22 Février 2018

Sénégal: Bilan du dialogue politique sur le processus électoral - La societe civile parle «d'échec»...

Présents au Cadre de Concertation sur le Processus Electoral, les acteurs de la société civile, membres du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce) et de la Plateforme des acteurs de la société civile pour la transparence des élections (Pacte), affichent leur déception des conclusions issues dudit dialogue.

Dans un communiqué parvenu à Sud Quotidien hier, mercredi 21 février, Babacar Guèye pour le Cosce et Abdou El Mazide Ndiaye du Pacte, parlent d'un résultat «largement en deçà des attentes nourries par l'opinion pour l'organisation d'élections sincères, crédibles et apaisées», non sans formuler quelques recommandations.

Peut-on dire que la montagne a accouché d'une souris en ce qui concerne le dialogue politique initié par le régime de Macky Sall sur le processus électoral ? C'est ce qui semble être le sentiment le mieux partagé par les acteurs de la société civile qui ont pris part à ce dialogue en tant qu'observateurs et, par moment, en facilitateurs.

Dans une note en date d'hier, mercredi 21 février, le président du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (Cosce), le Professeur, Babacar Gueye et son collègue président de la Plateforme des acteurs de la société civile pour la transparence des élections (Pacte), Abdou El Mazide Ndiaye, étalent leur regret sur les conclusions obtenues durant ces deux mois de discussions entre acteurs.

Dans l'édit, les membres de la société civile déclarent «regretter que sur les huit thèmes retenus dans les termes de références, deux seulement ont fait l'objet d'accords fermes».

Seuls les points relatifs à l'évaluation du processus de refonte partielle des listes électorales, ou encore à la nécessité de réaliser un audit indépendant du fichier électoral, ont fait l'objet de «consensus fort», se désolent-ils. Suffisant pour Babacar Gueye et compagnie de juger «dérisoires» les résultats obtenus.

Pour eux, «ceci est largement en deçà des attentes nourries par l'opinion pour l'organisation d'élections sincères, crédibles et apaisées».

Sur les causes d'un tel échec, la plateforme Cosce-Pacte déplore un certain nombre de conditions dans lesquelles les concertations se sont tenues.

Pour eux, il est à déplorer «l'absence d'un environnement politique et des prés requis indispensables susceptibles de restaurer la confiance et la sérénité entre les acteurs politiques». A mettre aussi dans ce lot «la non-participation d'une partie importante de l'opposition à ces concertations», selon eux.

Ne s'en limitant pas là, ils ont exprimé toute leur incertitude aussi sur «les décisions que pourrait prendre le Président de la République sur les questions faisant l'objet de désaccords». Pis, Babacar Gueye et compagnie émettent des réserves sur «le sort incertain réservé aux recommandations».

Pour conséquent, dans le souci de préserver les règles du jeu garantissant des élections pacifiques et transparentes, le Cosce et la Pacte invitent «l'ensemble des acteurs, principalement le Chef de l'Etat, à renouer les fils du dialogue sur les points de divergences et les questions non entièrement épuisées».

Mieux, ils demandent au gouvernement de consolider les résultats de l'audit du fichier en prenant notamment les dispositions appropriées pour corriger les imperfections relevées et procéder, dès la fin des opérations de révision des listes électorales, à un audit de certification du fichier en vue de rassurer tous les acteurs.

Ils n'ont pas manqué d'inviter le régime à créer les conditions pouvant permettre aux sénégalais qui se sont inscrits de disposer de leur carte d'identité dans les meilleurs délais.

Pour rappel, les acteurs au dialogue sur le processus électoral devaient trouver un consensus sur l'évaluation de la refonte partielle des listes ; l'audite du fichier ; l'examen de certaines règlementaires et constitutionnelles dans le Code électoral ; les conditions de participation à l'élection présidentielle : la caution, le bulletin unique, le parrainage ; la place et le rôle de la Cena, du Cnra ; le mode de scrutin aux élections locales ; la modernisation des partis politiques : la rationalisation des partis politiques, le financement des partis, la définition du statut du chef de l'opposition.

...OUSMANE BADIANE RETIENT UN "SUCCES"

Le chargé des élections au niveau de la Ligue démocratique (Ld), non moins plénipotentiaire de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yakaar lors des concertations sur le processus électoral ne partage pas l'idée d'«échec» desdites concertations. Interpellé hier, Ousmane Badiane pense plutôt que ça été «un succès».

L'idée d'échec des concertations politiques sur le processus électoral véhiculée par certains membres de l'opposition, et le goût «amer» qu'en tirent les membres de la société civile, notamment la plateforme Cosce-Pacte, qui a pris part à ces rencontres, ne trouvent pas l'assentiment du coté de la mouvance présidentielle, Benno Bokk Yakaar (Bby).

Le chargé des élections à la Ligue démocratique (Ld), Ousmane Badiane, soutient le contraire et parle de «succès».

Invité à donner son avis, en tant que plénipotentiaire du pole de la majorité lors de ces concertations, M. Badiane laisse entendre «qu'un dialogue veut dire que les différents acteurs se rencontrent, se parlent et échangent leurs idées.

Ça, c'est un acquis très important et sur ce plan-là, les concertations sur le processus électoral ont été un succès». Le plus important, à ses yeux, c'est que «même s'il y a désaccord, les acteurs se sont parlé, chacun connait le point de vue de l'autre».

Se voulant explicite, Ousmane Badiane d'indiquer que dans une démocratie, il urge que les acteurs se parlent, même si, naturellement, il ne peut pas manquer de divergences.

Donc, il pense que le fait que les acteurs, qui ont pris part à ces concertations, ne puissent pas trouver un consensus sur tous les 8 points inscrits à l'ordre du jour, ne signifie nullement un «échec des concertations».

Qui plus, révèle-t-il, «nous, en allant à la concertation, on n'était pas partie avec l'idée que nous allons nous entendre sur toutes les questions».

Toutefois, Ousmane Badiane garde un certain optimisme quant à la suite qui sera réservée aux travaux. Il informe que les discussions ne sont pas terminées et qu'une synthèse sera faite de l'ensemble des points d'accord, des points de désaccord, et des points où il y a des réserves, après le rapport final qui sera dressé par le président de la commission en collaboration avec la Dge.

Mieux, il reste persuader que, dès lors que les questions sont devant nous et qu'il n'est pas dit de trouver des solutions tout de suite, les acteurs vont voir comment améliorer les choses et que «les positions vont évoluer», espère-t-il.

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