12 Février 2018

Tunisie: Le temps du questionnement dans la sérénité

Maintenant que ceux qui cherchaient à détrôner, à tout prix, Chedly Ayari de la Banque centrale ont eu gain de cause, que tous les experts ou presque ont parlé pour nous dire qu'ils ont bien tiré la sonnette d'alarme avant que le Parlement européen ne prenne sa décision et que le gouvernement n'a pas donné suite à leurs avertissements et que les partis politiques ont participé à la messe générale en dégageant leur responsabilité des erreurs commises qui ont amené les députés européens à épingler notre pays comme un espace où on peut blanchir l'argent sale et financer le terrorisme, la question qui se pose est la suivante : que doit-on faire pour dépasser la crise ou comment le gouvernement doit-il agir pour répondre aux exigences de transparence et de respect des conditions de la bonne gouvernance afin que notre pays retrouve la crédibilité et la confiance dont il bénéficiait auparavant auprès des investisseurs et des bailleurs de fonds étrangers ?

En d'autres termes, que faut-il entreprendre afin de faire de cette crise une opportunité pour que «la Tunisie demeure, malgré toutes les difficultés, une destination d'investissement», comme l'a souligné Noureddine Taboubi, secrétaire général de l'Ugtt, samedi dernier, à Hammamet, lors du deuxième congrès de la Fédération générale des fonctionnaires de l'éducation ?

Et si les acteurs du paysage politique national (partis au pouvoir ou dans l'opposition), les syndicalistes de l'Ugtt et de l'Utica et les représentants des organisations et associations de la société civile décidaient de débattre ensemble de la nécessité d'imaginer un nouveau mode de gouvernance dans lequel les responsabilités seront équitablement partagées, loin de toute tendance à dénicher un bouc émissaire qui aura à supporter la responsabilité des erreurs commises.

Un débat national dont la tenue sous les auspices du président de la République en tant que rassembleur des forces vives de la nation consacrera effectivement la démocratie participative en tant que mode de gestion des affaires de l'Etat.

Autrement dit, on dépassera, à l'occasion de ce débat national ouvert à tout le monde, les tiraillements politiques qui marquent la scène politique nationale et on laissera de côté les guéguerres en cours de préparation à l'occasion de la future campagne des élections municipales qui frappent à nos portes.

Et ceux qui appellent à la révision du contenu de la déclaration de Carthage et somment Youssef Chahed de remanier son gouvernement, à la lumière des développements que connaît la scène nationale sur un rythme de plus en plus soutenu, auront l'opportunité de passer de la critique somme toute facile et aisée au stade de la participation et des propositions concrètes et porteuses à même de convaincre nos partenaires, essentiellement les pays de l'Union européenne, que notre transition démocratique, qu'ils considèrent eux-mêmes comme un exemple à suivre, est effectivement accompagnée par une vigilance extrême au niveau de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Plusieurs observateurs expriment leur crainte que l'ouverture d'un tel débat où tout le monde dira librement ce qu'il a sur le cœur ait des retombées néfastes sur le gouvernement en place et le fasse même tomber. Et ils considèrent que la chute du gouvernement à moins de trois mois des élections municipales prévues le 6 mai prochain n'est pas pour faciliter les choses déjà bien difficiles et menacerait l'organisation même de ces élections.

Leur argumentation est à prendre au sérieux sauf que dans les conditions exceptionnelles, il faut des décisions exceptionnelles qui prennent en considération l'intérêt supérieur de la nation.

Et la Tunisie a besoin, maintenant plus que jamais, de sortir de sa crise actuelle en favorisant une solution consensuelle au-dessus des intérêts partisans et des calculs électoralistes.

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