29 Janvier 2018

Congo-Kinshasa: Bilan de Kabila - Positif à Gombe... négatif au pays réel

Il y a beaucoup à dire et à redire sur le bilan de 17 ans de règne de Joseph Kabila, Chef de l'Etat. Il est largement positif ou largement négatif, selon que l'on situe dans la fameuse « République de Gombe », où s'agglutinent les animateurs des institutions nationales, ou pays réel, où se recrute l'écrasante majorité des laissés pour compte. Quand à Gombe, on estime que le pays est unifié, pacifié, démocratisé et engagé dans la voie de l'émergence économique, c'est le doute au sein de la « majorité silencieuse ».

On n'a du mal à croire à l'unification, à la pacification, à démocratisation et à une embellie économique lorsque des pans de plusieurs parties de la République en Ituri, au Nord-Kivu, Sud-Kivu, au Nord-Katanga voire dans les deux Kasaï restent l'emprise des forces négatives, lorsque des milliers de sont tués tous les jours dans des zones où sont présentes aussi l'armée régulière que les troupes de la Monusco, lorsque manifestants pacifiques non armés sont abattus comme des mouches les forces de l'ordre, lorsque les libertés individuelles confisquées, lorsque des citoyens frappés par une pauvreté extrême savent ni se nourrir, ni se loger, ni se vêtir, ni se faire soigner, ni payer les études de leurs enfants, etc.

A combien s'élève la nouvelle dette extérieure ?

Le gros échec des deux mandats présidentiels est d'ordre social. l'image des Mobutistes, les Kabilistes ont brillé par une de la prédation, marquée par le pillage des richesses nationales une minorité de jouisseurs politiques. Pendants 17 ans, une d'individus se sont partagé le « gâteau national », laissant miettes à la multitude. D'où, le Congolais moyen n'a ressenti effet de l'atteinte de l'initiative PPTE (Pays pauvres très endettés)

en 2010, sous le mandat du Premier ministre Adolphe Muzito, l'effacement d'environ 9 milliards sur les 14 représentant la extérieure du pays. Au moment où le Chef de l'Etat fait le bilan ses deux mandats, d'aucuns auraient aimé connaître la nouvelle de ce cette extérieure, puisque, selon les institutions internationales, le pays est retombé dans le cycle de l'endettement.

Personne ne croit en l'amélioration du cadre macro-économique vanté longueur de journée âr Matata, alors Premier ministre, au regard mouvements sociaux récurrents qui s'observent chez les enseignants,

les agents de l'administration publique, les infirmiers, professeurs d'universités, les magistrats, mais aussi la mutation plupart d'entreprises publiques en canards boiteux. Que les cours matières premières se portent bien ou mal, la descente aux enfers la RDC, au plan économique et social, parait irréversible.

Les élections ou le développement ?

A Gombe, on est d'accord avec le Président de la République l'argumentaire du coût excessif des élections et de la nécessité retenir, comme priorité, le développement. Chez les d'en-bas, on trouve curieux qu'un Chef de l'Etat qui a déjà épuisé deux mandats, pose le problème de la reconstruction du pays. Même le pays était secoué par des conflits armés de 2001 à 2006, il pu penser, plus tôt, à la mobilisation des fonds pour la des routes, des voies ferrées, des aéroports, des ports, des écoles, des hôpitaux, des industries lourdes comme légères, etc. Ce n'est en plein processus électoral, pense-t-on, que devrait intervenir débat autour de l'opportunité ou non d'affecter 1,2 milliards dollars à l'organisation des élections. Si la volonté d' réellement les Congolais aux urnes le 23 décembre 2018 existe, l'exercice est sans prix. Quant au développement du pays, appartiendra aux futurs animateurs des institutions de la d'y réfléchir.

Vérités non partagées

A propos des vérités historiques que Joseph Kabila a cru rétablir, leur partage est controversé. Si chez les dignitaires Gombe, la paternité de Constitution qu'il revendique ne se pas, au-delà, c'est la controverse. Chez les Catholiques, on qu'une vaste campagne de vulgarisation du document, en français en langues nationales, au niveau de la Commission Justice et Paix, avait été menée dans le Congo profond, en prévision de son par référendum.

Côté UDPS, on indique qu'on avait fait une croix sur les élections 2006 pour la simple et bonne raison qu'on n'avait pas recensé nationaux, en vue de leur identification formelle, ce qui avait carte blanche aux non-Congolais pour leur participation aux scrutins, en qualité d'électeurs comme de candidats.

S'agissant de la Monusco, des sources onusiennes signalent, autres contributions à sa lutte contre les forces négatives, neutralisation du M23, après son entrée fracassante à Goma, en 2012.

Il y a aussi plusieurs opérations d'appui aérien aux FARDC ( Armées de la République Démocratique du Congo), en termes bombardements des positions des groupes armés, de leur localisation, de surveillance de l'espace aérien, etc. A l'époque de l'invasion de l'occupation de presque trois quarts du territoire congolais des mouvements rebelles (RCD, MLC, RCD/K/ML, RCN), entre 1998 et 2003, avec le soutien de leurs parrains ougandais, rwandais et burundais, neutralisation de toutes les forces négatives et armées étrangères, sur la ligne de front, était l'œuvre de la Monuc (Mission des Unies au Congo), peu après la signature de l'Accord de Lusaka. ailleurs, entre 2003 et 2006, on n'oubliera pas de si tôt le rôle gendarme de la cohabitation non conflictuelle entre le gouvernement Kinshasa et les seigneurs de guerre assumé par la Monuc, sous Régime 1+4. Son numéro un, Swing, pilotait le CIAT ( International d'Accompagnement de la Transition).

Du « Groupe de Binza » aux Kabilistes

De 1960 à 1965, on avait beaucoup épilogué au sujet du fameux « Groupe de Binza », ce conglomérat de bourgeois politiques résidant sur les hauteurs de la cité de Binza, à Kinshasa, dans commune de Ngaliema, et ayant pour parrains des lobbies américains, belges, britanniques et français. Faiseurs des institutions et provinciales et grands spécialistes des coups bas politiques, étaient impliqués jusqu'au cou dans l'assassinat du Premier Patrice Emery Lumumba.

Architectes du « premier coup d'Etat » ayant conduit à la neutralisation du précité le 14 septembre 1960, profit du président Joseph Kasa-Vubu, ils allaient régler son compte ce dernier le 24 novembre 1965, à la faveur d'un coup d'Etat planifié par le général Josep-Désiré Mobutu et ses occidentaux. A l'époque, là où le « souverain primaire » voyait noir, le « Groupe de Binza » voyait blanc, cautionnant ainsi le comme la « démocratie à la congolaise », le pillage des nationales comme la « révolution-comparaison ».

Mobutu ne cessait de revendiquer le statut de père de la Nation, sauveur de la patrie, d'unificateur, de pacificateur, de bâtisseur, etc. Chacun avait pu constater, en 1997, lors de sa chute brutale son piédestal, dans quel gouffre profond il avait plongé l'ex-Zaïre.

Cauchemar « Retour ou recours à l'Authenticité »

Lorsque Joseph Kabila exprime le regret de n'avoir pas pu changer Congolais, cela donne des sueurs froides à plus d'un nostalgique du « Retour ou recours à l'Authenticité », décrété par Mobutu en 1971, retour d'une longue tournée en Asie, notamment en Chine et Corée Nord. Dans le soi-disant souci de redonner au peuple congolais identité et sa dignité, il avait décidé de donner au pays ce qu' considérait comme son nom d'origine, à savoir Zaïre. Devenu Zaïrois, les ex-Congolais étaient interdits de porter des prénoms (Joseph, Jacques, Jean, Paul, Pierre), qui les aliénaient mentalement.

La veste et la cravate occidentale étaient abandonnées au profit l'abas-cost et de la pochette. Le port du pantalon et des était interdit aux femmes et filles. Où en est-on aujourd'hui ?

Quand on pense que des « Kabilistes » avaient battu campagne, un temps relativement long, pour un changement de mentalités... quand pense au ministère ayant en charge l' Initiation à la Citoyenne », l'on est en droit de se demander si le nouveau devrait être « formaté » idéologiquement, intellectuellement socialement. Si l'on veut construire un Congo des valeurs, l' devrait venir d'en haut. Hors, lorsqu'on observe les (corruption, concussion, mensonge, détournement des deniers publics, injustice sociale, criminalisation de l'économie, déficit patriotisme, trahison de la patrie, etc), leurs adeptes peuplent rangs des gouvernants.

D'où, lorsque le Chef de l'Etat se réjouit d'un paquet d'acquis ses 17 ans de gouvernance à la tête de la RDC, le discours ne pas bien dans les oreilles de ceux qui, nombreux et clochardisés, pensent qu'il n'a pas répondu à leurs attentes. Nostalgiques de colonisation belge et des premières années du mobutisme, ils demandent qu'à tourner la page. Kimp

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