7 Mars 2018

Burkina Faso: Inhumation des militaire tués dans les attentats de Ouagadougou - Colère et indignation étaient au rendez-vous

Photo: fasozine
Inhumation des militaire tués dans les attentats de Ouagadougou

C'est, hier, 7 mars 2018 que les militaires tués lors des attaques terroristes qui ont visé l'ambassade de France et l'Etat-major général des armées, dans la capitale burkinabè, ont été inhumés. Ils reposent désormais au cimetière municipal de Gounghin, tout comme tous les autres Burkinabè tués lors des autres attentats perpétrés à Ouagadougou.

Parents, amis, proches, autorités administratives, coutumières, religieuses et militaires se sont fortement mobilisés pour rendre un dernier hommage à ces dignes fils de la nation, qui sont tombés, les armes à la main. La colère et l'émotion se lisaient encore sur tous les visages ; les uns se demandant toujours de quoi sera fait demain.

Pendant ce temps, les fins limiers, eux, poursuivent leur travail sur le terrain, essayant de vérifier les éventuelles complicités dont auraient bénéficié les assaillants au sein de l'armée.

Mais comme la justice a ses raison que l'opinion ignore parfois, on sait très peu de choses, sinon rien, de l'interrogatoire du présumé cerveau qui a été alpagué dans le feu de l'action par les forces de défense et de sécurité alors même qu'il tentait de prendre la poudre d'escampette.

En fait, on ne le sait que trop bien, avec la Grande muette, la communication n'est pas la chose la mieux partagée si fait que l'on n'en sait rien aussi de l'identité des assaillants abattus dont on dit pourtant qu'ils sont tous des Burkinabè.

Peut-être craint-on la stigmatisation et les représailles à l'encontre des parents de ces jeunes renégats qui ont pris les armes contre leurs propres frères et sœurs.

Certes, on est unanime que ces derniers ne méritent pas une sépulture digne de ce nom, mais le peuple a besoin de connaître qui ils sont et d'où ils viennent pour savoir désormais à quoi s'en tenir.

Et c'est peu dire. Soit ! Passé le temps du deuil et de l'émotion, il y a lieu de se mettre au travail en unissant nos forces.

Pour ce faire, il faut tout d'abord commencer par construire notre système de renseignement qui, depuis la chute du régime de Blaise Compaoré, peine à retrouver ses marques. Ensuite, il y a lieu de renforcer le contrôle à nos frontières en redoublant de vigilance.

Certes, la tendance pour l'ennemi consiste à recruter de plus en plus des Ansar (locaux), mais comme ceux-ci sont le plus souvent formés et entrainés hors du pays, les mouvements suspects, dans le cadre d'une très bonne collaboration, peuvent être facilement démasqués.

Enfin, et c'est là que le bât blesse. Il faut tout faire que prévale à toute épreuve l'esprit des forces armées. Car, de plus en plus, la discipline qui devrait caractériser notre armée n'en est plus une.

Si fait que l'on voit des soldats affectés au sahel, par exemple, qui refusent de rejoindre leurs postes respectifs.

A cela s'ajoutent les rivalités picrocholines sur fond d'ego surdimensionné qui pourrissent la collaboration entre policiers et gendarmes. Franchement, le Burkina Faso, post-insurrection n'a pas besoin de ça.

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