6 Mars 2018

Burkina Faso: Attaques terroristes du 2 mars - 8 interpellés, dont 2 militaires et 1 militaire radié

Le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Maïza Sérémé, a donné plus de précisions sur les attaques perpétrées le 2 mars 2018 à l'état-major général des armées et à l'Ambassade de France. C'était au cours d'un point de presse animé le mardi 6 mars 2018 à Ouagadougou.

Quatre jours après la double attaque de Ouagadougou qui a eu pour cible l'état-major général des armées burkinabè et l'Ambassade de France, l'on en sait davantage sur le mode opératoire des assaillants. Le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Maïza Sérémé, a apporté plus de détails sur les évènements au cours d'un point de presse le mardi 6 mars 2018 dans la capitale burkinabè.

Selon les premiers éléments de l'enquête révélé par le procureur du Faso, tout a commencé au niveau de l'Ambassade de France à 10 heures 01 minute 56 secondes lorsqu'une voiture de type Berline de couleur gris-clair a stationné à hauteur du dernier poste de garde de la représentation diplomatique. «Trois des occupants de cette voiture en tenue civile sont immédiatement sortis, armés de fusils de types Kalachnikov, et ont ouvert le feu tuant l'élément de sécurité qui y était. Un quatrième occupant du véhicule, dans la même tenue, rejoignait les trois autres assaillants après avoir mis le feu à leur propre véhicule », a-t-elle expliqué. Dans leur progression, a poursuivi Mme Sérémé, les assaillants ont croisé un militaire non armé qui quittait les services du consulat.

Ce dernier a été mortellement atteint et succombera à ses blessures plus tard à l'hôpital Yalgado. Les assaillants seront à leur tour abattus au côté sud à l'arrière-cour des locaux jouxtant l'ambassade grâce à une intervention des forces françaises et burkinabè, a précisé le procureur du Faso.

Du côté de l'état-major général des armées, Maïza Sérémé a noté un scénario similaire. « Les assaillants, au nombre de quatre, sont arrivés à 10 heures 08 minutes. Deux assaillants en tenues civiles roulaient sur un vélomoteur rouge de modèle Nano. Ils précédaient deux autres qui circulaient dans une voiture de marque Nissan Almeira de couleur verte. Armés de fusils de type AK 47, les terroristes ont immédiatement ouvert le feu », a-t-elle fait remarquer.

Puis de soutenir qu'après des tirs nourris, les trois assaillants ont pu accéder à l'intérieur de l'état-major général des armées où le conducteur s'est fait exploser avec le véhicule bourré d'explosifs à côté d'un bâtiment. Elle a souligné que sur ce site, les échanges de tirs ont coûté la vie, malheureusement, à six militaires burkinabè. Quant aux trois autres assaillants, ils ont été abattus.

Pas de lien avec l'incident de Kosyam

Du bilan de cette double attaque, le procureur du Faso a confirmé le décès de huit soldats burkinabè, de huit assaillants et 85 blessés dont 61 militaires et 24 civils. Côté dégâts matériels, Mme Sérémé a inventorié 29 véhicules incendiés et 26 autres endommagés, 34 engins à deux roues incendiés et 60 endommagés ainsi que des bâtiments touchés. Elle a, par ailleurs, indiqué que ces attaques ont été revendiquées par le groupe terroriste dénommé « Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Nusrat al-Islam Wal-Muslim) » de Iyad Ag Ghali.

Le procureur du Faso a souligné qu'une enquête de flagrance pour association de malfaiteurs terroristes, assassinats, tentatives d'assassinat, détention illégale d'armes à feu et de munitions, destruction volontaire aggravée de biens a été ouverte par le parquet. Des personnes ont-elles été interpellées ? Les identités des assaillants sont-elles connues ? N'y a-t-il pas eu complicité au niveau de l'état-major ?

L'incident survenu sur les barrières du palais de Kosyam dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 mars avait-il un lien avec ces attaques ? Aux multiples questions des journalistes, le procureur du Faso a apporté des réponses à bâtons rompus. « Dans le cadre de l'enquête, huit personnes, toutes de nationalité burkinabè, ont été interpellées à savoir des civils, deux militaires et un militaire radié. Certaines personnes ont été appréhendées aux alentours des lieux et d'autres au cours de l'instruction de l'enquête.

Nous sommes en train de déterminer si elles sont complices, co-auteurs ou innocentes. Il n'est pas exclu qu'il y ait d'autres interpellations », a-t-elle déclaré. Concernant l'identité des assaillants, Mme Sérémé a laissé entendre que la moyenne d'âge de ces personnes est de 25 ans. « Ils portaient des vêtements pratiquement neufs constitués de pantalons jeans, de chemisettes carrelées, des casques et des blousons avec des bandeaux de couleurs blanches sur lesquels étaient inscrit : Il n'y a de divinité que Allah et Mohamed est son messager », a précisé Mme le procureur. Leurs identités seront publiées pour faciliter les enquêtes, a-t-elle promis.

A propos de complicités éventuelles, Maïza Sérémé a fait savoir qu'il y en a eues certainement, mais qu'à l'étape actuelle, le parquet n'est pas à mesure de confirmer une complicité au niveau de l'état-major, au regard du déroulé de la vidéo-surveillance dont il dispose. Pour ce qui est de l'incident survenu à côté du palais présidentiel, le procureur a indiqué qu'il n'existe pas de lien avec les attaques terroristes. « C'est un individu qui a été appréhendé. Il a tenté de saisir l'arme d'un des gardes et il a été neutralisé », a-t-elle détaillé.

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