30 Janvier 2018

Burundi: Les oppositions réunies à Nairobi pour un «Front uni»

Au Burundi, des leaders de l'opposition en exil réunis au sein du Cnared et ceux de l'intérieur du pays se sont retrouvés, samedi et dimanche 28 janvier, à Nairobi, au Kenya. Ils se sont engagés à harmoniser leurs positions notamment contre un référendum constitutionnel qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de diriger le pays jusqu'en 2034.

Cette rencontre est une première, depuis le début de la crise qui frappe le pays, en 2015, qui est née de la volonté de Nkurunziza de briguer un troisième mandat qu'il a obtenu la même année. Malgré les pressions internationales et les sanctions européennes, il est bien décidé à aller au bout de son projet de révision constitutionnelle.

De l'aveu même de certains participants, il y avait « urgence ».

Le président Pierre Nkurunziza compte organiser, d'ici trois mois, un référendum constitutionnel qui devrait, selon l'opposition, enterrer définitivement l'accord de paix, signé en 2000, à Arusha, et qui a ouvert la voie à la fin de la terrible guerre civile qui a fait plus de 300 000 morts, au tournant des années 2000. Ce référendum devrait lui permettre également de diriger le Burundi jusqu'en 2034.

Cinq représentants de l'opposition en exil, sous la direction du président du Cnared, Jean Minani, ainsi que cinq autres en provenance de Bujumbura, dirigés par un proche du leader historique des FNL, Agathon Rwasa, se sont donc retrouvés pendant ce week-end, à Nairobi.

Ils ont finalement décidé d'enterrer la hache de guerre et de présenter, désormais, un front uni pour faire barrage au référendum projeté, mais aussi pour tenter de ramener le pouvoir burundais à la table des négociations.

Leur stratégie ? Harmoniser leurs positions d'ici la fin de la semaine, puis élargir leur alliance, dès février, à un Forum citoyen qui englobe la société civile et les médias en exil. Ils en appellent aussi aux garants de l'Accord de paix d'Arusha, notamment l'ONU, l'Union africaine, l'Afrique du Sud ou encore les pays de la région « pour empêcher au président Nkurunziza de replonger le Burundi dans la guerre civile ».

« Il s'agit désormais de parler d'une même voix », résume le porte-parole du Cnared, Pancrace Cimpaye.

Néanmoins et déjà, des militants d'opposition ne cachent pas leur inquiétude. Des leaders de l'opposition en exil ont dénoncé, à l'avance, un processus de réunification qui les aurait exclus. De quoi faire craindre, à ces militants, une nouvelle guerre des chefs.

Burundi

Moussa Faki Mahamat - "Nous encourageons les états à la bonne gouvernance"

Dans une interview à la DW le président de la commission de l'Union Africaine appelle tous les… Plus »

Copyright © 2018 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.