5 Mars 2018

Burkina Faso: De la vigilance dans les rangs !

S'il y a une inquiétude qui semble être partagée par les citoyens depuis les attaques terroristes perpétrées contre l'état-major général des armées et l'ambassade de France à Ouagadougou, c'est bel et bien les «forts soupçons» de complicité dans les rangs de l'armée burkinabè. Les premiers éléments de l'enquête, selon certaines informations divulguées dans la presse, font état de ce que l'armée serait infiltrée.

S'il est trop tôt pour se faire une idée de cette supposée complicité, il reste que certains aspects de l'attaque sont troublants. En effet, le gouvernement burkinabè, par la voix du ministre de la Sécurité, Clément Pengdwendé Sawadogo, a affirmé, lors de la conférence de presse- bilan, que les assaillants ont fait usage d'une voiture bourrée d'explosifs qui a détruit littéralement une des salles de l'état-major où devait se tenir initialement une rencontre du G5 Sahel.

Toute chose qui continue de susciter des interrogations au sein de l'opinion publique. Comment les assaillants ont-ils fait pour savoir qu'une réunion du G5 Sahel se tenait à l'état-major et de surcroit à l'heure et à l'endroit précis ? Avaient-ils déjà fréquenté ce lieu stratégique réservé à la haute sphère de l'armée, pour maîtriser son organisation et son dispositif ?

Comment les malfaiteurs ont-ils réussi à se procurer la tenue de nos FDS ? Ce sont autant de questions qui nécessitent des réponses précises, tant la capacité d'infiltration des terroristes n'est pas négligeable, vu les moyens financiers dont ils disposent, du fait des rançons et autres trafics. D'aucuns ont la conviction toute faite que les assaillants ont infiltré l'armée burkinabè.

Pour ces derniers, les terroristes ne lésineront pas sur les moyens pour avoir des informations sur la tenue d'une rencontre aussi importante que celle du G5 Sahel, une force appelée à anéantir les filières djihadistes qui opèrent en Afrique de l'Ouest. Aussi, il n'est pas donner à n'importe qui, fut-il militaire, de résister à la tentation des «gros sous» que proposent les réseaux terroristes.

Et ce ne sont pas les exemples qui manquent pour attester de cette réalité, puisqu'au Nigeria, Boko Haram a usé de cette stratégie, versant des sommes faramineuses aux hauts gradés de l'armée, en échange d'informations sur des opérations initiées par le commandement à l'encontre de ses éléments.

Ce qui permet aux extrémistes d'échapper aux opérations de ratissage de l'armée, plombant ainsi la lutte contre le terrorisme dans ce pays. Une autre partie des citoyens n'exclut pas la possibilité que les attaques du 2 mars dernier soient l'œuvre d'ennemis tapis dans l'ombre, probablement des ex-militaires radiés qui en veulent à la hiérarchie militaire.

Cette thèse se trouve être renforcée par la déclaration suivante d'une source gouvernementale à un confrère : «Ils avaient une connaissance des habitudes et pratiques courantes au sein de l'état-major, ce qui explique la facilité avec laquelle ils ont accédé au sein de l'état-major par son entrée de service, située au dos de la porte principale ». Même si l'attaque a été revendiquée par le groupe GSIM du chef terroriste malien, Iyad Ag Ghali.

En attendant que les enquêtes en cours viennent nous situer davantage sur les attentats perpétrés contre des cibles emblématiques, l'armée burkinabè doit redoubler de vigilance au regard des lourds soupçons qui risquent d'entamer son image et compromettre sa mission.

Car, l'infiltration des armées est une triste réalité qui sape les efforts de lutte contre le terrorisme. La grande famille des FDS burkinabè, dont l'intégrité et la loyauté sont reconnues au-delà de nos frontières est donc interpellée.

Leur conduite exemplaire sur les terres des missions de paix et de soutien des Nations unies l'atteste. Osons espérer alors que ces soupçons restent de simples supputations ou des rumeurs infondées.

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