8 Février 2018

Afrique de l'Ouest: Sanctions ciblées contre des dignitaires bissau-guinéens - Décision courageuse certes, mais quel impact ?

Le mardi 6 février, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a fini par mettre à exécution ses menaces de sanctions contre le régime bissau-guinéen pour le non-respect du processus de sortie de crise appelé l' « accord de Conakry ».

En effet, parvenue au constat que le président de la Guinée-Bissau, José Mario Vaz, est passé outre la procédure consensuelle de désignation d'un Premier ministre comme l'exigeait ledit accord, l'institution ouest-africaine a décidé de sévir. Interdiction de voyager dans l'espace régional et gel des comptes bancaires pour 14 députés ainsi que 5 proches du président dont son fils, Emerson Vaz.

En prenant ces mesures à l'encontre des membres du sérail, la CEDEAO montre, une fois de plus, qu'elle n'est pas un machin qui est juste là pour amuser la galerie.

D'ailleurs, à travers ces sanctions ciblées, on peut dire que l'organisation ouest-africaine apprend davantage à se faire respecter après avoir eu, en son temps, à contraindre le putschiste malien Amadou Haya Sanogo à céder la transition à un civil tout comme en réussissant à faire plier le satrape gambien, Yahya Jammeh, qui refusait de reconnaître sa défaite électorale.

Il en faut peut-être plus pour contraindre le président Vaz

Cela dit, concernant la gestion de la crise politique en Guinée-Bissau, l'on peut se poser tout de même la question de savoir si les sanctions prises le 6 février dernier, pourront avoir un impact réel.

Il en faut peut-être plus pour contraindre le président Vaz au respect de la lettre et de l'esprit de l'accord de Conakry, censé sortir le pays de la crise politique dans laquelle il est replongé depuis un certain temps.

La CEDEAO doit davantage faire peur à José Mario Vaz dont l'entêtement pourrait réveiller les vieux démons, dans un pays où les narcotrafiquants et autres putschistes de bas étage ne dorment que d'un œil.

Il faut le dire, la Guinée-Bissau étant ce pays où les différends se règlent au bazooka, il y a fort à parier que la Grande muette qui s'est spécialisée dans les coups d'Etat, ne se fera pas prier pour s'inviter au débat à l'effet de prendre le contrôle de la situation. C'est dire combien il est urgent pour les dirigeants ouest-africains d'être encore plus fermes envers un Vaz qui n'en fait qu'à sa tête.

Guinée Bissau

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