29 Janvier 2018

Tchad: Repression de manif - Deby doit savoir raison garder

Photo: Ashraf Hendricks/GroundUp
Agents de police.

Depuis que le gouvernement a décidé de baisser les salaires des fonctionnaires, le mercure sociopolitique ne fait que monter au Tchad. En effet, après la marche empêchée du Collectif tchadien contre la vie chère, ce sont les scolaires qui sont entrés dans la danse.

A preuve, tous les établissements supérieurs, secondaires et primaires sont restés fermés hier, 29 janvier 2018, après un appel à une grève illimitée lancé par le syndicat de l'enseignement supérieur du Tchad et ce, pour protester contre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement. Et comme on pouvait s'y attendre, la marche a été réprimée par la police qui, en plus de l'usage de grenades lacrymogènes, a procédé à de nombreuses arrestations.

Une soixantaine, si l'on en croit le porte-parole de la police, le colonel Paul Manga qui précise toutefois que « plusieurs voitures ont été caillassées ». Le moins que l'on puisse dire, c'est que le président Idriss Deby Itno aurait tort de minimiser la grogne sociale en cours qui, chaque jour qui passe, gagne de nouvelles couches. Et c'est peu dire.

Pourquoi ne pas tout simplement réduire drastiquement le train de vie de l'Etat ?

Car, à l'allure où vont les choses, il faut craindre que le braiser actuel ne se transforme en un véritable incendie, à l'instar de ce qui s'est passé en Tunisie où l'immolation par le feu d'un jeune, perçue au départ comme un épiphénomène, avait pourtant fini par emporter le dictateur Ben Ali.

En fait, le sacrifice que le régime de Deby demande au peuple tchadien n'est pas aussi mauvais en soi, si tant est qu'il puisse permettre au pays de se redresser économiquement.

Mais comment voulez-vous que le contribuable tchadien accepte de se saigner pour la nation pendant que les dirigeants continuent de rouler carrosse, quand certains ne construisent pas des châteaux en Virginie où à Paris ? C'est bien là que le bât blesse.

Car, comme le dit l'adage, « le bon exemple doit venir d'en haut ». Pourquoi ne pas tout simplement réduire drastiquement le train de vie de l'Etat plutôt que d'opérer un abattement sur les salaires des fonctionnaires qui, du reste, avaient de la peine à joindre les deux bouts, pour ne pas dire tout simplement qu'ils tirent le diable par la queue ?

Franchement, Deby doit savoir raison garder, s'il ne veut pas en rajouter à la colère de son peuple qui, en réalité, en a marre de sa mal gouvernance qui a fini par faire du Tchad un pays économiquement exsangue. Mais comme on le sait, les dictateurs sont ainsi faits qu'ils ne savent pas tirer leçon de ce qui arrive aux autres. Si fait que même quand ils le voient, ils font semblant.

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