7 Février 2018

Afrique du Sud: Jacob Zuma - Game is over

Son navire s'était heurté à tant de récifs, il avait continué à naviguer malgré les vagues déferlantes si bien qu'on avait fini par le croire insubmersible. Le Nkandla gate (du nom de la localité où se trouve son domaine personnel qu'il avait fait relustrer à coups de millions de rands aux frais du contribuable) n'avait pas eu raison de lui. Et pas davantage le Gupta gate, qui a mis à nu ses relations corrompues avec cette puissante famille d'industriels d'origine indienne. Pas même les histoires de mœurs dans lesquelles il avait été parfois mêlé n'étaient parvenues à faire vaciller son fauteuil présidentiel, encore moins les nombreuses motions de défiance déposées par l'opposition contre celui qui, il est vrai, aura démérité de la fonction.

Mais cette fois, tout laisse à penser que l'inchavirable pourrait enfin couler dans les jours, voire les heures, qui viennent. Game is over . Oui, la partie semble terminée depuis que le Parlement sud-africain a décidé, mardi, de reporter sine die le traditionnel discours sur l'état du pays que le président devait prononcer aujourd'hui même, ce qui ne s'était jamais vu dans les annales de l'histoire de la nation arc-en-ciel. « Le moment n'est pas propice », a tout simplement estimé la présidente Baleka Mbete. Une décision historique prise alors que se multipliaient, depuis quelques jours, les concertations et autres réunions d'urgence sur fond de guerre de tranchées entre pro et anti-Zuma au sein du Comité exécutif de l'ANC, la seule instance habilitée à voter l'impeachment du locataire de la résidence présidentielle de Malhamba Ndlopfu.

A l'évidence donc, le glas a commencé à sonner pour Zuma, et ses adversaires qui le traquent sans répit depuis de longues années font sonner l'hallali pour donner le coup de grâce à la bête blessée dont ils rêvent de brandir le trophée dans pas très longtemps. Les choses s'accélèrent donc à la vitesse grand V. C'est en tout cas ce que laissent croire les propos de Cyril Ramaphosa après qu'il eut rencontré mardi soir l'indésirable Zuma. « Le président et moi-même avons entamé des discussions directes sur la transition et les questions liées au poste de président de la République... nous pourrons communiquer davantage sur la position du président Zuma en tant que chef de l'Etat une fois finalisés tous les points pertinents », a en effet déclaré le toujours vice-président. On l'aura compris, malgré la subtilité du langage diplomatique tout en rondeur, le mot « transition » veut bien dire ce qu'il dit : le départ du vieux combattant zoulou est acquis et ce dernier doit être en train de négocier les conditions de sa reddition, notamment une immunité pour se prémunir contre les poursuites judiciaires dès qu'il aura perdu son parapluie immunitaire.

En fait il y a comme un scénario zimbabwéen dans cette histoire, l'armée en moins, puisque manifestement, on veut ménager une porte de sortie honorable au pestiféré, question de l'amener à démissionner de lui-même (la dignité sera alors sauve) au lieu d'être défenestré par un vote de ses camarades du parti ou une motion de défiance que son opposition a d'ores et déjà déposée.

Il faut croire, si cette éjection un an avant la fin de son mandat qui expire en 2019 devait se confirmer, que les bottes du géant Mandela, lequel doit se retourner dans sa tombe, sont décidément bien trop grandes pour ses piètres successeurs qui semblent tous frappés de la malédiction de la dernière année. Il y a en effet comme un air de déjà-vu. Le 21 septembre 2008, Thabo Mbeki, convaincu d'interférences politiques dans des affaires de corruption (déjà !) impliquant... mister Zuma n'avait-il pas été contraint à la démission après avoir été désavoué par l'ANC ? Il sera remplacé par son vice-président Kgalema Motlanthe, qui terminera son bail avant que Zuma ne lui succède en 2009. L'histoire a parfois la fâcheuse tendance à repasser les plats.

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