13 Février 2018

Congo-Kinshasa: Machine à voter - New York - Nangaa-Nikki à couteaux tirés !

"Sans machine à voter, pas d'élections dans les délais en RD. Congo", a déclaré ce mardi 13 février 2018, depuis New York, Corneille Nangaa, le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante.

Selon lui, en effet, s'il faut recourir au vote à bulletins papiers comme l'a si bien recommandé Nikki Haley, la Représentante Permanente des USA à l'ONU, les élections ne pourraient se tenir qu'au plus tard, au mois de juillet 2019. Et, à lui d'ajouter : "les élections en RD. Congo ne sont ni une affaire des USA, ni celle du Conseil de Sécurité". La CENI, à l'en croire, entend ainsi affirmer son indépendance vis-à-vis de ses partenaires tant nationaux qu'étrangers.

Comme pour dire qu'il maintient mordicus le processus, tel qu'il a été engagé depuis le début de l'enrôlement, le 31 juillet 2016, au Nord-Ubangi, jusqu'à la clôture, le 31 janvier 2018. Ainsi, à l'étape actuelle, le fichier devra subir un toilettage en termes de consolidation et de traitement qualitatif du fichier électoral. En mars 2018, les Députés et Sénateurs examineront la loi portant répartition des sièges. De sorte que le 23 juin, la CENI puisse convoquer le corps électoral avant de passer, évidemment, à l'enrôlement des congolais de l'étranger, début juillet 2018. En novembre, à environ un mois de l'échéance du 23 décembre 2018, ce sera la campagne électorale.

Autrement dit, la CENI est tellement en plein vol qu'elle n'entend ni reculer, ni abdiquer. Si ce n'est de foncer tout droit vers les élections qu'elle a déjà prévues et annoncées dans son calendrier publié, le 5 novembre 2017, à Kinshasa. Donc, les exigences des USA ou, alors, de la communauté Internationale, loin de la convaincre, ressemblent à des chants de cygne dont la sirène retentit moins qu'il ne le fallait, pour se faire entendre.

Lundi 12 février, devant le Conseil de Sécurité, Nikki Haley s'est montrée farouchement opposée au recours à la machine à voter, lors de la présidentielle jumelée aux législatives nationales et provinciales prévues pour le 23 décembre 2018. Au nom des USA, elle a dit non, non et non à la machine à voter, préférant ainsi le vote à papiers bulletins, pour éviter, dit-elle, des cas de doute. Au cours de la même séance à laquelle Léonard She Okitundu a vanté les avancées engrangées dans la réalisation du processus électoral, sept pays membres permanents du Conseil de Sécurité sont revenus, paradoxalement, sur l'affaire de l'engagement que le Président Kabila devrait, au nom de l'Accord de la Saint Sylvestre, prendre de ne pas briguer un énième mandat, ni de se représenter aux prochaines élections. Ils ont même multiplié des appels jusqu'à brandir, une fois de plus, le spectre des mesures contraignantes, sans les citer, pour que la Communauté internationale contribue à la normalisation du processus électoral en RD. Congo.

Dans le même registre, il a été demandé à tous les acteurs politiques, toutes tendances confondues, de favoriser un climat devant permettre, le moment venu, la tenue des élections apaisées.

Substantiellement, les USA expriment des réserves. "Nous sommes très préoccupés de voir l'insistance (en RDC) à vouloir utiliser un système électronique de vote" pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial de décembre, avait affirmé, entre autres, Nikki Haley.

Un tel recours représente, selon elle, "un risque colossal" et les Etats-Unis souhaitent le recours à "des bulletins papier pour qu'il n'y ait pas de doutes sur le résultat". "Les Etats-Unis ne soutiennent pas" ce recours à un système électronique, a-t-elle insisté.

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