8 Février 2018

Burundi: Début de l'inscription des électeurs pour le référendum constitutionnel

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a annoncé, le 8 février, le démarrage de l'enrôlement contesté par l'opposition, qui durera jusqu'au 17 février, a-t-on appris de source gouvernementale burundaise.

« Le rendez-vous de ce jeudi 8 février, c'est le démarrage de l'enrôlement des électeurs (... ). Il se clôturera le 17 février 2018 à travers tout le pays », a annoncé le président de la Céni, Pierre Claver Ndayikariye, sur la radio nationale. « Les agents recenseurs seront dans les centres et bureaux d'inscription tous les jours de 7 h 30 à 17 h 30, même les samedis et dimanches », a-t-il ajouté. Selon la commission électorale, les Burundais dont les noms doivent figurer sur le registre électoral sont ceux qui ont déjà l'âge de voter ainsi que d'autres qui deviendront majeurs au moment de la tenue des élections générales en 2020. Pour la réussite de cette inscription électorale, la Céni a mobilisé 11583 agents recenseurs. Ils devront enregistrer quelque 4,5 millions d'électeurs attendus contre 3,5 millions inscrits pour les élections de 2015.

En fin octobre dernier, le gouvernement avait adopté un projet de révision de la Constitution, soumis à référendum, qui devra permettre à l'actuel président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, d'être candidat à sa propre succession en 2020. Une démarche que l'opposition ne cesse de dénoncer, soulignant même que la révision constitutionnelle annoncée « va signer la mort » de l'Accord de paix conclu en 2000 à Arusha (Tanzanie). Ce texte avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (1993-2006) ayant fait plus de trois cent mille morts.

Le 6 février, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a critiqué le régime burundais qui veut à tout prix, selon lui, procéder à la réforme de la Constitution sans associer l'opposition. Dans un rapport remis aux quinze membres du Conseil de sécurité, le chef de l'ONU a notamment dénoncé « la volonté persistante » de Bujumbura à réformer la loi fondamentale sans tenir compte de l'avis de l'opposition. « Le gouvernement continue de chercher des amendements constitutionnels qui exacerbent les tensions avec l'opposition », a-t-il relevé. Ce processus « requiert un environnement politique et sécuritaire qui permette la confiance de tous les acteurs politiques », a insisté Antonio Guterres.

Le Burundi a certes « un droit souverain » à amender la Constitution, mais ses autorités ne doivent pas oublier que d'autres Burundais ont un mot à dire sur la vie politique du pays, a déclaré le secrétaire général avant de souligner : « Je pense fermement qu'un processus aussi important doit être conduit d'une manière inclusive afin d'obtenir une participation et un consensus les plus larges possibles parmi les acteurs-clés de la vie politique ». Et sans cacher son inquiétude sur l'avenir du Burundi, il a noté : « Plusieurs changements proposés à la Constitution ont été mis en cause par l'opposition comme des tentatives par le parti au pouvoir de consolider son empire, pouvant créer des troubles ».

Le Burundi connaît une grave crise politique, née fin avril 2015 de la volonté de l'actuel président, Pierre Nkurunziza, de briguer un troisième mandat présidentiel. Il avait été réélu deux mois plus tard mais entend, une nouvelle fois, être candidat à sa propre succession en 2020. Un référendum prévu pour mai propose une révision de la Constitution qui lui permettrait de revenir au pouvoir.

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