7 Février 2018

Congo-Kinshasa: Kinshasa-Bruxelles - ça va de mal en pis !

Photo: allafrica.com
RDC - Belgique

Les choses vont de mal en pis. En l'espace de vingt-quatre heures, les relations entre Kinshasa et Bruxelles se sont détériorées dangereusement et l'on craint une rupture si rien n'est réglé le plus vite possible. A peine que l'opinion était encore en train de digérer la fermeture de la Maison Schengen, voilà que la situation a pris une allure précipitée. Coup sur coup et en l'espace de 24 heures, deux événements sont venus envenimer le climat qui était déjà délétère et fragile entre les deux pays. Tout d'abord, en soulevant le principe de la réciprocité, Kinshasa a annoncé la réduction du nombre des vols par semaine de la compagnie aérienne SN Brussels qui passe de sept à quatre.

Avant que l'encre n'ait séché sur les papiers, Kinshasa a annoncé la fermeture de son consulat à Anvers et demandé à Bruxelles de faire de même soit à Lubumbashi, soit à Goma. Sans attendre quoi que ce soit, Bruxelles a réagi immédiatement en annonçant la fermeture de son Consulat à Lubumbashi.

Cette escalade n'est pas sans rappeler certains principes des relations internationales tant sur le plan diplomatique que commercial. Tout d'abord, le principe de la réciprocité que brandit Kinshasa est battu en brèche par le fait que non seulement le tout dernier aéronef battant pavillon congolais a été aperçu en Belgique il y a plus de 16 ans. Ensuite, ce principe de la réciprocité ne peut pas s'appliquer à toutes les autres compagnies aériennes étrangères opérant en RDC, dès lors que le Congo ne dispose d'aucun aéronef exploitant les Etats européens ni asiatiques ni africains. Les congolais ont appris, à leur corps défendant, à voyager dans des aéronefs battant pavillon étranger. Alors qu'il y a plus de quarante ans, la compagnie aérienne Air Zaïre était classée parmi l'une des meilleures au monde de par la qualité de ses aéronefs et la compétence de ses pilotes et personnel à bord ainsi que ses services de maintenance au sol.

Si rien n'est entrepris pour arrêter cette escalade diplomatique, ce sont les pauvres Congolais qui vont connaître des difficultés inattendues et préjudiciables à plusieurs niveaux. D'abord, pour obtenir les visas d'entrée dans les Etats membres du Schengen, ils seront contraints de se déplacer vers des villes des pays voisins ou lointains sans espoir de voir leurs dossiers connaitre un sort favorable. Ceux des territoires de l'Est se verront contraints de se rendre à Kigali, Bujumbura, Kampala, Lusaka, Brazzaville et Bangui. Avec tout ce que ces déplacements comportent comme désagréments au niveau des frontières communes, les frais de voyage et de séjour.

On ne compte pas le chômage qui va frapper bon nombre de nos compatriotes qui avaient été embauchés comme personnel local dans ces différents consulats et compagnie aérienne battant pavillon de SN Brussels. Cela, juste au moment où les autorités politico-administratives se vantaient d'avoir donné un coup de pouce au secteur touristique et diplomatique tant avec nos voisins les Etats d'Europe.

Mieux, l'on n'a pas pris en compte le fait que SN Brussels a été racheté depuis 2016 par Lufthansa. Un coup dur que les autorités de la République Fédérale d'Allemagne risque de ne pas laisser impuni. Le pire est à craindre pour la RDC. Bien au contraire.

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