5 Février 2018

Madagascar: L'indépendance monétaire sans restriction en 1973

Les négociations franco-malgaches ouvertes en vue de jeter les bases de nouveaux rapports de coopération entre Madagascar et la France, aboutissent notamment à un résultat non souhaité certes, mais envisagé. « Contraint de sauvegarder à tout prix sa souveraineté nationale, Madagascar quitte la Zone Franc et s'apprête avec fermeté à faire face à toutes les conséquences que pourrait entraîner un tel geste. »

Cette « courageuse » décision, le général de division Gabriel Ramanantsoa, chef du gouvernement transitoire, la laisse prévoir le lundi 21 mai 1973 à Betafo, devant une foule immense qui brandissait des banderoles- sur lesquelles se lisaient « Diego-Suarez et Ivato aux Malgaches », « Évacuation des forces étrangères »-. Il s'écrie: « Faites-nous confiance. Nous ne vendrons pas la Patrie. Nous préfèrerions nous tenir debout et rester pauvres plutôt que nous agenouiller pour être riches. »

Quelques mois plus tôt, le 27 février, un accord se dégage à Paris sur les principes d'une nouvelle forme de coopération monétaire entre la France et Madagascar. L'accord repose sur la reconnaissance de l'exercice par la République malgache de sa pleine souveraineté monétaire, sur le plan interne comme sur le plan international. En outre, le Trésor français accepte de donner une garantie limitée dans son montant et conditionnelle à l'image des tirages sur les tranches de crédit auprès du Fonds monétaire international.

De plus, le principe de la liberté des transferts entre les deux pays est admis, chaque État ayant la possibilité d'apporter des restrictions à cette liberté si les circonstances l'exigent. Toutefois, des facilités de transfert sont demandées au bénéfice des ressortissants français même en période de restriction.

Durant le second volet des négociations à Antananarivo, les propositions de la délégation française ne sont pas jugées « acceptables ». Aussi les deux parties ont-elles convenu que des dispositions monétaires, dont le traité général, ne sont pas indispensables. « Ce qui consacre la pleine et totale indépendance de la monnaie malgache. »

D'après le ministre Albert-Marie Ramaroson (Économie et finances), le régime, selon l'accord de Paris, et le régime effectif diffèrent. « L'accord de Paris consacrait l'indépendance interne et externe de notre monnaie certes, mais il ouvrait la voie à une forme nouvelle et originale de coopération monétaire en donnant en quelque sorte à notre pays le statut d'État non plus membre, mais 'associé à la Zone France'. » Dans le régime effectif, « Madagascar ne fera plus partie de la Zone Franc ».

Albert-Marie Ramaroson évoque aussi la convertibilité du franc malgache. « Depuis 1960, notre monnaie est garantie par le Trésor français. C'est-à-dire qu'il met à la disposition de Madagascar, les sommes nécessaires pour assurer le paiement de nos engagements extérieurs. En treize ans, cette garantie n'a pas eu à jouer une seule fois car les avoirs extérieurs malgaches ont toujours été suffisants. »

Ainsi, la possibilité d'honorer les engagements extérieurs est donc essentiellement liée au niveau des avoirs extérieurs, c'est-à-dire des réserves en devises étrangères. « La défense de la valeur externe de la monnaie peut ainsi conduire, entre autres, à des mesures de restriction de transferts', comme c'est actuellement le cas dans notre pays. »

Les réserves malgaches en devises sont alors à un niveau élevé « rarement atteint depuis treize ans ».

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