24 Janvier 2018

Namibie: Génocide des Herero - L'Allemagne rechigne aux réparations

Photo: Wikipedia
Herero enchaîné pendant la rébellion de 1904

Une nouvelle audience pour réclamer des réparations à l'Allemagne pour le génocide des Herero et Nama s'ouvre aux Etats-Unis. Mais Berlin continue de s'opposer à toute idée de dédommagement.

Il y a un peu plus d'un an, les représentants des deux communautés ont déposé un recours devant un tribunal new-yorkais pour réclamer des indemnisations à l'Allemagne.

Les descendants des Herero et Nama entendaient ainsi faire payer à Berlin la répression meurtrière d'une révolte de leurs ancêtres.

Cette répression, qualifiée par les historiens de "premier génocide du XXè siècle", avait coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes dans l'actuelle Namibie, alors sous domination allemande.

Depuis l'ouverture de ce procès, les autorités allemandes ont refusé de se présenter devant le juge à New-York. Berlin feint d'ignorer ses convocations.

En novembre 2017, des diplomates allemands ont fait savoir, dans une réponse à l'ambassade américaine à Berlin, que cette convocation à comparaître devant une cour américaine violait la souveraineté du pays.

L'Allemagne a tenté par ailleurs de faire invalider la procédure. Mais la requête a été rejetée par la Cour fédérale du district Sud de New York.

"La tactique du gouvernement allemand de retarder les choses en n'allant pas se présenter au tribunal n'est pas à son avantage, d'autant qu'après plus de deux ans, les discrètes négociations bilatérales entre les diplomates namibiens et allemands n'ont rien donné de concret. Les deux parties n'ont pas laissé filtrer les conclusions de ces négociations", analyse Henning Melber, politologue et spécialiste des relations germano-namibiennes. Pour lui, l'Allemagne n'adopte pas la bonne stratégie.

L'Allemagne propose un fonds spécial

Le recours déposé par les associations des descendants des Herero et Nama ne vise pas seulement à dédommager les massacres du siècle dernier. Les plaignants exigent aussi une compensation pour la saisie d'un tiers des terres de leurs ancêtres entre 1885 et 1903.

Mais pour l'Allemagne, il n'est pas question de compenser ou de dédommager ces populations. Berlin propose plutôt un fonds spécial destiné aux communautés affectées.

"L'idée est de mettre en œuvre des projets dans les territoires herero et nama en particulier", explique Ruprecht Polenz, qui a dirigé les négociations pour la partie allemande. "Ces projets vont porter dans quatre domaines, à savoir la formation professionnelle, l'approvisionnement en électricité, le logement et l'agriculture", ajoute-t-il.

La mise en place de ce fonds est peut-être le signe que les autorités allemandes ont bien pris la mesure de leur responsabilité dans cette affaire.

Les associations de victimes continuent d'attendre des compensations et une reconnaissance officielle du génocide par l'Allemagne. Cette dernière demande est aussi portée par une partie de l'opposition au Bundestag.

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