8 Février 2018

Congo-Kinshasa: Brouille Kinshasa-Bruxelles - Quel climat des affaires ?

Photo: allafrica.com
RDC - Belgique

Le pourrissement des relations entre Kinshasa et Bruxelles fait planer, entre les deux capitales, le spectre de la rupture des relations diplomatiques. La fermeté affichée par certains officiels congolais pourrait faire croire que la RDC ne craindrait pas franchir la ligne rouge, au nom du respect de son indépendance et de sa souveraineté. Quant à savoir quelle partie va être la plus perdante dans l'affaire, nombre d'analystes congolais n'hésitent pas à pointer du doigt le pouvoir en place à Kinshasa, coupable à leurs yeux de n'avoir pas réussi, après 17 ans de règne, à poser les jalons du développement intégré du pays en termes d'industrialisation, de mécanisation de l'agriculture, de modernisation des infrastructures base (routes, rails, ports, aéroports), de production de l' et de l'eau potable... bref d'amélioration du social des sociales modestes, etc.

Mais pour des observateurs qui se veulent optimistes, les d'une rapide accalmie demeurent intactes. Même si le mauvais venait à passer à plus ou moins brève échéance, la question de reste de savoir quels dégâts moraux et matériels cette brouille produit sur le climat des affaires en République Démocratique Congo, en raison de la fragilité de son économie et de son à financer, sur fonds propres, ses projets d'industrialisation, prospection et d'exploitation de ses ressources naturelles (cuivre, cobalt, diamant, or, coltan, pétrole, bois, gaz méthane), construction des barrages hydroélectriques et d'usines de d'eau, d'aménagement de fermes agro-pastorales, de mécanisation de agriculture, etc.

De Muzito à Tshibala : difficile pari d'amélioration du climat des affaires

Du gouvernement du Premier ministre Adolphe Muzito à celui de Tshibala, en passant par ceux d'Augustin Matata et de Samy Badibanga, soit de 2008 à 2018, un discours quasi identique est tenu investisseurs nationaux et étrangers : c'est celui de l' du climat des affaires. Entre autres indicateurs du changement, gouvernants congolais brandissent l'adhésion du pays au Droit Ohada,

la réduction du délai de création d'entreprise, de délivrance registre de commerce et du permis de construire, l'institution d' Guichet Unique à l'Import et Export, les facilités d'accès crédits, la réduction des taxes administratives, douanières fiscales, la limitation à quatre des services autorisés à œuvrer niveau des postes frontaliers, la libre entreprise, etc.

En dépit des gages du changement qui s'opère progressivement et campagnes de charme menées en leur direction, notamment à travers chambres de commerce mixtes, les investisseurs, surtout occidentaux, ne se précipitent pas. La lourdeur administrative et des telles que les tracasseries aux postes frontaliers, n'incitent pas détenteurs des capitaux à se presser au portillon de la RDC. D'où conclusion des contrats souvent léonins avec des investisseur scrupuleux, qui entrent au pays avec des mallettes vides et ressortent les poches pleines, avec la complicité de nos compatriotes.

Avec ces « aventuriers », les joint-ventures et autres sociétés- ne vivent que l'espace d'une année ou deux, le temps de piller sous-sol congolais et de disparaître dans la nature.

Par conséquent, d'énormes efforts que déploient les politiques congolais pour booster les secteurs des mines, hydrocarbures, de l'élevage, de la pêche, des transports, l'électricité, de l'eau potable... afin de pousser le pays l'émergence s'avèrent sans lendemain.

En décrétant la fermeture de la « Maison Schengen » et du Consulat la RDC à Anvers ainsi que la réduction du nombre des fréquences de Brussels Airlines entre Kinshasa et Bruxelles, les congolaises ont-elles pensé à l'impact négatif de telles mesures le climat des affaires, aujourd'hui et demain? Quelle va être,

désormais, l'attitude d'opérateurs économiques étrangers contraints se soumettre à une longue gymnastique administrative pour entrer territoire congolais ou en ressortir ? Quel discours va-t-on tenir un chef ou un représentant d'une multinationale victime du manque vol sur Kinshasa ou Bruxelles à la date qu'il aurait bien voyager pour négocier ou conclure un contrat avec le congolais ?

Quels arguments ministres, conseillers à la présidence de République et experts congolais vont-ils développer, dans les jours semaines qui viennent, en direction de ceux qui détiennent capitaux et qui hésitent à investir en territoire congolais ?

L'histoire risque de donner raison, d'ici peu, à ceux qui estiment la RDC a tout à perdre dans le bras de fer engagé contre la car ce pays ne représente que le bout de l'iceberg que les congolaises ont cru bon de bousculer. Car, derrière Bruxelles, cachent des intérêts de 17 Etats.

Vers la fin de l'année dernière, une délégation mixte Présidence la République- Gouvernement avait dû faire le tour des frontaliers du pays et des zones minières pour assainir le secteur affaires, rassurer les opérateurs économiques et davantage les cadres et agents opérant dans les régies financières la nécessité de maximiser les recettes publiques sans pour énerver les privés créateurs des richesses pour le pays. Beaucoup soin était mis dans ces missions pour ne pas semer la panique chez opérateurs économiques, qu'un ancien Premier ministre de décrivait comme des « animaux très peureux ». Toute cette pour établir des relations de confiance avec eux risque de faire et de renvoyer le pays à la case-départ. Réservoir des naturelles, la RDC n'a pas encore les moyens de narguer les « grands » de l'hémisphère Nord.

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