12 Février 2018

Afrique: CHAN 2018 - Le pari réussi du Maroc

Le rideau est tombé, le dimanche 4 février dernier, sur le Championnat d'Afrique des Nations (CHAN) 2018. Dans l'enceinte du Complexe Mohamed V de Casablanca acquis à la cause nationale, le Maroc a dynamité le Nigeria (4-0) pour s'approprier le 5ème trophée mis en jeu.

Les Lions de l'Atlas succèdent ainsi aux Léopards de la RD Congo, vainqueur de l'édition 4 au Rwanda. Du 13 janvier au 4 février, le royaume chérifien a vibré au rythme de ce tournoi de 16 équipes organisé une fois tous les deux ans depuis 2009 et exclusivement réservé aux joueurs africains exerçant leur carrière dans leur pays. Casablanca, Marrakech, Agadir et Tanger ont connu une ambiance de fête durant la durée de la compétition. Une compé- tition remportée logiquement par le Maroc qui a, une fois de plus, fait montre de son expertise organisationnelle des grands événements.

Une équipe préparée pour la victoire Le Maroc a fait mentir tradition du CHAN qui voudrait que le pays hôte n'inscrive pas son nom au palmarès du tournoi.

La Côte d'Ivoire (2009), le Soudan (2011), l'Afrique du Sud (2014) et le Rwanda (2016) sont tous tombés avant la finale. Maroc, qui remplace au pied levé le Kenya, a décidé de briser la malédiction. Sous la conduite de Jamal Sellami, la sélection marocaine a préparé «son» tournoi avec le plus grand sérieux.

Et le résultat final permet d'affirmer que les Lions de l'Atlas ont voulu de ce trophée. Réguliers et performants tout au long de la compétition, le capitaine Badr Benoun et ses camarades ont convaincu sur le niveau du football marocain en pleine reconstruction.

Avec un jeu résolument tourné vers l'offensive, Jamal a permis à son pays de dominer le tournoi avec au niveau comptable le titre honorifique de meilleure attaque (16 buts).

En sus, le Maroc peut se targuer de posséder la meilleure défense (2 encaissés en 6 matchs). Une performance qui a porté le nombre de buts inscrits à 58 unités en 32 matchs (soit 1,28 but/match).

Commentaires, solidaires avec une bonne dose de technicité incarnée par Zakaria Hachraf, Walid El Karti et autres, les Lions de l'Atlas n'ont concédé leur seul point du tournoi au Soudan (0-0) lors de leur troisième match de poule.

Les cinq autres rencontres, face à la Mauritanie (0-4), la Guinée (1-3), la Namibie (0-2), la Libye (1-3) et le Nigeria (4-0) en finale, ont simplement été des démonstrations.

Une organisation maitrisée Le Maroc veut organiser la Coupe du monde de football 2026 et se donne les moyens d'y parvenir. En décidant de recevoir le CHAN suite au désistement du Kenya, le Royaume chérifien entend ainsi tester ses capacités organisationnelles.

Et si on devait évaluer le pays sur le CHAN, ce serait une note largement au-dessus de la moyenne. Tellement le Maroc a maî- trisé l'organisation. Aucune fausse note enregistrée, aucun incident majeur rapporté. On peut regretter le taux de remplissage des stades.

A part le Complexe Mohamed V de Casablanca qui faisait le plein de ses 35000 spectateurs à chaque sortie de la bande à Jamal Sellami, les autres enceintes ont eu du mal à convaincre le public marocain. Mais cela n'est rien à côté de la belle organisation avec les infrastructures sportives de qualité et toute la logistique déployée (transport, hébergement,... ).

Le Maroc aujourd'hui, au sortir de ce CHAN, met la pression sur les futurs organisateurs des compétitions continentales.

Car le Royaume chérifien a montré à la face du «Gouvernement» du football africain qu'il a les moyens et capacités pour prêter main forte à la CAF en cas de besoin. Et ce n'est pas pour rien que les Marocains donnent rendez-vous aux visiteurs pour la CAN 2019, officiellement attribuée au Cameroun.

Ayoub El Kaabi, le conte de fées Si Hervé Renard, le sélectionneur des Lions de l'Atlas, a refusé de se prononcer sur la présence de cet attaquant dans la tanière lors des prochains matchs des Lions de l'Atlas, Ayoub El Kaabi n'en est pas loin du tout.

L'attaquant de la Renaissance sportive de Berkane (RSB) a ébloui le CHAN 2018 par son efficacité, son adresse, son sens du but. Auteur de deux doublés face à la Mauritanie (1er match de groupe) et à la Libye (1/2 finale), un triplé devant la Guinée (2ème match de groupe), un but en quart de finale contre la Namibie et un dernier en finale, El Kaabi a connu une belle histoire durant les trois semaines de compétition.

Avec 9 buts en 6 matchs, le joueur de 24 ans est devenu le meilleur buteur de l'histoire du CHAN après avoir pulvérisé le record détenu depuis la 1ère édition en 2009 par le Zambien Given Singuluma (5 buts).

Encore pensionnaire de la D2, a saison écoulée, El Kaabi s'est révélé au monde du football le temps d'un tournoi continental et peut déjà prétendre à une place pour le Mondial russe en juin prochain. En plus de son titre de meilleur buteur, il s'est vu décerner celui de meilleur joueur du CHAN. Un tournoi qui se présente comme une tribune de révé- lation de talents.

Avant El Kaabi, l'Algérien et sociétaire du Dinamo Zagreb, Hilal Soudani (2009) et le Tunisien Youssef Msakni, aujourd'hui au Al-Duhail du Qatar (2011) ont entamé leur carrière hors du continent après le CHAN.

Les révélations de 2016 sont incontestablement le Malien Yves Bissouma (Lille) et l'Ivoirien Yao Serge N'Guessan (Nancy). La Côte d'Ivoire, la déception On ne peut pas passer sous silence la participation ivoirienne à ce tournoi continental.

Médaillés de bronze deux années plus tôt, les Eléphants sont tristement illustrés à Marrakech dans un groupe B où ils ont terminé derniers derrière la Zambie, la Namibie et l'Ouganda.

Incapables d'inscrire le moindre but, les enfants de Kamara Ibrahima ont enregistré qu'un seul point au compteur grâce à un nul blanc devant l'Ouganda. Même si on ne peut pas blanchir Kamara qui a sa part de responsabilité dans le manque d'animation tactique, on s'inquiète pour les joueurs.

Les Elé- phants ont affiché, à la face de l'Afrique, leurs limites techniques. Ils ont manqué de fraicheur physique. Une participation désastreuse qui interpelle plus d'un sur la nécessité de mener une profonde réflexion sur le football ivoirien. Le Soudan et la Libye, les belles surprises.

Le Soudan, après sa 3ème place à domicile en 2011, est remonté à nouveau sur le podium. Dauphins des Lions de l'Atlas dans le groupe A avec le même nombre de points (7), les Crocodiles du Nil ont sorti les Chipolopolo Zambiens en quart de finale (1- 0), avant de subir le même sort en demi-finale contre le Nigeria (0-1). Mais au finish, ils ont eu les ressources nécessaires pour décrocher le bronze lors du match de la 3ème place face à la Libye.

Après une parité au terme du temps réglementaire (1- 1), les Soudanais ont été plus adroits aux tirs au but (4-2) pour clore leur participation au 5ème CHAN.

La Libye étonne part aussi avec un tableau d'honneur. Dans un pays en crise, la présence des Chevaliers de la Méditerranée au Maroc est déjà salutaire. Mais leur accès dans le carré d'as est un exploit pour tous les observateurs.

Avec un championnat qui se dispute en alternance depuis 2011, la Libye s'est présentée au Maroc avec une équipe constituée essentiellement de joueurs (16) issus de clubs de Tripoli, Al-Ittihad et AlAhli.

Deuxièmes du groupe C derrière le Nigeria, les garçons d'Omar AlMaryami ont sorti le Congo en quart (1-1, tab 5-3), avant d'inviter le Maroc aux prolongations (1-3).

Malheureusement, ils n'ont pu se remettre de cette défaite en demie et ont laissé filer le bronze. Mais cette 4ème place mérite d'être signalée pour un pays à la situation sécuritaire et politique très précaire.

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