19 Février 2018

Togo: Coup d'envoi du dialogue inter-togolais

Après des mois de manifestations contre Faure Gnassingbé, le dialogue inter-togolais a démarré, ce lundi à Lomé. Placé sous la facilitation de Nana Akufo-Addo, le président du Ghana, ces pourparlers vont durer dix jours.

Au regard du blocage politique en cours, le comité préparatoire de ce dialogue a pris le soin de prendre en compte toutes les préoccupations des protagonistes dans l'ordre du jour. "La paix, la liberté et la stabilité du peuple togolais est quelque chose qui n'est tout simplement pas négociable", a déclaré à l'ouverture, le président ghanéen Nana Akufo-Addo, facilitateur de ces pourparlers. "Il est important, pour le respect des Togolais, que leurs dirigeants soient perçus comme étant capables d'arriver à des solutions qui feront avancer les conditions de la population de ce pays", a ajouté le chef de l'Etat ghanéen.

Les participants, la coalition de 14 partis de l'opposition et ceux du parti au pouvoir sont représentés de façon paritaire et vont donc discuter des mesures d'apaisement et de confiance. La situation de l'état de droit et de la démocratie, la mise en place éventuelle d'une transition politique et des réformes électorales sont aussi à l'ordre du jour. Le rétablissement de la Constitution de 1992, qui prévoyait un maximum de deux mandats présidentiels, figure également en bonne place dans le programme. "Parler du retour de la constitution de 1992 est un sujet d'importance. Parce que justement, ça des répercussions. L'échec n'est permis à personne, ni pour le pouvoir en place, ni pour la coalition de l'opposition et encore moins pour le peuple Togolais dans son ensemble", s'est réjoui Kag Sanoussi, président de l'Institut International de Gestion des Conflits.

Avenir politique du président Togolais

Depuis le début des manifestations contre Faure Essozimna Gnassingbé, en août 2017, l'opposition a fait du départ du président togolais, l'une de ses priorités. "Même dans l'opposition actuelle, la majorité demande plutôt qu'il ne se représente pas à la fin de ce mandat. Politiquement, on peut l'obtenir. Ceux qui sont autour du président sont d'accord, puisqu'en disant qu'ils ne sont pas d'accord qu'on interrompe son mandat ils indiquent qu'ils sont d'accord pour qu'il ailler jusqu'au terme de celui-ci. Mais, c'est vrai aussi que dans son entourage, il y a ceux qui disent qu'on ne doit pas l'empêcher de pouvoir se représenter dans le cadre de la Constitution actuelle. Et c'est là, justement les discussions politiques," analyse Victor Prudent Kouassivi Tokpanou, maître de conférences en Sciences politiques, à l'Université d'Abomey-Calavi au Bénin.

Scepticisme

L'ouverture de ce énième dialogue n'émeut toutefois pas une frange de la population, habituée à ce genre de rencontres qui n'aboutissent en général à aucun résultat tangible souhaité : l'amélioration du cadre électoral général et l'alternance au sommet de l'Etat.

En 20016, l'accord politique global, signé sous l'égide de l'ancien président Burukinabé Blaise Compaoré avait prévu la limitation des mandats présidentiels, et un changement dans le mode de scrutin, qui devrait passer d'un seul tour, à un scrutin à deux tours. Mais les dispositions de cet accord n'ont jamais été appliquées.

Ces derniers jours, certains cadres du parti au pouvoir ont réitéré leur opposition à "discuter du départ immédiat du chef de l'Etat ou d'un engagement de sa part à quitter le pouvoir". Or, c'est ce qu'exige la coalition de l'opposition représentée à ce dialogue.

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