16 Février 2018

Sénégal: De bonnes perspectives de coopération économique

Birahima ne porte plus sa kalachnikov en bandoulière et ne vit plus « dans un camp limité par des crânes humains hissés sur des pieux et gardé par des enfants soldats ».

Sans doute, fait-il partie de ceux qui ont démocratiquement porté au pouvoir le président Georges Opong Weah, jouant la partition du citoyen-électeur dans un pays en plein renouveau, ce que les hommes lui avaient refusé au cours des vingt dernières années, avec deux guerres civiles à la clé, 9 accords de paix et 13 cessez-le-feu, une force d'interposition de la Cedeao (Ecomog), une Mission spécifique des nations-unies, de nombreux massacres et atrocités, dont l'absurdité a été dénoncée par feu Ahmadou Kourouma en 2000 dans « Allah n'est pas obligé ».

Birahima n'est donc plus un enfant-soldat. Il sera sans doute parmi les acteurs d'un futur porté par un potentiel économique indéniable, encadré par des institutions fortes dans une démocratie que deux alternances au sommet de l'Etat ont consolidée.

Dans un contexte sous régional marqué par l'inclination de la Cedeao à maintenir la paix dans son espace et à y promouvoir la démocratie, l'engagement de la mission des nations-unies au Libéria (15.000 casques bleus) depuis 2003 a permis de dérouler une transition politique qui a débouché sur l'élection en janvier 2006, de Mme Ellen Johnson Sirleaf à la présidence de la République devant son adversaire au second tour, Georges Weah, premier africain ballon d'or européen, fondateur du Congrès pour le changement démocratique (Cdc).

L'ancien goleador du Milan Ac, du Psg et de l'As Monaco, qui était arrivé en tête au premier tour de sa première participation à une présidentielle, pouvait emprunter, lui aussi, la voie démocratique pour accéder à la magistrature suprême « sans marcher sur des cadavres ».

Dans une bonne intelligence de la démocratie pluraliste, il accepte un deuxième échec en 2011 quand le ticket qu'il constituait avec Winston Tubman n'empêche pas à Mme Johnson Sirleaf (prix Nobel de la paix) d'obtenir un deuxième mandat même s'il est élu sénateur en 2014. Il attendra son heure qui a sonné le 22 janvier dernier. L'heure des choix ; l'heure de la prise de responsabilités.

Comme il l'a répété hier lors de la conférence de presse conjointe qu'il a animée à Dakar avec son hôte et mentor, le président Macky Sall, le Libéria est en droit d'attendre un soutien fort du Sénégal car les chantiers qui l'attendent sont immenses. Les indicateurs sociaux du Libéria inquiètent les économistes mais son potentiel minier et agricole attire les investisseurs.

Le système sanitaire, l'Education, les infrastructures, le management public, la lutte contre la corruption, la formation des forces de défense et de sécurité, sont autant de défis à relever pour le jeune chef d'Etat (52 ans).

Dans l'opposition (période qui lui a permis d'obtenir un master en gestion aux Usa), comme aux premières heures de son pouvoir à la tête du Libéria, il n'a jamais caché son attraction pour le leadership du président Macky Sall et toujours obtenu une oreille attentive de Dakar.

Reste à impulser une coopération économique qui dispose, avec les différents programmes de développement articulés autour du Plan Sénégal émergent, d'exemples initiatives probantes de construction d'un avenir radieux pour le plus grand nombre.

Le pays dispose d'innombrables ressources naturelles, du diamant aux palmiers à huile, en passant par le bois, l'hévéa, du café, du cacao et du fer devenu le premier poste d'exportation du pays en 2014. L'appel aux investisseurs qu'il vient de réitérer augure d'intéressantes perspectives de coopération économique entre nos deux pays.

Sénégal

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