologie, des Tic, des Finances qui intéressent de plus les investisseurs luxembourgeois, « recoupent les centres d'intérêt du gouvernement sénégalais ».

UN PROTOCOLE D'ACCORD SIGNÉ ENTRE LE MINISTÈRE DES TRANSPORTS ET LUXOMOBILITY

La société luxembourgeoise Luxomobility et le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement ont signé, hier, un protocole d'accord en marge du Forum Luxembourg-Sénégal. Le protocole d'accord a été signé en présence du ministre des Transports, Abdoulaye Daouda Diallo, et du représentant de Luxomobility, Romain Scheineider. A travers cet accord, Luxomibility va mettre en œuvre, au Sénégal, le projet « Save live » (sauver des vies ». Ainsi, la société luxembourgeoise aura en charge l'installation d'un logiciel qui va « permettre aux autorités compétentes de recueillir les données d'accidents routiers et d'appliquer des mesures ciblées de sécurité ». En effet, l'objectif principal de ce logiciel est de « réduire la mortalité routière au Sénégal » grâce à un « système de collecte de données et de traitement des accidents ».

Abdoulaye Daouda Diallo a réitéré son engagement à tout faire pour respecter les termes du protocole. Mieux, il a informé que le gouvernement va travailler à améliorer la qualité des infrastructures pour lutter efficacement contre les accidents de la route.

LE LUXEMBOURG, UN PETIT PAYS, UNE GRANDE ÉCONOMIE

Petit pays d'Europe de l'Ouest (2586 km2) enclavé entre la Belgique, l'Allemagne et la France, le Grand-Duché de Luxembourg est peuplé de seulement 590.667 habitants, dont 46% d'étrangers. C'est une monarchie constitutionnelle parlementaire dirigée par un Premier ministre sous l'autorité du Grand-Duc Henri de Luxembourg, arrivé à la tête du pays le 7 octobre 2000.

Le pays, essentiellement rural, possède des forêts denses dans les Ardennes et des parcs naturels au Nord. Ses principales villes sont Luxembourg, la capitale, et Esch-sur-Alzette. Ses langues officielles sont le luxembourgeois, l'allemand et le français.

Indépendant depuis 1839, il fait partie de l'ensemble appelé Benelux dès 1944. Le pays intégra l'Otan en 1948 et adhéra à la Communauté économique européenne, boostant ainsi son essor économique. Pour un Pib de 52 milliards d'euros (chiffre de 2016), soit plus que les Pib de la Côte d'Ivoire et du Cameroun réunis, pour une population 90 fois inférieure, le Luxembourg a également un des plus élevés Pib par habitant d'Europe avec 78.700 euros estimés en 2017. Le Luxembourg est un pays à l'économie ouverte vers l'extérieur et recourant massivement à la main-d'œuvre étrangère, principalement transfrontalière.

L'agriculture ne représente que 0,3% de son Pib, l'industrie et les services se taillant la part du lion avec respectivement 12,1% et 87,7%. La place financière de Luxembourg est très connue et le pays dépend du secteur bancaire pour 26% de son Pib et 18% de ses recettes fiscales. Toutefois, le Grand-Duché est confronté au défi de la diversification de son économie surtout depuis la fin du secret bancaire le 1er janvier 2015. Il doit également faire face au vieillissement de sa population qui fait peser un risque important sur la soutenabilité de ses finances publiques.

Pour pallier ces inconvénients, une « stratégie de la 3e révolution industrielle » a été dévoilée en 2016. Elle s'appuie sur la convergence des Tic, des énergies renouvelables et des transports et favorise une transition vers un développement plus soutenable basée sur une économie décarbonée. Sur le plan fiscal, une réforme en profondeur a été préparée par le Gouvernement afin de soutenir l'attractivité fiscale du pays pour les entreprises (baisse de 21 à 19% de l'impôt sur les sociétés) et redonner du pouvoir d'achat aux classes moyennes.

Le Luxembourg est un membre actif de l'Onu et a occupé, pour la première fois de son histoire, un mandat de membre non-permanent au Conseil de sécurité en 2013-2014. Le montant brut de sa contribution au budget ordinaire des Nations unies était, en 2013, de 2,27 millions de dollars (0,083%). Avec son armée de 1000 soldats, le Grand-Duché participe également aux opérations de maintien de la paix à la hauteur de ses moyens. En juillet 2015, la participation du pays à la Kfor (Force pour le Kosovo) a été prolongée jusqu'au 15 novembre dernier. Dans les Balkans,le Grand-Duché est aussi présent. Avec six militaires présents en Afghanistan, il participe, dans le cadre de l'Otan, à la mission « Resolute support ». En Afrique, il a prolongé sa participation aux missions Eucap Sahel Niger et Eutm Mali, Eucap Sahel Mali et à l'opération Eunavfor Med contre le trafic de migrants en Méditerranée. Le Luxembourg soutient, en outre, la force conjointe du G5 Sahel par un appui logistique et dans la formation. En 2016, le pays a alloué 7,5 millions d'euros pour l'aide aux victimes de la crise syrienne et compte maintenir sa contribution à ce niveau pour les cinq ans à venir (37,5 millions d'euros).

Concernant l'Aide publique au développement (Apd) ,en 2016, l'enveloppe luxembourgeoise a atteint 1% du Revenu national brut. Le Luxembourg travaille avec sept pays partenaires (cinq en Afrique de l'Ouest, un en Asie du sud-est et un en Amérique centrale) dans lesquels il mène une politique axée sur la gouvernance, le genre et l'environnement/climat.

Les secteurs prioritaires du Luxembourg sont la santé, l'éducation/formation professionnelle ainsi que le développement local et rural. La part de l'aide bilatérale (70% du total) est en hausse, mais l'action du Luxembourg s'inscrit dans un contexte essentiellement multilatéral.

CULTURE, SCIENCE, ECOLOGIE, SOCIAL : SON ALTESSE ROYALE HENRI, UN HOMME DE SACERDOCE

Intronisé sixième Grand-Duc de Luxembourg, le 7 octobre 2000, Son Altesse Royale Henri est homme d'Etat, militaire, sportif, militant de l'écologie et un polyglotte accompli, parlant aussi bien le luxembourgeois, le français, l'allemand, l'anglais que l'espagnol.

Avant de succéder à son père en 2000, le Grand-Duc Henri de Luxembourg a exercé plusieurs fonctions, dont celui de Président d'honneur du « Comité de développement économique » (devenu aujourd'hui Luxembourg for business and innovation), qui lui a permis d'effectuer de nombreux voyages de prospection dans le monde afin d'assurer la promotion du Grand-Duché de Luxembourg comme terre d'opportunités commerciales et d'investissements. Il a été également membre au Conseil d'Etat du Luxembourg.

Engagé dans la protection et la sauvegarde de la nature, le Grand-Duc Henri assure le patronage de nombreuses associations actives dans les domaines culturel, sportif, scientifique, écologique et social. Ainsi, il est membre du conseil d'administration de la Fondation du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse, qui a pour vocation d'œuvrer à l'intégration dans la société luxembourgeoise de personnes en détresse et de personnes à besoins spécifiques. La Fondation soutient aussi des projets internationaux en Afrique et en Asie.

Le Grand-Duc est également membre actif de la Fondation Mentor, créée sous le patronage de l'Organisation mondiale de la santé (Oms), dont le but est d'assurer la prévention de consommation de drogues par les adolescents. Son Haut patronage de la Fondation Jeunes Scientifiques Luxembourg témoigne de son soutien à la promotion de la science et de l'innovation chez les jeunes.

Soucieux de la protection de la nature au Luxembourg et dans le monde, le Grand-Duc Henri est président de la Fondation Charles Darwin, une organisation non-gouvernementale active dans la conservation de l'environnement et de la biodiversité dans l'archipel des Galápagos.

Sportif, le grand-duc Henri pratique aussi bien le football que la natation, le tennis ou l'équitation. Mais, ses disciplines préférées restent le ski et la voile. Né Prince Henri de Luxembourg, en avril 1955, le Grand-Duc a fait ses études en France où il obtient le baccalauréat, puis en Suisse où il décroche une licence en Sciences politiques. Comme formation, il a également suivi un cursus militaire à l'Académie royale militaire de Sandhurst en Grande Bretagne et en sa qualité de Chef de l'Armée luxembourgeoise, il porte le titre de Général.

Parmi ses nombreuses distinctions honorifiques, Son Altesse Royale Henri a reçu de nombreuses distinctions honorifiques à travers le monde. Il est Docteur Honoris Causa de plusieurs universités, en France, aux Etats-Unis, en Allemagne...

LE 4ÈME PROGRAMME INDICATIF DE COOPÉRATION SIGNÉ

Le Sénégal et le Luxembourg ont signé, hier, dans le cadre de la visite de Son Altesse Royale Henri, le quatrième Programme indicatif de coopération (Pic IV). L'annonce a été faite par le Président de la République, Macky Sall, lors du point de presse qu'il a co-animé avec le Grand-Duc qui effectue une visite au Sénégal. Selon le Chef de l'Etat, les deux pays ont décidé de concentrer essentiellement le 4ème Pic sur la santé et la formation technique et professionnelle qui sont des domaines prioritaires du Pse.

Le Président de la République a rappelé que la coopération bilatérale entre les deux Etats est à sa 31ème année et a, jusqu'ici, porté sur des secteurs aussi importants que la santé, l'hydraulique, l'enseignement technique et professionnel et le développement local. Il a signalé qu'en plus de cette coopération officielle féconde, le secteur privé luxembourgeois est bien présent au Sénégal dans des domaines, tels que l'agriculture, l'infrastructure portuaire, la maintenance industrielle et les téléservices... Mais, a souligné Macky Sall, « nous voulons faire plus ». Selon lui, c'est pour cela que les deux pays ont organisé, dans le cadre de cette visite, un Forum économique pour stimuler les échanges et surtout renforcer l'investissement privé. « Sur tous ces sujets d'intérêt commun, nous avons la ferme volonté de poursuivre notre collaboration pour porter notre coopération à un niveau encore plus élevé », a dit le Président Sall.

Le Chef de l'Etat a remercié Son Altesse pour cette visite. « Je vous dis combien le peuple sénégalais et son Président sont heureux de vous accueillir. Je vous renouvelle tous mes souhaits de bienvenue et un agréable séjour parmi nous », a-t-il lancé à l'endroit de son hôte. Macky Sall a, par ailleurs, souligné que « le Sénégal et le Grand-Duché du Luxembourg entretiennent des relations solides et conscientes, parce que fondées sur des valeurs auxquelles les deux Etats croient.

« Ce sont les valeurs de paix, de liberté, de démocratie et de respect des droits de l'Homme », a-t-il affirmé. A son avis, « c'est ce qui fonde l'exception sénégalo-luxembourgeoise ». « En plus de figurer parmi les pays prioritaires de la Coopération luxembourgeoise, le Sénégal est, à ce jour, le pays africain où le Luxembourg dispose d'un ambassadeur résidant sur place. C'est une grande marque d'estime et de confiance », a insisté le Président Sall.

LYCEE TECHNIQUE ET PROFESSIONNEL DE THIES : UN FLEURON DE LA COOPÉRATION

La visite officielle de trois jours, au Sénégal, du Grand-Duc de Luxembourg couronne une longue relation d'amitié entre les deux pays. Le lycée technique et professionnel Mgr François Xavier Ndione de Thiès est, jusqu'ici, pour le Sénégal, le fruit le plus juteux de cette coopération qui ne cesse de se renforcer.

Sur la route de Mont-Rolland-Thialy, sur une superficie de 12 ha, est bâti le lycée technique et professionnel Mgr François Xavier Ndione de Thiès. Hier à 16 heures, c'est le calme plat dans la cour de l'école. Un agent de sécurité à chaque entrée, quelques groupes d'élèves qui discutent de tout et de rien ; voilà le décor. Dans le bâtiment administratif, des enseignants se réunissent. « Nous avons une petite rencontre. Nous en avons pour cinq minutes », s'excuse l'assistant du proviseur, M. Sall, avant de nous mettre en rapport, plus tard, avec le directeur des Etudes. Cet établissement est le fruit de la coopération entre le Sénégal et le Luxembourg. Il a été l'objet d'un investissement jamais égalé, pour un montant de 8,8 milliards de FCfa.

Inauguré en 2007, le lycée de Thiès est un établissement d'enseignement pilote qui a l'honorable mission de traduire en réalité la nouvelle vision du ministère de la Formation professionnelle. « Ce lycée est né de la coopération entre le Sénégal et le Luxembourg suite aux Grands états généreux de l'éducation et de la formation pour doter le pays de structures de formation professionnelle viables, capables de répondre à la demande grandissante et galopante des entreprises pour se moderniser. L'état des lieux avait montré que l'un des problèmes majeurs qui expliquaient le chômage et la non insertion des jeunes est que nos structures de formation formaient pour former, mais les produits n'étaient pas adaptés aux besoins du marché », a précisé Mamadou Moustapha Bâ, le directeur des Etudes du lycée. A l'en croire, c'est pour corriger cela que l'Etat du Sénégal a négocié avec le Luxembourg pour avoir cette structure dans le cadre du fameux projet Sen 016 chapeauté par le Programme indicatif de coopération (Pic I). Les travaux de construction ont duré trois ans. L'école est composée de deux sections : une d'enseignement technique et une autre de formation professionnelle. La section d'enseignement technique prépare les apprenants aux différents baccalauréats techniques qui existent au Sénégal. L'obtention de ce premier diplôme universitaire leur ouvre les portes de l'université et des écoles d'ingénieurs. Cette section accueille 600 élèves.

Un taux d'insertion de 100%

Pour la section formation professionnelle, ses trois missions sont d'assurer la formation initiale de techniciens et techniciens supérieurs, développer la formation continue au profit des travailleurs et aider les sortants du lycée dans leur insertion socioprofessionnelle. On y forme des techniciens (Brevet de technicien Bt) et des techniciens supérieurs (Bts) dans les métiers suivants : froid et climatisation, maintenance industrielle, structure métallique, génie civil, mécanique véhicule moteur. Au total, cette section accueille un effectif avoisinant 500 apprenants, dont 300 dans le public et 200 dans le privé. Au cours des cinq premières années, l'insertion était à 100%. Aujourd'hui encore, avec les moyens mis en place par l'Etat du Sénégal, à travers le troisième Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (Fede), mais aussi l'Office national de la formation professionnelle (Onfp) et les partenaires techniques et financiers, le directeur des Etudes espère qu'ils vont pouvoir développer une formation-insertion. Le projet avec les Luxembourgeois a pris fin en 2015, mais, selon Mamadou Moustapha Bâ, ils continuent jusqu'à présent de les soutenir. « Il semblerait même que, dans le prochain programme, nous aurons une partie », a-t-il avancé.

SON ALTESSE ROYALE HENRI : « LE SÉNÉGAL EST TRAIN DE SE DÉVELOPPER »

«Le Sénégal est en train de se développer». C'est le constat de Son Altesse Royale qui faisait un point de presse, hier soir, au Palais de la République, en présence du Chef de l'Etat, Macky Sall.

«Cette politique de développement tend vers une politique d'investissement», a-t-il déclaré tout en indiquant sa fierté d'être à la tête d'une délégation avec le secrétaire d'Etat au Développement.

Le Grand-Duc de Luxembourg a loué le dynamisme de l'économie sénégalaise. « Nous avons vu que le Sénégal est en train de se développer quand nous avons vu le chiffre de la croissance qui est presque de 7% depuis plusieurs années. C'est très dynamique », a-t-il déclaré après son tête-à-tête avec le Président de la République, Macky Sall. Son Altesse Royale a, dans la même lancée, salué les investissements faits à Diamniadio. « J'ai visité cette ville que le Président a créée. Cela montre le dynamisme extraordinaire de votre pays. Nous croyons en l'avenir du Sénégal. Nous allons continuer à investir dans votre pays », a-t-il dit.

Le Grand-Duc Henri a dit être heureux de la signature du quatrième accord de coopération entre les deux pays, ajoutant qu'ils feront mieux en collaborant dans d'autres domaines stratégiques.

L'hôte du Sénégal a aussi félicité le Président Macky Sall pour ce qu'il fait pour les jeunes. « C'est un investissement. Les jeunes représentent un potentiel important », a-t-il affirmé.

Auparavant, Son Altesse Royale a rappelé que des relations de profonde amitié existent depuis plus de 30 ans entre les deux pays. « Le Président Senghor est venu au Luxembourg dans les années 70. Mes parents sont venus ici en 1977. Mon épouse est venue au Sénégal deux fois. Nous avons une relation particulière. Je suis heureux que le gouvernement luxembourgeois continue de faire de la politique de développement au Sénégal », a-t-il tenu à expliquer.

LE GRAND-DUC HÔTE DU CENTRE ENDA SANTÉ DE MBOUR

Le Grand-Duc Henri de Luxembourg a visité, hier, les installations du Centre de Enda Santé à Mbour où il a effectué une série d'activités.

Son Altesse, accompagné du ministre de la Santé et de l'Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a eu droit à une visite guidée des différents aménagements qui lui a permis de voir une exposition de photos dans le jardin botanique ; des images retraçant les diverses activités du Centre. De la lutte contre le Vih/Sida à l'appui à différents groupements de femmes, en passant par des actions en faveur de la santé sexuelle et reproductive, la préservation de l'environnement, le recyclage des déchets plastiques ou encore les activités génératrices de revenus des groupes vulnérables, la délégation a eu un aperçu des programmes mis en œuvre par Enda Santé. Construit en 2009, le Centre est régulièrement en première ligne dans le soutien aux couches défavorisées à travers plusieurs projets et programmes. Des actions qui vont se poursuivre, car comme l'a souligné le directeur de Enda Santé, la coopération du Grand-Duché a octroyé un nouveau financement à sa structure. Daouda Diouf, pour qui « le Luxembourg est un partenaire de longue date d'Enda », a souligné que ce pays a signé, il y a quelques mois, une convention de partenariat de financement pour les cinq prochaines années pour ses programmes en Afrique de l'Ouest. « Nous avons également, dans le circuit, d'autres projets, notamment pour la Casamance, pour renforcer l'offre de soins, renforcer les structures sanitaires et les compétences surtout des personnels de santé », a-t-il annoncé. Dans la région sud du pays, il s'agit de s'attaquer à des priorités en santé, en particulier l'hépatite virale, le cancer du col de l'utérus et les résistances au traitement au Vih/Sida. La coopération inclut également des voyages d'études et de recherche. Ce qui implique le séjour incessamment de médecins, chercheurs et scientifiques du Luxembourg au Sénégal mais également celui de spécialistes sénégalais de divers domaines « dans des laboratoires de pointe pour renforcer leurs propres compétences ; tout ceci, au service du peuple sénégalais et de la santé des populations », s'est réjoui M. Diouf.

Il a fait savoir qu'Enda, qui est en Casamance depuis 25 ans, déploie plus d'efforts dans cette région. «Dans les moments les plus difficiles de la crise, nous avons continué à avoir une implantation et à mener des programmes de grande envergure. Nous allons continuer à le faire », a expliqué Daouda Diouf. Des actions qui, à ses yeux, peuvent contribuer aussi au renforcement de la paix. Car ce programme de santé va aussi générer des emplois.

COOPERATION SENEGALO-LUXEMBOURGEOISE : L'ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET LA FORMATION PROFESSIONNELLE, UNE SUR-PRIORITÉ

La coopération entre le Sénégal et le Luxembourg est multiforme. Elle englobe plusieurs secteurs dont le plus important reste l'enseignement technique et la formation professionnelle. L'objectif étant pour le Luxembourg d'accompagner l'Etat sénégalais dans la lutte contre le chômage des jeunes et l'aider ainsi à accroître la performance de l'économie.

Les premières relations de coopération au développement entre le Luxembourg et le Sénégal ont été établies en 1987 et en 1993, notre pays accède au statut de pays partenaire privilégié de la Coopération luxembourgeoise. Dès lors, cette coopération qui se manifeste sous forme de dons du peuple luxembourgeois au peuple sénégalais, à travers ce qu'on appelle des « Programmes indicatifs de coopération (Pic) », n'a de cesse de se diversifier, englobant presque tous les secteurs clés du développement : enseignement technique, formation et insertion professionnelles, santé de base, y compris la santé reproductive, décentralisation, gouvernance locale et éducation citoyenne et bonne gouvernance, hydraulique et assainissement... Toutefois, l'éducation, la formation et l'insertion professionnelle apparaissent comme une sur-priorité. Le but étant de « lutter contre le chômage des jeunes et d'accroître la performance de l'économie nationale par la promotion d'une main-d'œuvre qualifiée, équitable et accessible aux filles et aux garçons ».

L'amélioration de la qualité de la formation s'inscrit alors dans la perspective du développement quantitatif et qualitatif de l'offre de formation à travers une diversification et l'adaptation aux besoins de l'économie, notamment locale ou régionale. L'objectif visé est d'avoir un dispositif national harmonisé d'appui à l'insertion professionnelle.

C'est dans ce cadre que trois Pic ont été déroulés. Le 3ème vient même de prendre fin et le 4ème est engagé, indique le directeur de l'Enseignement technique et de la formation au ministère de l'Enseignement technique, de la Formation et de l'Artisanat, Michel Faye. Chaque Pic porte sur l'enseignement technique et la formation professionnelle, la santé, l'hydraulique et la gouvernance locale. Aussi, les zones d'intervention sont là où le taux de pauvreté est plus accentué, dit Michel Faye. Le Pic I ou SEN/016 et SEN/018 a permis, dans le secteur de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, d'adopter l'Approche par les compétences (Apc), l'écriture de programmes de formation en économie familiale et sociale, la construction et l'équipement des Cretef de Saint-Louis, Dagana, Podor et Matam, mais également la construction et l'équipement du lycée technique de Thiès, « l'un des plus grands de la sous-région », note M. Faye.

Le Pic II ou SEN/024 a porté sur l'accompagnement de la réforme de la formation professionnelle (renforcement de l'Apc), l'écriture de nouveaux programmes (24 l'ont été), la construction et l'équipement de structures, la mise en place d'un fonds d'appui aux initiatives locales destiné aux collectivités locales.

« Tous cela a été géré sous forme de projets », précise le directeur de l'Enseignement technique. Alors que pour le Pic II ou SEN/028, souligne-t-il, il y a eu une délégation de la gestion à l'Etat (gestion nationale), le renforcement de l'Apc, l'élargissement de la zone d'intervention en ajoutant les 4 régions centre (Diourbel, Fatick, Kaffrine et Kaolack), la construction et l'équipement de nouvelles structures, l'appui à l'apprentissage par des ateliers-écoles (maîtres artisans) dans les domaines comme la maçonnerie, la plomberie, la mécanique automobile, la menuiserie bois, la chaudronnerie, la couture, etc., ainsi que la gouvernance partenariale publique-privée et l'autonomisation des établissements de formation.

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