14 Février 2018

Cote d'Ivoire: Etats généraux du football en Cote d'Ivoire - De la nécessité de ces assises nationales

Le Comité exécutif (CE) de la Fédération ivoirienne de football (FIF) propose des états géné- raux du football en Côte d'Ivoire.

Dans un communiqué, en date du vendredi 26 janvier 2018, le CE invite tous les membres actifs et tous les acteurs de la grande famille du football en Côte d'Ivoire, à prendre part aux états généraux du football qu'il entend organiser dans les meilleurs délais. Ces assises auront pour objectif de débattre ensemble de «tous les problèmes qui minent notre football et y apporter les solutions idoines», lit-on dans le communiqué signé de Sidy Diallo. Cette démarche, explique-t-il, est motivée par la saisine de certains membres actifs de la Fédération sur la base des dispositions de l'article 36 des statuts de la FIF.

La FIF, si elle se refuse à convoquer une Assemblée générale extraordinaire (AGE) comme souhaité par les signataires de la pétition, trouve pertinentes les «préoccupations exprimées par les clubs au soutien de leur requête». Conscient donc de cet état de fait, le CE tient à engager de larges consultations sur l'avenir du football ivoirien. Cette disposition tout aussi conforme aux textes qui régissent la fédération mérite d'être accompagnée. Car en clair, le Comité exécutif de la FIF reconnait l'existence d'un réel malaise et en appelle au concours de tous les acteurs intervenant dans le football ivoirien.

C'est donc à ce titre que tous ceux qui disent œuvrer pour l'intérêt du football sur le territoire ivoirien doivent soutenir l'initiative. Et cela, pour qu'enfin de vrais débats soient menés sur le football en Côte d'Ivoire. Elu en septembre 2011 et réélu en 2016, le président de la FIF «n'a jamais voulu de discussions. Si, pour une première, il ouvre la porte à la discussion, allons l'écouter. Ne disons pas non aux états généraux. Donnons-nous les moyens pour y aller», a dit Koné Cheick Oumar, en conférence de presse, le 31 janvier 2018 dernier à Abidjan.

Mais en réalité, l'idée des états généraux n'est pas nouvelle en Côte d'Ivoire. Dans un souci de prévention, Jacques Anouma a toujours appelé à une large consultation pour disséquer le mal qui ronge le sport roi en Côte d'Ivoire. Pour l'ancien président de la FIF (2002-2011), il fallait réfléchir au mode de financement, à la mise en place d'une politique générale. Parce qu'au niveau de l'organisation fédé- rale, de la gestion administrative, la FIF n'avait rien à envier aux fédérations des pays dits développés. A cette période, il n'a jamais été entendu.

Alain Lobognon, alors ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports d'alors et des Loisirs, a lancé la nécessité d'aller à une profonde réflexion sur le football ivoirien. C'était déjà en 2013 à la suite de l'élimination de la Côte d'Ivoire en quart de finale de la CAN 2013 en Afrique du Sud. Depuis Rustenburg dans le Bafokeng, il a émis l'idée de la réflexion sur le football ivoirien. Une vision est partagée par le gouvernement qui a motivé la rencontre du lundi 18 février 2013, dans les locaux de la FIF à Treichville, entre le ministère en charge des sports et la fédération. Les propositions sorties de cette rencontre inédite sont restées lettre morte.

A ces deux voix sont venues s'ajouter celles de Bonaventure Kalou et Didier Drogba, deux anciens capitaines de la sélection ivoirienne. Le lundi 6 novembre 2017, en confé- rence de presse, l'ancien attaquant des Eléphants et du PSG s'est prononcé sur la gouvernance de Sidy Diallo. L'ex-joueur de l'AS Oumé et de l'ASEC Mimosas a fait le constat que «le football ivoirien est à la croisée des chemins et fonce tout droit dans le mur (... )». Le double vainqueur de la Coupe de France (2005, 2006) a appelé alors à «mener une grande réflexion sur notre football». Une sortie qui lui a coûté sa place de consultant sur une chaine cryptée, partenaire de la FIF.

Après lui, c'est au tour de Didier Drogba de monter au créneau. L'ancien capitaine emblématique des Eléphants s'est élevé contre la gestion actuelle du football soldée par la non-qualification à la Coupe du monde 2018. Un faux pas qu'il qualifie de «recul pour le football ivoirien», avant d'inviter la fédération à tirer les leçons de cet échec. Mais cela passe, selon lui, par le concours de tous. «Je ne suis pas là pour pointer du doigt, mais je pense qu'aujourd'hui, il faut essayer de rassembler le football ivoirien (... ).

Effectivement, Il y a une CAN en 2019 et surtout la Côte d'Ivoire organise la CAN en 2021. Donc il faut revoir toute la stratégie du foot ivoirien et tous les acteurs doivent être impliqués», a dit Drogba, dans l'émission Radio Foot International, à Nouakchott. Sur les antennes de France 24, il est revenu sur la nécessité de «repenser le football ivoirien, la stratégie qui a été mise en place, il y a 15-20 ans». Les états généraux sont donc les bienvenus. En annonçant la tenue de ces assises, le CE n'a fait qu'enfoncer une porte déjà ouverte qu'il refusait de prendre.

Eviter de sauter les étapes L'idée des états généraux est toute belle. Belle dans la mesure où plusieurs acteurs avaient appelé à cette large consultation pour sauver le football qui filait droit dans le mur. Si ces derniers ont eu tort d'avoir eu raison trop tôt parce que considérés comme des ennemis, aujourd'hui le comité exécutif leur donne raison. Le football ivoirien est malade, un grand malade, qui a besoin d'un bon remède. Mais cette thérapie ne peut être efficace qu'avec l'apport de tous les acteurs. Les responsables fédé- raux, les dirigeants de clubs, les joueurs, le personnel technique et administratif des clubs, les pouvoirs publics, le privé, les sponsors et autres partenaires,... seront tous appelés à ces états généraux.

Tout le monde doit y participer. Mais à l'état actuel, cela semble impossible. Certains membres actifs sont en conflit avec la fédération qu'ils sonnent de convoquer une AGE. La FIF fait opposition à cette requête au motif que ces derniers n'ont pas le nombre statutaire pour exiger cette AGE. Et depuis le vendredi 29 décembre 2017, date de la saisine, les positions sont tranchées entre la FIF et ces clubs. Au point où le dialogue devient de plus en plus impossible entre les deux camps. Aujourd'hui, la FIFA, invitée dans le débat, a décidé de convier les protagonistes à une table ronde à Zurich (Suisse), le mardi 20 mars prochain. Une ultime occasion de sortie de crise que la FIF et les clubs doivent saisir. Mais surtout accepter les résolutions qui sortiront de ce conclave.

Avant donc de convier le monde du football à des états généraux, il faut songer à évacuer les frustrations. Il faut amener les uns et les autres à s'accepter, à se regarder en face, à lorgner dans la même direction. C'est à ce prix que les états généraux pourront se tenir dans un environnement sain pour des réflexions saines aux résolutions saines. Sinon on ne rendra pas service au football en Côte d'Ivoire en voulant coûte que coûte organiser des assises alors qu'il est impossible pour les acteurs de s'asseoir ensemble. Il faut éviter de sauter les étapes et aussi de déplacer les problèmes au lieu de les résoudre. Les états généraux se tiendront par la volonté des clubs.

Mais cette volonté ne sera exprimée qu'en assemblée générale. Ce qui fait en quelque sorte obligation au comité exécutif d'organiser l'AGE après la table ronde de Zurich afin d'arrêter les nouvelles orientations du football dans notre pays. La CAN 2021 prévue en Côte d'Ivoire impose que tous les acteurs parlent le même langage. Là réside toute la nécessité d'aller aux états généraux. La FIF n'a pas à avoir peur de cette AGE qui doit marquer le point de départ d'une nouvelle relation de confiance entre elle et ses mandants.

Cote d'Ivoire

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