8 Février 2018

Liberia/Cameroun: Après son élection, les Camerounais se souviennent de Weah

Le Cameroun s'est réjoui de l'élection de George Weah à la tête du Liberia comme s'il s'était agi du succès d'un de ses fils. C'est que l'ancien footballeur au grand talent est passé par ici. Il a évolué 9 mois durant au sein du mythique Tonnerre de Yaoundé vers la fin de la décennie 1980. C'est de là qu'il partira pour l'As Monaco point de départ de la grande carrière que l'attaquant génial va connaître en Europe. 30 ans après et à la faveur de son accession à la magistrature suprême, les Camerounais n'ont de cesse de se rappeler des bons moments passés avec ce héros digne de ceux des contes de fées. Ambiance.

George Weah élu, le Cameroun jubile. Ce pays salue la victoire de l'ancien footballeur libérien au deuxième tour de la présidentielle dans son pays comme s'il s'était agi de celle d'un Camerounais. A Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua et ailleurs, le succès du ballon d'or de France football en 1995 est salué. « Mister George » est surtout félicité par les acteurs du football. Notamment ceux qui l'ont côtoyé lorsqu'il évoluait au sein du Tonnerre Kalara club de Yaoundé (1987-1988). Joueurs, encadreurs, supporters, dirigeants et même quelques habitants de son quartier à Yaoundé manifestent joie et reconnaissance pour le tout nouveau chef de l'Etat. Les témoignages sur le séjour camerounais de celui qui fut recruté au Liberia et qui rallia l'AS Monaco grâce à l'entregent de Claude Leroy -le sélectionneur des Lions indomptables du Cameroun à l'époque- fusent.

Celui de Fritz Mbella, un de ceux qui ont côtoyé le crack libérien, n'est pas le moins édifiant. Cet ancien joueur de Tonnerre de Yaoundé, aujourd'hui directeur des stades de la ville de Douala se souvient d'un Weah « très aimable avec moi particulièrement». C'est feu Essomba Eyenga, le secrétaire général de Tonnerre à l'époque qui les met en contact. « J'étais étudiant à l'université et George a eu envie d'avoir pour compagnon des étudiants car il avait déjà des velléités de poursuite d'études. Eh bien M. Eyenga m'a dit : « toi qui es à l'université, montre-lui les choses, promène-le à l'université ». Généralement après les entraînements, on se retrouvait chez mon frère aîné feu le capitaine Mbassa, au camp de la gendarmerie mobile. Il nous avait pratiquement cédé sa maison. On s'y retrouvait, on faisait la cuisine, on mangeait et après il m'accompagnait suivre mes cours en faculté des sciences. C'est lui qui nous a appris à manger du riz parfumé avec beaucoup d'ingrédients qu'il y mettait. C'était très appétissant, nourrissant. Nous avions surnommé cette recette-là « la pourriture libérienne », se souvient Fritz Mbella

Le Cameroun se sent honoré

Lorsqu'il faut évoquer le Weah des terrains il fait savoir que le Libérien n'aimait pas voir un partenaire souffrir. Au point de se porter à son secours le premier « avant l'équipe médicale ». Il parle d'un « génie courageux qui avait des qualités athlétiques énormes ». Il dit avoir reconnu chez son compatriote Samuel Eto'o Fils quelques années plus tard les même qualités... Bien évidemment l'homme applaudit l'élection de son ancien coéquipier. « Ça fait énormément du bien de savoir qu'un ami, un presque frère est devenu président. Je lui souhaite beaucoup de chance ».

Albert Atangana Fouda, journaliste sportif qui a vu arriver et jouer Weah dit avoir été séduit par ses qualités. Selon lui, les responsables de Tonnerre avaient recruté parce qu'ils avaient vu en Weah un joueur de très bon niveau et celui-ci ne les a pas déçus. « Il a fait ce qu'il devait faire. Cette saison-là Tonnerre a eu un rang très honorable en championnat et a remporté la Coupe du Cameroun ». Jean-Pierre Mbvoum, son capitaine à Tonnerre et avec qui il a gardé le contact, a salué l'élection de son ami. « C'est avec une très grande satisfaction et joie que j'ai accueilli cette nouvelle. C'est l'aboutissement d'un projet qu'on avait planifié ensemble il y a plus de 12 ans aujourd'hui. Il m'avait assuré que malgré les écueils, ça finira par aboutir. C'est devant moi qu'il avait pris la résolution de devenir un jour président de son pays », révèle-t-il dans une interview accordée au quotidien camerounais Le jour.

La « Weahmania » a touché jusqu'à l'Office de radiodiffusion télévision camerounaise. La télévision nationale a envoyé une équipe couvrir l'investiture de l'ancienne star du football mondial le 22 janvier 2018 à Monrovia. Elle en a ramené une interview dans laquelle le crack libérien reconnaît que le Cameroun a servi de rampe de lancement à sa formidable carrière en Europe.

Récupération ?

Albert Atangana Fouda n'approuve pas la vague d'enthousiasme des Camerounais par rapport au fabuleux destin de George Ousman Opong Manneh Weah. « Les Camerounais aiment beaucoup la récupération. Le faut qu'il soit passé dans le Tonnerre n'impliquait en rien tout le Cameroun. Il était un joueur de football recruté à l'étranger. Il y a beaucoup d'équipes qui recrutent à l'extérieur surtout Coton sport de Garoua. Pourquoi on n'en faut pas cas ? Mais dès qu'il a eu le ballon d'or européen, les Camerounais ont récupéré disant que « c'est dans Tonnerre qu'il a montré toutes ces aptitudes-là » et que « les Camerounais sont fiers qu'un joueur passé par Tonnerre soit devenu Ballon d'or ». Aujourd'hui qu'il est président de ka République, c'est la même récupération. Les Camerounais veulent toujours coller le nom du Cameroun à cette forte personnalité et à ce nouveau président du Liberia parce qu'il est passé par Tonnerre. Mais je ne vois pas en quoi les deux entités que sont le Tonnerre et le Cameroun ont fait pour que George Weah devienne ce qu'il est devenu », analyse le vieux journaliste. Bien qu'heureux du sort de Weah, les Camerounais ne s'accordent pas sur tout ce qui a concerné son passage chez eux.

Des polémiques en rapport avec les 9 mois que le nouveau président libérien a passé au Cameroun de 1987 à 1988 ont aussi émaillé le concert de souvenirs qui se joue depuis la fin du mois de décembre 2017. Comme cette histoire de naturalisation. µ Finalement lui seul saura dire s'il a voulu ou non prendre la nationalité camerounaise à un moment donné. Car ici les témoignages ne convergent pas. Bonaventure Tong Fang, un enseignant qui se présente comme son voisin à Yaoundé et qui lui aurait servt de traducteur affirme dans Le jour que le libérien a voulu devenir Camerounais. « Il m'avait dit une fois qu'il voulait la nationalité camerounaise, parce qu'il voulait jouer avec l'équipe nationale du Cameroun aux côtés de Roger Milla. Mais qu'il ne comprenait pas pourquoi on ne lui accordait pas cette opportunité. Il souhaitait rester définitivement au Cameroun pour y faire sa vie », raconte l'ancien compagnon de Mister George. Une nouvelle que Fritz Mbella, un autre ex proche du président contredit.

Inévitables polémiques !

« Je ne pense pas que George ait eu une seule fois envie de devenir Camerounais, de changer de nationalité. George a dit qu'il vient au Cameroun pour avoir un tremplin. Car le football camerounais était une vitrine du football africain. Quand on jouait au Cameroun on était vite vu. C'est pour cela qu'il a passé quelque neuf mois dans Tonnerre. Et effectivement il a été vite vu. Peut-être que ce sont les Camerounais qui voulaient que George devienne un de leurs compatriotes à un moment donné. Quand quelqu'un devient président de son pays 30 ans après, cela veut dire qu'il aime son pays Il a toujours aimé son pays. Il était un protégé du président de la République de l'époque, Samuel Doe qui était aussi un des dirigeants de son ancienne équipe au Liberia. Vous voyez qu'on ne peut pas être ami du président de la République du Liberia et vouloir changer de nationalité ».

La dernière polémique a trait à l'arrivée de George Weah au Cameroun ainsi qu'au traitement qui lui a été réservé dans ce pays. Le 23 janvier 2018, le journaliste sportif camerounais Martin Camus Mimb publié sur l'un de ses profils Facebook une avalanche de démentis. Il dit « Stop à la récupération » et dénonce les « contre-vérités » qui sortent des reportages et documentaires depuis que Weah a été investi. Le promoteur de Radio sport info donne sa version de l'histoire de son recrutement non voulu semble-t-il par presque toute la direction de Tonnerre. Il rapporte que c'est le directeur administratif Dominique Ebode qui était allé le chercher qui le loge et le nourrit chez lui 3 mois durant. « Alors au lieu de faire de fausses récupérations à la télé, venez d'abord nous expliquer où est passé et à quoi a servi l'argent du transfert de Georges Weah, du TKC à l'AS Monaco... ça fait partie des dossiers noirs du football Camerounais qu'il faudra bien clarifier un jour (... ) La veuve de Ebode Dominique est encore là, ayez au moins la décence de lui dire MERCI. Elle a nourrit le Président. Son époux a cédé son toit au Président. Vive la vérité, vive le Président Georges Weah », conclut le redoutable investigateur.

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