14 Février 2018

Burkina Faso: Des milliers d'habitants du Soum fuient des attaques

Photo: Ollivier Girard / CIFOR
La vie dans le monde rural au Burkina Faso

Au Burkina Faso, entre 14 et 15 000 personnes ont quitté leurs villages dans le Soum pour fuir les violences, selon le Comité international de la Croix-Rouge. Cette province, tout au nord du pays, à la frontière avec le Mali, est l'objet d'attaques récurrentes de la part de groupes armés. A la fin de l'année dernière, les forces anti-terroristes burkinabè ont mené plusieurs opérations de sécurisation. Prises entre deux feux, les populations locales préfèrent fuir la région.

Trois communes sont très affectées : Nassoumbou, Baraboulé et Diguel. Une partie de leur population a fui vers le sud du pays, ou plus à l'est. A ce mouvement s'ajoute celui de populations venues du Mali qui fuient également les groupes terroristes.

La région du Soum, est une zone de pâturage importante sur l'axe de transhumance Séno Mango. Mais depuis le début de l'hivernage, vers mai-juin, les groupes armés ont intensifié les attaques envers les éleveurs.

Certains ont mis en place un véritable système de taxe. Au prétexte de demander la zakat, l'aumône musulmane, les terroristes obligent les éleveurs à leur céder une partie de leur troupeau. Un refus peut s'avérer fatal. Des centaines d'éleveurs ont ainsi pris la fuite, laissant même derrière eux leurs animaux.

Depuis la fin de l'année, les autorités burkinabè ont renforcé les opérations de sécurité dans la région, ce qui ne rassure pas les populations locales qui ont le sentiment d'être souvent assimilées aux rebelles armés. Des sources sur place évoquent des contrôles d'identité musclés, des intimidations voire des violences.

Christian Munezero, chef de mission du CICR au Burkina Faso, parle d'« une succession d'incidents de sécurité du fait de porteurs d'armes. Il y a aussi des opérations militaires en réponse à cette situation d'insécurité. Donc ces populations fuient tout simplement pour ne pas être prises entre deux feux. »

D'après le CICR, près de 6 000 nouveaux déplacés ont été dénombrés depuis décembre dernier. Ils sont logés chez l'habitant. « Ces déplacés sont essentiellement composés de familles avec enfants, essentiellement des ménages d'agriculteurs et d'éleveurs. Les moyens d'existence sont durablement affectés. Cette situation est préoccupante et nécessite qu'on la suive de façon rapprochée. »

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