22 Février 2018

Sénégal: Procès de la caisse d'avance de la ville de Dakar - La défense demande la fin des poursuites contre les prévenus

Les conseils de la défense ont encore demandé au président Malick Lamotte la fin des poursuites contre le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, et tous ses co-prévenus. Pour eux, le parquet n'a prouvé aucune infraction contre les prévenus devant le tribunal.

Les avocats de la défense ont joué leur va-tout hier pour obtenir la relaxe de leurs clients des infractions pour lesquelles ils sont poursuivis. C'était le dernier jour des plaidoiries de la défense du maire de Dakar et de ses co-prévenus. Les conseils du maire de Dakar ont estimé que leur client « est innocent » malgré un réquisitoire de feu prononcé par le procureur de la République.

Serigne Bassirou Guèye a demandé 7 ans d'emprisonnement ferme pour Khalifa Ababacar Sall et Mbaye Touré plus une amende de 5,490 milliards de FCfa. Mais Me Seydou Diagne de la défense a considéré ces réquisitoires comme de « l'incantation » car, jusque-là, rien n'a été prouvé. « Le ministère public n'a rien prouvé. Pour nous, nous avons obtenu gain de cause dans ce procès depuis très longtemps », a dit confiant Me Diagne.

Pour Me Demba Ciré Bathily, l'Inspection générale d'Etat, après sa vérification à la mairie de Dakar, a demandé à ce qu'une enquête soit menée sur les conditions d'ouverture de la caisse d'avance de la mairie de Dakar. Malheureusement, a déploré Me Bathily, « aucune enquête sérieuse n'a été menée sur cette affaire ». A son avis, une enquête sérieuse ne peut être faite sur cette caisse d'avance sans que l'ancien maire de Dakar, Pape Dop, ne soit entendu. D'après le conseil, dans ce dossier, « l'information judiciaire a été bâclée ». C'est pourquoi, il a considéré que le délit d'association de malfaiteurs pour lequel ses clients sont poursuivis « est insidieux » car « ni caractérisé encore moins établi ». « Il n'est qu'un cheveu dans la soupe », a raillé Me Demba Ciré Bathily. L'avocat écarte aussi les délits de blanchiment de capitaux, de détournement de deniers publics et d'escroquerie portant sur des deniers publics. Selon lui, une même infraction ne peut pas être imputée à la même personne deux fois. « Aucune preuve de détournement n'a été prouvée et articulée devant votre juridiction. Il ne s'agit que de simples allégations. M. le président, nous avons confiance en votre juridiction et nous demandons purement et simplement la relaxe des prévenus », a-t-il demandé au président Malick Lamotte.

Me Seydou Diagne s'attend à un non-lieu dans cette affaire. Car, à son avis, il n'y a aucune charge retenue contre les prévenus qui a été prouvée. Sur le délit détournement de deniers publics, Me Ndèye Fatou Sarr de la défense a indiqué qu'en aucun cas, son client Khalifa Ababacar Sall ne peut être poursuivi pour cette infraction « parce que ce n'est pas à lui de justifier l'utilisation des fonds ». Me Ciré Clédor Ly a abondé dans le même sens que ses confrères de la défense. D'après le conseil, le procureur de la République n'a apporté aucune preuve pour l'infraction de détournement de deniers publics.

Aliou Ngamby NDIAYE

L'OFFRE DE CAUTIONNEMENT RÉITÉRÉE

Les avocats de la défense comme Me Ciré Clédor Ly ont réitéré, hier, leur « offre de cautionnement avec des droits réels pour permettre au tribunal de ne pas être prisonnier de certaines dispositions ».

A. Ng. NDIAYE

ME SEYDOU DIAGNE DE LA DEFENSE : « LE PROCUREUR EST ASSIS SUR DES RÉCLAMATIONS DE L'ETAT DE PRÈS DE 120 MILLIARDS DE FCFA »

La défense est toujours persuadée que le procès de Khalifa Ababacar Sall est politique. Me Seydou Diagne a accusé le procureur de laisser en instance des dossiers plus pressants pour s'attaquer à l'affaire de la caisse d'avance de la mairie de Dakar.

Les avocats de la défense ont continué de clamer que le procès du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, est politique. Cette phrase est aujourd'hui comme une chansonnette pour la défense.

Chaque avocat la répète dans sa plaidoirie. Selon Me Demba Ciré Bathily, « dire que ce procès politique dérange certains, mais il est politique ». Me Seydou Diagne a, dans sa plaidoirie, rappelé que le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, a énormément de grands dossiers en instance sur lesquels il doit défendre la société, mais il préfère les ranger de côté pour s'attaquer aux dossiers politiques. Parmi ces dossiers en instance, Me Diagne a cité les affaires Bara Sady, ancien directeur général du Port autonome de Dakar, Thierno Ousmane Sy avec la troisième licence de téléphonie mobile, Carmelo Sagna avec sa gestion de la Société africaine de raffinage (Sar). « Le procureur est assis sur des réclamations de l'Etat sur près de 120 milliards de FCfa sur lesquelles il n'organise pas de procès. Je rappelle respectueusement au tribunal que dans notre pays depuis 2012, ce sont les procureurs qui se mêlent de la matière électorale pour invalider des candidatures. On attrait à la barre que ceux qui ont des ambitions présidentielles. Mais comme Thierno Ousmane Sy, Bara Sady ou Carmelo Sagna ne sont pas candidats à une présidentielle, on laisse de côté leurs dossiers », a accusé Me Diagne.

Par ailleurs, Me Mbaye Sène de la défense a rappelé que le problème de Khalifa Sall à la ville de Dakar a commencé depuis 2009. A cette époque, a-t-il dit, Khalifa Sall devait faire face au régime de Me Abdoulaye Wade pour dérouler ses projets pour la ville de Dakar. Mais, « le président d'alors était un gentleman », a témoigné Me Sène. C'est pourquoi, Khalifa Sall a pu dérouler ses projets jusqu'à 2009 avec le départ de Me Wade. En 2012 encore, a-t-il souligné, le maire de Dakar ne partage pas le même parti politique avec le président de la République nouvellement élu même s'il a participé à sa victoire pour l'avoir soutenu au second tour. Mais les divergences politiques entre le régime en place et le maire de Dakar ont réellement commencé en 2014, a expliqué toujours Me Mbaye Sène devant la barre. Khalifa Ababacar Sall qui était convaincu qu'il reste majoritaire à Dakar, a voulu maintenir son poste de maire. Mais la majorité voulait que la mairie de Dakar revienne au parti au pouvoir. « C'est quand Khalifa Sall a déposé sa liste pour les élections municipales de 2014 que tout a commencé. Ne pouvant pas l'éliminer sur le terrain politique, ils font appel à la justice pour l'éliminer », a fustigé Me Sène tout en rappelant que son client Khalifa Ababacar Sall est « blanc comme neige ». Il demande ainsi au juge de le renvoyer de la fin des poursuites.

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