8 Février 2018

Guinée Bissau: La Cédéao sanctionne, les leaders politiques réagissent

Photo: fasozine
Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao)

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a décrété des sanctions contre 19 personnalités bissau-guinéennes, dont des proches du président José Mario Vaz, pour non-respect d'un accord de sortie de la crise politique. La Guinée-Bissau, petit Etat d'Afrique de l'Ouest, traverse des turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel M. Vaz appartient également.

Après une série de mises en garde, le couperet est tombé raide. Dix-neuf personnalités, dont quatorze députés ainsi que de cinq proches du président José Mario Vaz, dont son fils Emerson, ont été épinglés.

A la surprise générale, aucun membre du PAIGC ne figure sur la liste. Et pourtant c'est dans ce parti que tout a commencé. D'où colère du Parti de la rénovation sociale (PRS), la principale force de l'opposition. « Les sanctions ne concernent qu'une seule partie. Quand il y a diverses parties qui ont souscrit à l'accord de Conakry, arrivé à la sanction, une seule partie est concernée. C'est injuste! Nous ne sommes pas d'accord avec la sanction », tempête Victor Pereira, leur porte-parole.

Pour Idrissa Djalo, leader du parti de l'Unité nationale, les sanctions servent bien à quelque chose. « Le PAIGC a compris qu'il fallait respecter à la lettre les engagements pris à Conakry. Naturellement, il n'y a pas lieu de les sanctionner. » Selon l'ancien Premier ministre Umaro Sissoco Embalo, les personnes sanctionnées n'ont commis aucun délit ; leurs actes s'inscrivent dans le cadre d'un exercice politique. Les sanctions serviront-elles à résorber la crise ? « Là, on a encore une autre crise. Artur Silva ne fait pas partie des trois noms de l'accord de Conakry », estime Umaro Sissoco Embalo pour qui l'accord n'est pas appliqué.

La semaine dernière, le président Vaz a pris à contre-pied la Cédéao en nommant un nouveau chef de gouvernement, Augusto Antonio Artur Da Silva. L'organisation régionale dit que cette nomination ne répond pas non plus aux conditions de l'accord conclu à Conakry en octobre 2016.

En savoir plus

La CEDEAO annonce des sanctions pour la paix en Guinee-Bissau

La Communauté économique des Etat de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) presse les acteurs de la crise… Plus »

Copyright © 2018 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.