29 Janvier 2018

Guinée Equatoriale: Ballet diplomatique autour des autorités du pays

Après le coup de force déjoué fin décembre, des déplacements ministériels et présidentiels des Etats d'Afrique centrale et de l'ouest sont observés à Malabo, signe de l'importance des conséquences de l'événement.

Le président guinéen, Alpha Condé, par exemple, alors président en exercice de l'Union africaine, s'était rendu le 26 janvier dans la capitale équato-guinéenne avant d'aller en Ethiopie pour le sommet de l'organisation continentale. Le Tchad, préoccupé par le coup d'Etat déjoué en Guniée équatoriale, avait peu après en avoir été informé, dépêché son ministre des Affaires étrangères à Malabo pour apporter son soutien. Le chef de la diplomatie tchadienne avait saisi cette occasion pour mettre en garde contre une « menace sérieuse de déstabilisation dans toute la sous-région d'Afrique centrale ».

Les délégations d'autres pays de la sous-région dont celle du Gabon, y compris une mission de l'ONU, ont tout aussi songé à ramener le calme en Guinée équatoriale. Elles s'y sont rendues dans le but de déminer le terrain. Parlons aussi du président centrafricain, Faustin Archange Touadéra qui, selon une source diplomatique, avait fait le déplacement de Malabo le 10 janvier. Tous ces déplacements ministériels et présidentiels, voire celui du représentant de l'ONU, consistaient à mener des consultations et des négociations pour dissiper des malentendus puisque, selon Malabo, les mercenaires qui voulaient déstabiliser son régime provenaient de certains pays d'Afrique centrale.

Depuis lors, des doutes et zones d'ombre perdurent sur les motivations et les soutiens qu'auraient eus ces hommes. Mais l'importance numérique des Centrafricains dans le groupe et le fait que Mahamat Kodo Bani, le présumé cerveau de ce groupe, soit un Tchadien ont donné à l'affaire une inédite dimension régionale.

Selon une source haut placée du régime de Malabo, un nouvel émissaire guinéen vient d'apporter un message au président Déby pour « dissiper les malentendus ». Ces malentendus ont été évoqués la semaine dernière lors de la rencontre entre les présidents Alpha Condé et Obiang Nguema.

Le 3 janvier, le ministre équato-guinéen de la Sécurité, Nicolas Obama Tchama, avait annoncé que l'armée avait déjoué un complot à la fin de décembre visant à évincer l'actuel chef de l'Etat de Guinée équatoriale, grâce une opération menée conjointement avec les forces de sécurité camerounaises. Ce coup de force a été fomenté par « un groupe de mercenaires étrangers », notamment tchadiens, soudanais et centrafricains, à la solde de partis de l'opposition radicale, avait-il affirmé. Ils voulaient « attaquer le chef de l'Etat qui se trouvait dans le palais présidentiel de Koete Mongomo pour passer les fêtes de fin d'année », a précisé le ministre.

Des observateurs estiment que la principale conséquence connue de cette tentative de coup d'Etat est « l'abandon par Malabo de l'accord de libre-circulation en Afrique centrale ». Cet accord qui avait pourtant été ratifié par le régime après plus de quinze ans de négociations.

Le coup de force signalé en Guinée équatoriale n'est pas le premier du genre puisqu'en 2004, par exemple, des mercenaires ont tenté de renverser le président Obiang Nguema dans un coup d'Etat dont le financement a été attribué à des financiers britanniques. Et sans attendre longtemps, il avait été établi que Mark Thatcher, le fils de l'ancienne Première ministre britannique, Margaret Thatcher, figurait parmi les commanditaires du putsch. Pour ce faire, il a été condamné en Afrique du Sud après avoir reconnu « avoir tenté de financer des activités mercenaires » visant à déstabiliser les institutions équato-guinéennes.

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