2 Mars 2018

Gabon: La Coalition de Jean Ping traversera-t-elle la tempête ?

Après les législatives, une profonde fissure pourrait affecter la CNR. La déclaration des Coordinations de la Coalition n'invitait pas à l'union. Depuis des années, l'opposition gabonaise n'a jamais pu se mettre au-dessus de la divergence des idées. Les futures législatives apparaissent comme la goutte de la prochaine scission.

Le ton et les mots de Noel Borobo Epembia, porte-parole des coordinations provinciale n'étaient pas tendre. Il a publiquement fustigé les partis de la Coalition qui prendront part aux prochaines législatives : « elles [les coordinations] attirent l'attention des quatre sur la responsabilité qu'ils endossent devant l'histoire de la nation Gabonaise, en tentant de légitimer l'imposture du régime d'Ali Bongo, à travers leur participation aux élections législatives... », a-t-il lancé. Pour les coordinations, cette échéance sera encore organisée par des « institutions aux ordres... responsables de toutes les mascarades électorales qu'a connu notre pays depuis 1990 ». Deux postures opposées, pouvant créér une profonde crise de confiance entre les membres de cette organisation politique.

La Coalition pour la Nouvelle République n'est pas encore divisée ; ou la division n'est pas encore prononcée, mais elle semble davantage prendre forme au sein de cette frange de l'opposition radicale. La forte déclaration des coordinations provinciales vient de dresser une esquisse plus claire, dévoilant un futur douteux de cette plateforme. Sa survie dépend désormais du niveau démocratique de ses acteurs. Deux courants s'y frottent depuis l'annonce de la tenue des élections législatives en avril prochain. Quatre partis, les Démocrates, l'UN, le RHM et l'USIS, des poids lourds de cette Coalition, se sentant capables d'arracher la majorité au PDG au pouvoir, participeront au vote. Neuf autres partis de leur organisation rejettent cette position estimant que leurs amis mettent en avant des intérêts égoïstes.

La position de Jean Ping fixera le nouveau panorama de la Coalition. Encore silencieux sur la question, l'ancien président de la Commission de l'Union africaine sera sans doute le juge qui donnera raison ou pas. Dans ses derniers discours, il rappelle souvent que personne ne doit oublier les gabonais tués après l'annonce des résultats de la présidentielle de 2016 ; et que pour lui, une cohabitation avec Ali Bongo Ondimba n'est pas envisageable. Mais aussi, celui que de nombreux gabonais appellent « le président élu » estime que la Coalition pour la nouvelle République est un milieu démocratique où chacun est libre d'exprimer ses idées. Pourtant, la montée des tons entre ses amis semble faire monter la fièvre des divisions qui a dévasté l'opposition gabonaise entre 1960 et 2018.

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