13 Février 2018

Congo-Kinshasa: Recours à la machine à voter - Les Etats-Unis et les Pays-Bas émettent des réserves

Pour Washington, l'utilisation d'une technologie inconnue pour la première fois lors d'une élection cruciale constitue un risque énorme pour le pays.

Le processus électoral en RDC était au centre de discussions, le 12 février, au Conseil de sécurité à New York, lors d'une session spéciale (Formule Arria) de l'ONU à laquelle ont pris part quelques personnalités congolaises concernées par l'organisation des élections dont le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Naanga.

Devant des partenaires prêts à l'aider à sortir de sa crise actuelle découlant de la non-tenue des scrutins dans les délais constitutionnels, la RDC était tenue, à dix mois des élections, d'entendre les préoccupations d'une communauté internationale toujours politiquement intéressée. Passant au crible ce processus électoral, la plupart d'intervenants à la tribune ont émis des réserves sur le recours à la machine à voter présentée par la centrale électorale comme une alternative plausible en ce sens qu'elle permet d'économiser près de deux cents millions de dollars.

"Un risque énorme pour les élections"

Nonobstant l'argumentaire de la Céni visant à créditer le recours à l'imprimante instantanée, la plupart d'intervenants sont restés sceptiques et ont émis des réserves quant à la fiabilisation des résultats électoraux. C'est notamment le cas de l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU qui n'a pas fait dans la dentelle pour rejeter ce qu'elle considère comme un « risque énorme » susceptible de « miner la crédibilité des élections de sorte que le peuple congolais en conteste les résultats ». Nikki Haley qui a présidé la séance a demandé à tous les partenaires du Congo de réfléchir « à ce qu'ils pouvaient faire de plus pour s'assurer que toutes les parties respectent leurs engagements ».

Elle a exprimé les inquiétudes de son pays en rapport avec le vote électronique que la RDC s'apprête à expérimenter pour la première fois, lors d'une élection cruciale. Le risque tient justement au fait qu'il s'agit d'une technologie inconnue pour le commun des Congolais, appelés à se familiariser rapidement avec ces outils dont ils ignorent encore le mode de fonctionnement. « Nous comprenons que la commission n'a jamais testé ce système de vote électronique en RDC, mais prévoit de déployer cette technologie pour la première fois le jour du scrutin », a-t-elle lancé. Elle a indiqué que son pays souhaite que le bulletin papier soit privilégié en lieu et place de la machine à voter, de sorte à atténuer tant soit peu les contestations post électorales.

Des craintes partagées par d'autres partenaires

Les craintes exprimées par Nikky Haley ont été également partagées par d'autres intervenants lors de cette réunion informelle, à l'instar de Lise Grégoire Van Haaren, représentante des Pays-Bas à l'ONU. Abondant dans le même sens, la diplomate néerlandaise a suggéré que la Céni organise un « test rigoureux » des machines à voter avant les élections, pour évaluer leur efficacité et se forger d'ores et déjà une conviction par rapport à leur potentiel réel. Ce test préalable est requis afin de voir « si ces machines à voter pourront résister aux conditions climatiques et fonctionner dans un contexte local où des milliers d'électeurs voteront pour divers scrutins », a renchéri Lise Grégoire Van Haaren.

L'autre intervention et non la moindre est celle du représentant de l'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, qui a évoqué « la crainte de fraudes lors des élections » tout en réclamant la « transparence ». Il va sans dire que toutes ces observations, les unes aussi pertinentes que les autres, n'ont pas fait bouger les lignes par rapport à l'option déjà levée par la Céni. Celle-ci tient mordicus à l'introduction de la machine à voter dans le système électoral en RDC.

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