24 Février 2018

Egypte: La tension monte entre L'Égypte et la Turquie

La tension monte entre l'Égypte et la Turquie. Après les escarmouches diplomatiques, place aux frictions militaires : les marines des deux pays se défient en Méditerranée, près de Chypre, tandis que les médias égyptiens et turcs ont déjà engagé les hostilités. À l'origine, des gisements gaziers à Chypre, mais aussi la déposition des Frères musulmans du pouvoir égyptien en 2013.

La tension a deux causes: politique et surtout économique. C'est aux alentours de Chypre que se trouvent les plus grands gisements gaziers de Méditerranée.

Une région exploitée par la Grèce, l'Égypte et, bien entendu, Chypre qui ont conclu un accord tripartite. Cet accord n'est pas du goût d'Ankara qui prétend y avoir des droits, du fait de son occupation du nord de Chypre.

Depuis deux semaines, la marine turque a entamé des manœuvres dans la région. Une vedette de garde-côtes grecs a été éperonnée et un navire de forage du pétrolier italien ENI a été chassé manu militari par Ankara. Il se rendait au champ gazier égyptien de Zohr.

Le porte-hélicoptère Mistral Anouar el Sadate et plusieurs autres bâtiments, dont des sous-marins, ont aussitôt levé l'ancre d'Alexandrie pour défendre Zohr. Les deux plus puissantes marines de Méditerranée orientale, l'Égyptienne et la Turque, se toisent aujourd'hui avec une agressivité croissante.

Ankara dénonce souvent « le coup d'État militaire » contre les Frères musulmans

La tension est aussi politique. Car le président Turc Recep Tayyip Erdogan était le meilleur allié des Frères musulmans égyptiens, qui ont été chassés en 2013 du pouvoir par le président Abdel Fattah al-Sissi, alors ministre de la Défense.

Depuis lors, la Turquie dénonce systématiquement « le coup d'État militaire » et a offert l'asile politique à de nombreuses figures de proue des Frères musulmans. Une confrérie considérée comme « terroriste » et durement réprimée en Égypte.

La guerre est déjà déclarée entre les médias de chaque pays

Les médias égyptiens tirent à boulets rouges sur Ankara dont les services secrets sont accusés de « conspirer » contre Le Caire.

Selon eux, la Turquie aurait organisé le transfert de centaines de combattants de l'État islamique fuyant la Syrie vers la Libye pour déstabiliser l'ouest égyptien, et de s'infiltrer jusqu'au Nord-Sinaï, où se déroulent actuellement de violents combats entre l'armée et les terroristes.

La Turquie réplique par le biais de chaînes de télévision d'opposants égyptiens, principalement proches des Frères musulmans, qui appellent au renversement, « la dictature militaire de Sissi ».

Pour certains observateurs, on se croirait revenu deux siècles en arrière, quand Mehmet Ali, gouverneur d'Égypte, et l'Empire ottoman étaient en guerre.

Pour l'anecdote, Le Caire a débaptisé l'avenue Selim Premier, du nom du Sultan ottoman qui a conquis l'Égypte. On ignore encore le nouveau nom contre l'Empire ottoman.

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