20 Février 2018

Madagascar: Election présidentielle - Panique dans les rangs du HVM

Le parti au pouvoir a tenu un carnaval dans les rues de Fort-Dauphin samedi.

Deux poids deux mesures. Le 21 janvier dernier, Marc Ravalomanana a été interdit de rencontrer ses partisans à Fort-Dauphin. Des éléments de l'Emmoreg ont fait irruption dans le lieu privé, où l'ancien président avait prévu de tenir son meeting, pour confisquer les matériels de sonorisation et pour couper l'électricité. Ce genre de violence, l'ancien exilé d'Afrique du Sud est un coutumier de fait. Il a notamment été expulsé de son hôtel et victime d'abus des forces de l'ordre et des autorités, notamment à Antsiranana, à Toliara, à Ambovombe et à Fort-Dauphin.

Pourtant, pas plus tard que samedi dernier, le parti « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara » a effectué une démonstration de force (ndlr : selon les termes utilisés par les médias pro-régime) dans la capitale de la Région Anosy. Contrairement au « Tiako i Madagasikara », le parti au pouvoir a pu organiser un meeting devant l'Hôtel de ville. Par ailleurs, un grand carnaval a eu lieu dans la matinée de samedi à travers les rues de Fort-Dauphin, sans aucune intervention de l'Emmoreg, même si l'évènement a quelque peu perturbé la circulation. Distribution de tee-shirts et promesses de distribution de riz, de viande et de vivres pour inciter la population à assister à la fête. Cet évènement était tout simplement une propagande avant la lettre.

D'ailleurs, c'est la venue de l'artiste Black Nadia qui a encouragé les gens de « Faradofay » à assister au meeting. Selon les témoignages recueillis par nos confrères de « L'Express », « des milliers de personnes sont venues de loin comme Betroka ou Iaboakoho et Manantenina, non pas pour connaître mieux le HVM, mais plutôt pour admirer l'artiste ».

Caméléons. Apparemment, après l'échec monumental enregistré au mois de janvier dernier à Mahajanga, le « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara » a décidé de changer de stratégie en recrutant des artistes de renom pour attirer les gens à venir assister à ses meetings. Un choix dont le président national du parti, Rivo Rakotovao assume complètement en déclarant que « les électeurs ne voteront jamais pour un candidat d'un parti faible qui n'a même pas la capacité de faire venir un artiste ». A travers cette déclaration, on peut affirmer que le HVM ne prévoit même pas d'apporter un changement de la pratique politique.

N'ayant jamais été candidat pour une quelconque élection, Rivo Rakotovao ne sait pas que la force d'un parti politique ne se juge pas pour ce genre d'évènement où les gens viennent pour admirer les artistes. Il convient d'attendre les résultats des urnes pour prouver si le parti HVM est réellement un « Antoko matanjaka » (parti fort) comme le prétendent le président du Sénat et les tenants du régime actuel.

Pourtant, le parti est composé de « politiciens caméléons » qui ont connu tous les régimes, en l'occurrence, Yves Aimé Rakotoarisoa, ex-Vice-président national du « Tiako i Madagasikara » qui fait désormais partie des conseillers spéciaux du président Hery Rajaonarimampianina, ou encore du député Nicolas Randrianasolo élu sous la bannière du MAPAR avant de retourner sa veste pour devenir un fervent défenseur des intérêts du HVM. En tout cas, on constate qu'à l'approche de la Présidentielle, une situation de panique s'installe dans les rangs des partisans du HVM.

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