20 Février 2018

Tchad: Journée sans presse pour mercredi

Photo: Linhhp/Wikipedia
Amateur radio station.

Une journée d'action est prévue pour dénoncer les agressions que subissent les journalistes au Tchad. L'Union des journalistes tchadiens veut aussi protester contre les coupures de certaines radios.

Au Tchad, les médias ont décrété, pour ce mecredi 21 février, une journée sans presse dans l'ensemble du pays. Une initiative lancée par l'Union des journalistes tchadiens (UJT), en collaboration avec d'autres organisations de la presse tchadienne. Une journée destinée à protester contre les agressions que subissent les journalistes ainsi que contre les fermetures de plusieurs radios communautaires ces dernières semaines au Tchad.

Depuis le déclenchement de la crise qui secoue le pays, les journalistes et les médias les plus critiques subissent toutes sortes de pressions. Intimidations, arrestations arbitraires et séquestrations sont le lot quotidien des professionnels de l'information sur place. C'est par exemple le cas du journaliste Djimet Wichet, directeur de publication du site internet Alwihda-Info, brutalisé à deux reprises en l'espace de trois semaines par les forces de l'ordre. "Le 25 janvier, la société civile organisait une marche pacifique", raconte-t-il. "J'étais au rond-point du 10 octobre pour essayer de photographier l'environnement. Mais j'ai été pris à parti par les éléments de la police, ils m'ont tabassé et m'ont trainé à une centaine de mettre avant de me libérer."

Matériel confisqué

Djimet Wichet sera à nouveau pris à partie violement, quinze jours plus tard. "Le 8 février. C'était toujours une marche pacifique initiée par la société civile", raconte-t-il. Arrivé sur le lieu de la manifestation pour prendre des photos, il est visé par des personnels de l'ANS, l'Agence nationale de sécurité. "On m'a embarqué manu-militari, mon appareil photo, mon badge et mon téléphone ont été confisqué."

S'ajoutent à cela les filatures des agents de renseignements dont sont victimes quotidiennement les journalistes. Sans oublier les violations de locaux des médias, à l'exemple de Radio Oxygène à N'Djamena dont les journalistes ont été pourchassés par la police jusqu'à leur studio, le 10 février dernier, lors de la manifestation des étudiants.

Des violations de la liberté de la presse qui mettent le métier de journaliste en péril au Tchad, selon Belngar Larmée Laguerre, le président de l'Union des journalistes tchadiens. "Malgré les condamnations de la quasi-totalité des organisations professionnelles des médias, ainsi que des multiples rencontres avec les autorités pour dénoncer ces dérives, la pratique continue de plus belle", déplore-t-il. Selon lui, aucun agent des forces de l'ordre et de sécurité n'a été inquiété par la justice en dépit de la saisine du parquet par les victimes. "Vous comprendrez que dans ces conditions, l'exercice du journalisme est ainsi presque impossible."

"Le contexte ne s'y prête pas"

Le Haut conseil de la communication (HCC) a tenté de dissuader les initiateurs de cette journée au cours d'une réunion mardi, mais sans succès. Selon le président du HCC, Dieudonné Djonabaye, le moment de cette revendication est mal choisi. "Le contexte ne s'y prête pas. Nous leur avons dit que les journalistes sont de connivence avec les grévistes. Les journalistes ont pris leur décision. Nous ne sommes pas d'accord mais nous les comprenons.", déclare-t-il.

Ce mercredi, déclaré journée sans presse, les télévisions et les radios sont invitées à ne pas diffuser de programmes. La presse écrite ne doit également pas paraitre, ni vendre d'anciens numéros.

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