19 Février 2018

Burkina Faso: Affaire viol collectif d'une lycéenne - Les 3 petits monstres et 2 complices à la MACO

S'il y a un sujet qui anime les débats de cabaret, de marché, de bureau, et surtout sur Internet ces jours-ci, c'est bien la vidéo du viol collectif d'une lycéenne de 15 ans. Une vidéo qui a enflammé la toile depuis la fin de la semaine dernière continue de faire couler beaucoup d'encre et de salive. « Où en sommes-nous avec cette affaire ? » se demandent d'aucuns. Aux dernières nouvelles, ils seraient cinq incriminés qui ont été déférés à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) en attendant leur jugement.

Dans notre publication d'hier, nous avons fait cas de trois personnes (élèves) interpellées. Elles étaient dans les locaux de la police judiciaire suite à l'autosaisine du parquet du tribunal de grande instance de Ouagadougou. Eh bien, la donne a changé depuis hier. En effet, selon nos sources, en réalité dans cette affaire, ce sont cinq personnes qui sont incriminées, précisément trois pour viol et deux autres pour complicité de viol.

Ces personnes ont été déférées hier au parquet, où elles ont été entendues par le procureur du Faso avant d'être déposées à la MACO dans le quartier des mineurs. La qualité de mineure des personnes poursuivies oblige le déclenchement d'une procédure spéciale.

Toujours selon nos sources, le dossier sera confié au juge pour enfants. Il est à signaler qu'avant le jugement, une enquête sociale sera menée par l'action sociale pour voir dans quelles conditions les trois mineurs vivent. Le procès se déroulera à huis clos, en chambre de conseil.

Par contre le délibéré, lui, sera rendu publiquement. On ne peut pas, à l'étape actuelle, présumer de la décision du juge des enfants, mais d'ores et déjà, il faut savoir qu'à l'issue du jugement, deux cas peuvent se présenter : soit les incriminés vont écoper d'une peine de prison ferme qu'ils purgeront à la MACO (au quartier des mineurs), soit ils seront envoyés dans un centre de placement comme à Laye, à Orodara ou tout autre centre approprié.

Encadré

«La vidéo a été tournée en novembre et l'affaire avait déjà été réglée à l'amiable»

«La vidéo a été tournée en novembre 2017», c'est ce que nous a confié la fondatrice du lycée «L'Aurore», Marie Hortense Dermé. Dans un entretien qu'elle nous a accordé hier, 19 février 2018, elle est revenue sur les conditions dans lesquelles elle a appris l'existence de cette vidéo qui incrimine trois de ses élèves et la tentative des parents de résoudre l'affaire à l'amiable.

Comment est-ce que vous avez appris l'existence de la vidéo ?

J'ai été informée au début du mois de février qu'il y avait une vidéo qui circulait et qu'elle montrait une élève qui s'est fait violer. En son temps, nous avons demandé que les parents de la fille portent plainte pour que la justice sévisse. Par la suite, j'ai appris que la vidéo datait de depuis novembre 2017 et que les parents avaient demandé à régler cela à l'amiable. On m'a donc dit que ça a été réglé à l'amiable. Le jeudi 15 février vers 10h, alors que je revenais d'une course, j'ai vu un attroupement devant l'établissement. On m'a dit que c'est un groupe de jeunes qui veut s'en prendre à trois de mes élèves.

Et qui étaient ces jeunes ?

On nous a dit que c'étaient les frères de la fille. On a cherché à savoir qui sont les élèves qu'ils voulaient frapper. C'est ainsi que l'affaire du viol est ressortie. Comme le viol ne s'est pas produit au sein de l'école, nous avons décidé de faire appel à la gendarmerie qui est à côté (NDLR : gendarmerie de Kosyam). Les gendarmes sont donc venus embarquer les élèves ainsi que le groupe de jeunes. Ils ont également appelé les parents des trois élèves pour leur relater les faits. Ce n'est que le lendemain que la vidéo a commencé à circuler sur les réseaux sociaux.

Avez-vous des nouvelles de vos élèves ?

J'avoue que depuis le jeudi, je n'ai plus de leurs nouvelles.

Est-ce que vous avez échangé avec les parents d'élèves ?

Oui, on leur a fait savoir qu'à ce stade, on ne peut plus rien régler et que c'était à la justice d'en décider. C'est vrai qu'il y a eu des résistances des parents mais on ne pouvait que transmettre le dossier à la gendarmerie.

Quelles sont les sanctions prises par l'établissement vis-à-vis de ces trois élèves ?

L'affaire est en train de suivre son cours, nous avons une hiérarchie. Nous allons lui rendre compte et ensemble, on verra quelles sont les mesures à prendre sur cette situation que nous déplorons et condamnons. Je profite de cette circonstance pour lancer un appel aux parents afin qu'ils reprennent leurs responsabilités dans l'éducation des enfants. Parce que ce qui s'est passé n'est pas un fait nouveau. Ce sont des choses qui existent, mais qu'on ignore.

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