14 Février 2018

Tunisie: Dix jours pour juguler la crise

Ils étaient tous là, parce qu'une lueur d'espoir vient de poindre à propos d'une crise qui dure depuis des années entre les professions de la santé et la Caisse nationale d'assurance-maladie (la fameuse Cnam).

Une lueur d'espoir !

«Après la cessation de nos relations avec la Cnam depuis le 7 février pour toutes sortes de raisons objectives, nous avons enfin pu rencontrer le ministre de la Santé le 12 février, à 20h00, et le ministre des Affaires sociale, accompagné du P.-d.g. de la Cnam le 13 février à 8h00. Les deux ministres nous ont assuré de leur profonde compréhension et nous nous sommes mis d'accord pour la signature d'un protocole basé sur un avenant dans dix jours où la tutelle s'est engagée à exprimer son accord noir sur blanc pour cette réunion de la dernière chance», atteste avec la satisfaction de l'espoir Dr Khaled Tanazefti, président du Syndicat des médecins-dentistes de libre pratique.

«Il nous a semblé que toutes les parties avaient clairement compris que c'était la santé du citoyen qui était au centre de nos revendications, ainsi que l'équilibre des professionnels de notre secteur», ajoute-t-il.

Une lueur d'espoir qui vient à un moment où les bonnes volontés semblent enfin converger vers un consensus, alors que les dettes auprès des prestataires publics et privés ont atteint 194 millions de dinars jusqu'au 31 janvier 2018 et 929 millions de dinars l'année écoulée.

Un dialogue global pour tout mettre sur la table

Parmi ces signaux fortement positifs, une initiative qui a été annoncée il y a juste quelques jours par Béchir Yarmani, P.-d.g. de la Cnam (dont les dettes ont atteint pas moins de 2.993 millions de dinars au 12 janvier 2018), et qui a appelé à organiser un dialogue global visant à évaluer le système de l'assurance maladie et à réviser les pourcentages des cotisations sociales.

Mais comment les principaux corps impliqués dans les soins conçoivent-ils cette initiative et quelles sont leurs conditions pour y adhérer ?

C'est la question que La Presse a posé au Dr Youssef Makni, président du Conseil de l'Ordre des médecins : «Ce dialogue que propose Béchir Yarmani pourrait désamorcer la crise, à condition que tout soit mis sur la table et discuté en profondeur, car la Cnam n'a pas discuté avec nous depuis des années, alors que nous avons été parmi les premiers à soutenir la réforme qui est la somme des propositions depuis '86 pour mettre sur pied, justement, la Cnam. Et, au moment où l'Ugtt veut que tout cela reste dans le public, les corps de la santé doivent retourner dans l'équation», nous répond-il.

Nous avons également interrogé Dr Ahlem Hajjar, vice-présidente du Conseil de l'ordre des pharmaciens, sur le même sujet : «Oui au dialogue, mais il faut que tout le monde comprenne que le problème principal est financier. Tous les pharmaciens sont payés avec un retard de 5 mois quand la convention parle de 14 jours. Les officines peinent parce qu'elles sont endettées et se trouvent en position délicate auprès des banques, elles ne peuvent plus s'approvisionner en médicaments, à défaut de pouvoir offrir une avance au fournisseur. Nous sommes ouverts au dialogue, mais nous attirons l'attention que la Cnam doit commencer par traiter sa propre situation financière», commente-t-elle.

Notre troisième interlocuteur sur le même sujet est Dr Mohamed Ayed, SG du syndicat des médecins de libre pratique : «Pour réussir objectivement ce débat auquel appelle Béchir Yarmani, pas moins de sept conditions doivent être remplies : engagement de la tutelle à réviser les conventions sectorielles, révision des honoraires, élargissement de la liste des Affections chroniques à prise en charge intégrale (Apci), élargissement de la liste des affections chirurgicales, donner accès aux urgences au bénéfice des Cnamés, révision du plafond alloué au citoyen par exemple en l'indexant sur le SMIG, réfléchir ensemble au financement de la Cnam».

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