8 Mars 2018

Afrique: Tournée africaine du n°2 américain - Quand les intérêts guident les pas

Le Secrétaire d'Etat américain, ou encore, si vous préférez, le n°2 américain, a entamé le 6 mars dernier, une tournée africaine qui le conduira au Tchad, en Ethiopie, à Djibouti, au Kenya et au Nigeria. Officiellement, Rex Tillerson, puisque c'est de lui qu'il s'agit, vient parler de contre-terrorisme, de paix, de sécurité, de promotion de la bonne gouvernance et de renforcement des intérêts commerciaux.

Mais l'occasion faisant le larron, l'émissaire américain qui est à sa première visite sur le continent noir, devra tenter de se racheter en essayant, du mieux qu'il peut, de rattraper les erreurs et les propos du président Donald Trump qui, naguère, traitait les nations africaines de « pays de merde ».

Certes, suite au tollé que ses propos avaient provoqué à travers le continent, le président Trump avait fait amende honorable dans une correspondance qu'il avait adressée à ses homologues africains réunis en sommet ordinaire à Addis Abeba, en fin janvier.

Mais comme on le sait, ils sont nombreux les dirigeants africains qui ne décolèrent toujours pas. Rex Tillerson saura-t-il recoller les morceaux ?

On attend de voir. Toujours est-il qu'il a du pain sur la planche, surtout que les ressortissants de certains pays où il séjournera, le Tchad en l'occurrence, sont interdits d'entrée aux Etats-Unis depuis septembre dernier.

La visite du n°2 américain en Afrique, n'a d'autre objectif que de faire contrepoids aux Chinois

Toute chose qui a suscité une grande incompréhension, d'autant que le Tchad est présenté comme un allié de taille en matière de lutte contre le terrorisme dans le bassin du lac Tchad où sévit rigoureusement Boko Haram. Et le Secrétaire adjoint du bureau américain des Affaires africaines ne dit pas autre chose quand il affirme : « Le pays (Tchad) a apporté une contribution sécuritaire remarquable.

Nous pensons qu'il quittera bientôt cette liste de sanctions ». Toutefois, on en vient à se poser la question suivante : comment, en effet, Donald Trump qui a claironné à qui veut l'entendre que l'Afrique ne faisait pas partie de ses priorités, entend-il l'aider à régler ses problèmes et à construire des institutions fortes ?

La question mérite d'être posée, d'autant que Rex Tillerson s'est entretenu avec les dirigeants de l'Union africaine (UA) en Ethiopie, pour évoquer, dit-on, les crises au Soudan du Sud, en Somalie et en République démocratique du Congo (RDC).

Que peut-on en attendre ? Vraisemblablement, rien. Car, en vérité, la visite du n°2 américain en Afrique, qui intervient plus d'un an après l'arrivée de Trump au pouvoir, n'a d'autre objectif que de faire contrepoids aux Chinois qui s'intéressent de plus en plus au continent noir.

Ceci pouvant expliquer cela, on peut affirmer sans risque de se tromper que ce sont les intérêts qui guident les pas de Tillerson.

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