31 Janvier 2018

Burundi: Union sacrée de l'opposition interne et de l'opposition en exil

Photo: HCR/Jean-Marc Ferré
Antonio Guterres, Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés

Au Burundi, oppositions interne et en exil viennent d'enterrer la hache de guerre en officialisant une union sacrée contre un référendum constitutionnel, prévu en mai 2018 et qui devrait permettre au président Pierre Nkurunziza de diriger le pays jusqu'en 2034.

Les leaders de l'opposition en exil, réunis au sein du Cnared, et ceux de l'intérieur, se sont retrouvés samedi et dimanche à Nairobi au Kenya.

Ils sont engagés à parler désormais d'une seule voix, pour essayer de faire face à un président Pierre Nkurunziza bien décidé à aller au bout de son projet de révision constitutionnelle, malgré les pressions internationales et les sanctions européennes.

Ce qui ne rassure pas malgré tout des militants d'opposition qui appellent de tous leurs vœux une telle union depuis des années, mais qui disent avoir été souvent déçus.

Les partis burundais d'opposition n'avaient jamais pu parler d'une seule voix jusqu'ici, malgré de nombreuses tentatives de créer une grande coalition de l'opposition. Ils ont buté à chaque fois sur le choix du candidat unique de l'opposition, chaque chef de parti se jugeant être le meilleur du lot.

Ils étaient ainsi une dizaine à vouloir se présenter à la présidentielle de 2015, avant de tous la boycotter suite la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un 3e mandat qui a plongé depuis le Burundi dans une grave crise politique.

Cette fois, le représentant d'Agathon Rwasa, le leader de l'opposition interne, à ces discussions, estime qu'ils ont appris de la crise.

« Il était temps, après deux ans de désunion et de tâtonnement, confie Aimé Magera. Je crois que c'est une nécessité absolue. Tout le monde a compris qu'il faut une synergie pour bloquer Nkurunziza. »

Mais déjà, certains leaders du Cnared, la plate-forme qui regroupe l'opposition en exil, ont tapé du poing, en dénonçant un processus de réunification qui les exclut, au grand dam de leurs militants, souvent déçus par leurs leaders.

Le porte-parole de cette plate-forme de l'opposition en exil Pancrace Cimpaye, s'est voulu rassurant : « Pour la première fois, le peuple burundais a été fier de cette démarche de Nairobi, qui est en train de trancher avec ces accusations d'hier, d'ego, de luttes d'influence, et Nkurunziza doit faire attention. »

Le président burundais est donc prévenu, mais Bujumbura qui assure qu'il n'y a plus de crise au Burundi, n'a pas daigné réagir à la réunification de ses oppositions.

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