4 Février 2018

Comores: Un rassemblement de l'opposition empêché par la gendarmerie

Photo: Wikimedia Commons
Moroni, la capitale de la Grande-Comore

Alors que les Comores débutent lundi 4 février leurs premières Assises nationales, l'opposition a voulu tenir un meeting samedi dans une salle de la capitale afin d'attirer l'attention sur leurs craintes d'instrumentalisation de ces Assises par le régime. Des gendarmes ont empêché le meeting de l'alliance de l'opposition et ont escorté les représentants dans le calme mais l'un d'entre eux dit avoir été violenté par la police nationale.

Les leaders politiques ont calmement été rassemblés à la gendarmerie avant d'être raccompagnés au siège d'un des partis de l'alliance de l'opposition. Un chemin que le député Mohamed M'Saïdié a préféré effectuer à pied. C'est là qu'il a eu maille à partir avec la police nationale.

« Nous avons été bien accueillis et bien traités par les officiers de la gendarmerie. Moi j'ai emprunté la voie de volo-volo (ndlr, grand marché) et j'ai été interpelé par des agents de police qui m'ont malmené, qui m'ont humilié. Je ne crains pas de le dire : c'est le ministre de l'Intérieur qui donne ses ordres là. Il l'a même dit : "il va nous violenter si nous voulons nous réunir autrement que ceux qui sont dans les assises". Je vais porter plainte lundi pour ce qu'il vient de m'arriver pour violences policières et entrave à ma liberté de circuler. »

Mohamed Daoud, le ministre de l'Intérieur parle quant à lui de protection de la population. « Ils ont été interpelés par la gendarmerie, gentiment escortés. On leur a même mis à disposition une voiture pour les accompagner. Mais le député en question a refusé de monter dans le bus. D'abord, pourquoi il a voulu marcher ? Sachant que la route qu'il a empruntée est très dense. Les policiers ont bien fait leur travail parce qu'ils ont voulu le protéger. Et il n'a pas été malmené puisque ce qui est sûr, c'est qu'il n'a même pas été interpelé. »

Les violences policières ne sont jusqu'ici généralement suivies de sanctions ou même d'enquêtes qu'à la demande du ministre de l'Intérieur ou du chef de l'Etat.

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