21 Février 2018

Congo-Brazzaville: Réattribution de concessions forestières aux Chinois - Le ministre Ambatobe dans le collimateur des ONG de défense de l'environnement

Greenpeace et d'autres défenseurs de l'environnement ont déploré, le 20 février, la réattribution par les autorités congolaises de trois concessions forestières à des firmes chinoises malgré un moratoire en vigueur depuis 2002.

La dernière décision du ministre de l'Environnement de rétablir environ 650.000 ha de concessions forestières illégales, qui avaient été annulées en août 2016, continue à susciter une vive controverse. Là où le bât blesse, c'est que - comme le laissent entendre des OONG de défense de l'environnement - les trois concessions forestières ainsi récupérées ont été réattribuées à des firmes chinoises malgré l'existence d'un moratoire en vigueur depuis 2002. Ceci constitue, pour l'ONG Greenpeace et d'autres associations œuvrant dans le secteur, un hiatus qu'elles ne sont pas prêtes à cautionner. Elles appellent le gouvernement à revoir cette décision qui viole le moratoire de 2002. À cette époque, rappelle-t-on, la RDC avait adopté le Code forestier et décrété ce moratoire dans l'attribution de nouvelles licences d'exploitation forestière industrielle, en vue de mettre de l'ordre dans le secteur.

Le fait que le ministre de l'environnement a passé outre ce moratoire en vendant les trois concessions concernées à deux firmes chinoises est au cœur de la controverse. Plus grave encore, soulignent les ONG de défense de l'environnement, deux parmi les trois concessions rétablies depuis le 1er février 2018 empiètent sur les 145.000 km2 de tourbières récemment découvertes et contenant quelque 30 milliards de tonnes de carbone. Ce qui représente, selon les experts, autant de carbone que les émissions d'énergie fossile de toute l'humanité sur trois ans. En outre, la mise en exploitation des concessions forestières attribuées aux entreprises chinoises va non seulement détruire des forêts primaires mais également augmenter considérablement les émissions de CO2. Ce qui fait dire à certains critiques que le gouvernement de la RDC est en train « de faire une croix sur toute ambition de réduire les émissions liées à la déforestation ou à la dégradation des forêts ».

Au niveau du cabinet du ministre de l'Environnement, des arguments ne manquent pas pour justifier la réattribution des concessions précitées aux firmes chinoises. Dans une récente mise au point, le ministère de l'Environnement explique que la réattribution desdites concessions ne constitue pas une violation du moratoire sur les forêts de la RDC. Le document émanant du cabinet du ministre se veut on ne peut plus clair à ce sujet : « (... ) Après évaluation des activités des concessionnaires, si l'État congolais remarquait une défaillance dans le chef de ces derniers, la loi autorise de reprendre les titres et les rétrocéder à d'autres concessionnaires », peut-on lire.

Dans le cas d'espèce, fait remarquer le cabinet du ministre, « le moratoire concerne les concessions forestières non encore exploitées. Par conséquent, les concessions forestières dont il est question faisant déjà objet d'une exploitation, ne sont pas frappées par le moratoire ». Concernant les appréhensions liées aux tourbières en voie d'être sacrifiées pour le besoin de la cause, le ministère indique que « celles-ci ne seront nullement menacées, car les zones les abritant ne sont géographiquement pas exploitables ». Au-delà de toutes les explications fournies, les sceptiques continuent à s'inquiéter par rapport au développement de ce dossier et de son impact négatif sur l'environnement. À suivre.

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