19 Février 2018

Congo-Kinshasa: Répression de la marche du 21 janvier à Kinshasa - Les parents de Thérèse Kapangala incriminent le patron de la police

L'avocat de la famille, Me Jean-Marie Kabengele, dit avoir réuni des « preuves » attestant la « responsabilité pénale » du général Sylvano Kasongo dans le meurtre de la jeune aspirante de la paroisse Saint-François-de-Sales de Kintambo.

L'affaire Thérèse Déchade Kapangala, 24 ans, assassinée dans la foulée de la marche des chrétiens catholiques du 21 janvier dernier alors qu'elle se trouvait à l'intérieur de la paroisse Saint-François-de-Sales de Kintambo, vient de prendre un nouveau tournant. Après une première plainte contre X déposée auprès des services judiciaires, lesquels n'ont pas daigné lui donner une suite favorable en enclenchant la procédure requise, la famille de la défunte est revenue à la charge, cette fois-ci avec une deuxième plainte plus détaillée. Celle-ci, déposée depuis le 15 février aux offices du procureur général de la République et de l'auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), charge le chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo, ainsi que les unités sous son commandement qui, d'après la famille, seraient directement impliqués dans cet odieux assassinat.

Là-dessus, Me Jean-Marie Kabengele, l'avocat conseil de la famille, soutient avoir réuni toutes les preuves établissant clairement la responsabilité du patron de la police et de ses hommes dans cette forfaiture. Quand bien même l'incriminé n'était pas sur place à Kinshasa au moment des faits, Me Jean-Marie Kabengele estime que cela ne le dédouane pas de tout soupçon, étant entendu qu'il était censé connaître le bataillon qui était déployé dans la ville ce jour-là ainsi que les hommes qui agissaient sous son commandement.

Des témoignages recueillis par la famille vont dans tous les sens et tendent à confirmer, pour beaucoup, l'implication de la police dans l'assassinat de l'aspirante Thérèse Déchade Kapangala. « Une voix semblable à celle d'une femme » aurait ordonné à un policier « monté » sur un véhicule cherchant à accéder à l'intérieur de la paroisse fermée et où se trouvait la victime, de « tirer ». Une balle ciblée l'avait atteinte en plein cœur après avoir transpercé sa cote droite avant de ressortir par le bras gauche. Une mort cruelle vécue en live par de nombreux fidèles de la paroisse Saint-François-de-Sales présents sur les lieux, apprend-on.

Telle est la version défendue, après recoupements, par la famille et contenue dans le courrier adressé aux autorités judiciaires. « Un assassinat aux apparences de crime contre l'humanité », parce que perpétré dans une église, « un lieu protégé par les conventions de Genève », peut-on lire dans la plainte. Une piste non négligeable qui, croit-on savoir, pourrait orienter le procureur général de la République et l'auditeur général des FARC dans leurs investigations, de sorte à élucider les circonstances du meurtre de la jeune fille. Ce, d'autant plus que lors de sa conférence de presse du 26 janvier, le chef de l'Etat, Joseph Kabila Kabange, avait exprimé ses regrets et promis que l'auteur de ce crime sera traduit en justice.

La famille de la défunte n'accorde aucun crédit à la commission d'enquête ouverte sur la répression des marches des laïcs agissant sous le contrôle du gouvernement. Elle attend beaucoup de l'autorité judiciaire avec espoir de parvenir rapidement à l'éclatement de la vérité. « Au vu des circonstances de l'assassinat de notre fille et des menaces qui continuent à peser sur la famille, nous demandons à votre office de mener une enquête pour élucider les raisons qui ont poussé le général Sylvano Kasongo à envoyer ses éléments tuer notre fille et sœur, identifier le donneur d'ordre et l'exécutant de cet assassinat aux apparences de crime contre l'humanité (... ) », ont écrit les signataires de la lettre adressée au procureur de la République. Dossier à suivre.

Congo-Kinshasa

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