17 Février 2018

Cote d'Ivoire: Chantal Djédjé (directrice de la fabrique culturelle) - « De grosses pointures du cirque attendues à Abidjan »

interview

La directrice de la fabrique culturelle situe les enjeux des rencontres interculturelles du cirque d'Abidjan (Rica), un festival innovant qui débute aujourd'hui pour s'achever le 18 février.

Vous n'arrêterez pas de surprendre. Vous avez organisé de la danse, du théâtre, du slam, des expo peintures, des rencontres de livres, de la musique et tout d'un coup on a du cirque. Pourquoi ?

Nous avons effectivement mis à hauteur de connaissance du public, des artistes, toutes disciplines confondues, très doués en Côte d'Ivoire et nous avons constaté qu'il n'y a absolument rien concernant le cirque. Pas d'événement, pas d'artiste. J'ai trouvé ça dommage d'autant plus c'est une discipline qui ratisse large dans sa cible car le cirque rassemble tous les membres, toutes les couches de la famille. Des grands parents aux petits enfants en passant par les parents fussent-ils hommes ou femmes, on a tous été à un moment donné ou à un autre été fasciné par le cirque qui finalement est la chose de tous. Et j'ai décidé de réagir en comblant ce vide, en donnant à voir aux Abidjanais et aux Ivoiriens cette belle discipline. Il se tiendra donc à Abidjan, 4 jours durant, du 15 au 18 février, les Rica.

Quel est le contenu de ce festival ?

C'est vrai que quand on parle de cirque l'on pense aux chapiteaux, aux animaux. Ça, c'est le cirque traditionnel. Mais il existe un cirque moderne, nouveau qui est lui très varié et représentatif du cirque contemporain. Ce cirque contemporain ne présente plus d'animaux, (et heureusement c'est bien ainsi de protéger les animaux) il englobe lui, jonglages, acrobaties, cordes, spectacles aériens, funambulisme, clown, magie... le tout dans une programmation variée. Nous avons voulu utiliser la discipline pour faire s'unir les différents peuples et populations et se découvrir les uns les autres. D'où la dénomination « Rencontres inter-cultu-relles ».

A chaque journée correspond la mise à l'honneur d'un pays. A la cérémonie d'ouverture des musiciens funambules non attachés vont réussir la traversée de la pyramide à la Mugefci au plateau. Le premier jour c'est le Canada avec « Carpediem » de Montréal, sa compagnie spécialisée dans le spectacle aérien avec des cerceaux et la magie. Sans faire de discrimination, je vous recommande cette compagnie qui a des tours assez bluffants. En fin de journées, il y aura un bal canadien au cours duquel on dansera au son de ma musique canadienne et on pourra aussi déguster des mets canadiens.

Qui avons-nous le deuxième jour ?

La France avec trois compagnies dont la compagnie Cirk biz'art composé de trois jeunes. Deux français et un américain qui parcourent le monde à la rencontre de peuples culturellement éloignés du cirque. Ils étaient en Turquie, en Amérique du sud. Ils arrivent pour la toute première fois en Afrique et sont très heureux.

Qu'en est-il du week-end ?

On sera sur des scènes africaines par le biais de la compagnie Sencirk. Composée de jeunes Sénégalais déscolarisés mais officiant dans les quartiers de Dakar. Leur approche permet de croire en la construction d'un cirque africain car ils y apportent toute la débauche rythmique, la cadence propre au continent.

Il n'y a pas de participations ivoiriennes ?

Oui ! C'est vrai que nous n'avons pas de compagnie de cirques à proprement parler, mais nous avons la compagnie N'Soleh, classée troisième lors des récents jeux de la Francophonie avec son spectacle Farot Farot. Et la compagnie Ivoir marionnettes, champion des jeux de la francophonie dans sa catégorie qui va nous présenter un spectacle intitulé « La boule ». Ce sont eux qui vont clôturer le festival dans une ambiance de concert Zouglou, prouvant ainsi qu'on est à Abidjan.

Un tel festival est onéreux quels sont vos soutiens ?

L'ambassade de France, celle du Canada, le transporteur aérien Air France à qui nous réitérons nos remerciements. Nous n'avons pas de soutiens numéraires. Mais les arts génèrent une économique culturelle que nous nous évertuons à promouvoir car elle est pourvoyeuse d'emplois et d'images positives de la Côte d'Ivoire. On espère que le ministère de la culture et de la francophonie suivra car il soutient la fabrique culturelle dans son ensemble.

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