12 Février 2018

Afrique: La BAD, le PNUD et la Banque mondiale s'associent à l'effort de résilience en Afrique

La Banque africaine de développement, le Programme des Nations unies pour le développement et la Banque mondiale ont convenu, au terme de la 2ème édition du Forum africain pour la résilience, de créer un pipeline pour bâtir la résilience et remédier à la fragilité dans les 21 pays africains en situation de transition.

C'est le vendredi 9 février dans la soirée qu'est clôturé, à l'Auditorium du Centre de commerce international d'Abidjan (CCIA), la 2ème édition du Forum africain pour la résilience. Pendant deux jours, des experts venus de tous bords, c'est-à-dire des banquiers, des entrepreneurs, des spécialistes en questions de développement, des acteurs politiques et des professeurs d'université, ont échangé sur les pistes à explorer en vue de « construire la résilience au bas de la pyramide » en s'attaquant aux couches les plus vulnérables des économies africaines, en l'occurrence les communautés de base.

Si aucune résolution n'a sanctionné ce forum, la Banque africaine de développement, initiateur de ces deux journées d'échanges, a pu, néanmoins, récolter une pile d'informations dont devrait se servir son bureau de coordination des États en transition pour aider à la résilience des communautés.

Sibry Tapsoba, directeur de ce bureau spécialisé de la Bad, garde son optimiste et croit en la capacité des économies africaines à relever le défi, c'est-à-dire « bâtir la résilience et remédier à la fragilité ». « Le futur serait différent pour l'Afrique », croit-il, fort des expériences enrichissantes échangées au cours de ce forum.

D'ores et déjà, au terme du forum d'Abidjan, une synergie a été créée entre trois grandes institutions de développement, à savoir la Bad, le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) et la Banque mondiale, par la création d'un pipeline en vue de la résilience et la fragilité. Sibry Taspoba, qui se félicite de cet accord, est d'avis que l'Afrique est sur la bonne voie pour consolider les bases d'une résilience tournée vers le développement.

« En Afrique, les voyants d'une croissance soutenue sont au vert. Il nous revient maintenant de mettre en place une approche réaliste pour que ces voyants profitent au bas de la pyramide, c'est-à-dire les communautés de base », a-t-il déclaré.

À Abidjan, différents acteurs de développement et autres acteurs du secteur privé sont venus partager leur expérience avec la Bad dans son effort de soutenir les États en situation de transition. La Bad est satisfaite du chemin parcouru. Le directeur de son bureau de coordination des États en situation de transition a relevé que la Bad se dote chaque jour qui passe des schémas à mettre en œuvre pour aider les économies africaines à sortir de la fragilité et s'engager résolument dans la voie de la résilience.

L'un de ces schémas est celui proposé, au cours d'une séance spéciale organisée en marge de ce forum, par le professeur Chicot Eboué de l'Université de Nancy (France).

La thèse de Matata s'invite à Abidjan

Fraîchement débarqué de Kinshasa où il est allé participer à la défense de la thèse doctorale du Premier ministre honoraire de la RDC, Matata Ponyo Mapon, le professeur Eboué a, depuis Abidjan, relancé la nécessité, pour la BAD, de favoriser la création de bonne institutions pour la création de plus de richesses en Afrique ; seule manière, selon lui, de construire la résilience des économies africaines.

Citant les travaux menés par les professeurs James A. Robinson et Acemoglu, le professeur Eboué a fait remarquer que « les bonnes institutions sont celles qui régissent la création des richesses ». Une piste sur laquelle elle entend voir la BAD travailler pour relever le défi de la résilience par la valorisation d'une finance communautaire, plus proche des communautés de base qui se retrouvent au bas de la pyramide.

« La mobilisation des ressources nationales, c'est ce qui va nous faire sortir du sous-développement », a indiqué le professeur Eboué, comme pour appeler la Bad de sortir de son schéma classique en se mettant réellement au service de plus démunis ; ceux qui, selon son bureau de coordination des États fragiles, se retrouvent au bas de la pyramide.

De l'avis de Sibry Tapsoba, la Bad n'exclut pas cette hypothèse. Il a promis d'approfondir la réflexion au sein de sa direction pour parvenir à un schéma conciliant qui vise directement les communautés de base.

Quoi qu'il en soit, la 2ème édition du Forum africain pour la résilience a vécu. En le plaçant sous le thème : « construire la résilience au bas de la pyramide », la Bad visait à partager les connaissances sur les nouvelles approches pour fournir un soutien au développement dans les environnements fragiles, fournir une plate-forme en vue de la présentation des solutions innovantes et des technologies pour fournir des services essentiels aux communautés dans le besoin.

Le Forum africain pour la résilience a également servi de cadre à la promotion des solutions et des systèmes devant permettre aux pays africains de mobiliser des ressources nationales afin d'augmenter la fourniture de services de base aux communautés vulnérables et renforcer la résilience.

Ce forum a été aussi l'occasion de mettre l'accent sur le rôle de la politique publique dans le soutien des interventions communautaires dans les situations de fragilité des pays africains.

En multipliant ces échanges, la Banque africaine de développement s'inscrit dans une nouvelle dynamique. Son ambition est de sortir les 21 pays africains en situation de fragilité, sur les 36 recensés à travers le monde, de ce dilemme en posant des bases durables de la résilience. Dans ce nouveau challenge, la Bad n'est pas seule. Au terme du forum d'Abidjan, elle peut dorénavant compter sur l'appui de la Banque mondiale et du PNUD qui se sont engagés à s'impliquer dans cette bataille.

Après l'édition 2018, le rendez-vous est donné en janvier 2019, toujours à Abidjan, pour la 3ème édition du Forum africain pour la résilience. Dans une année, a promis Sibry Tapsoba, la réflexion portera sur la sécurité et les défis humanitaires en Afrique.

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