12 Mars 2018

Mali: Présidentielle malienne - L'équation du Nord

A cinq mois du premier tour de l'élection présidentielle au Mali, prévue le 29 juillet 2018, une course contre la montre est engagée dans les états-majors des partis politiques. Dans le camp de la majorité, une centaine d'organisations de la société civile ont apporté, ce samedi 10 mars, leur soutien à la candidature du président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta.

Même si ce dernier n'a pas encore officiellement fait part de son intention de se lancer dans la course à sa propre succession, d'ores et déjà, les débats sur les chances du chef de l'Etat de se faire réélire pour un second mandat sont au menu des échanges entre citoyens dans la capitale malienne.

Arrivé au pouvoir en 2013, au moment où une partie du pays était sous occupation djihadiste, « IBK » comme le désigne les initiales de son nom, n'a pas fait bouger les lignes comme l'espéraient bon nombre de ses compatriotes.

Sur le plan sécuritaire, les défis restent énormes avec une bonne partie du pays qui échappe encore aujourd'hui au contrôle de l'Etat malien.

Des villes comme Kidal et Gao, considérées à tort ou à raison comme les quartiers généraux des terroristes, servent aujourd'hui de lieux de transit et d'écoulement de drogues. On pourrait même dire que c'est tout le Nord-Mali qui est devenu une plaque tournante pour les terroristes, les narcotrafiquants et autres réseaux mafieux.

La menace est telle que l'intervention militaire internationale lancée depuis 2013 à l'initiative de la France avec Barkhane, n'a pas permis de venir à bout du phénomène, puisque les extrémistes aux ambitions sécessionnistes se sont retranchés dans le vaste sahel malien pour semer terreur et désolation au quotidien.

Hormis l'aspect sécuritaire, la situation économique du pays, qui n'a pas connu une évolution depuis l'avènement du président Keïta, est un autre point sur lequel IBK est vivement critiqué.

Nombre d'observateurs sont unanimes sur le fait que les affaires n'ont pas prospéré ces cinq dernières années. Tous les secteurs ont enregistré quasiment des baisses. Les attaques terroristes ont dissuadé les potentiels investisseurs, entraîné la fuite de capitaux.

Sans oublier la peur et la psychose, qui habitent en permanence les citoyens, et de nature à porter un coup dur aux activités commerciales à l'interne. Toutes ces difficultés avaient d'ailleurs nourri les craintes chez certains observateurs qui commençaient à émettre le doute sur la tenue du scrutin en 2018.

Ils n'ont pas tout à fait tort, surtout dans ce contexte où les principales Katibas djihadistes ont eu l'idée de se fusionner en 2017 pour donner naissance au Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM), qui a revendiqué les attaques ayant visé le Burkina Faso le 2 mars 2018.

Un regroupement de filières dirigé par l'extrémiste malien, Iyad Ag Ghali et dont l'ambition clairement affichée est de contrecarrer la lutte engagée par la force conjointe du G5 Sahel contre le terrorisme.

Dans ce climat anxiogène où les djihadistes maîtrisent parfaitement le terrain et les techniques de guérilla, la tâche des Forces armées maliennes (FAMA), qui auront la lourde mission de sécuriser les bureaux de vote, ne sera pas une mince affaire.

Comment le gouvernement malien compte-t-il s'employer afin de permettre aux citoyens des zones sous contrôle djihadiste d'accomplir leurs devoir civique ? S'il est trop tôt pour répondre à cette interrogation, on peut affirmer sans risque de se tromper que cela relève de la gageure.

L'accord de paix signé à Alger avec les groupes armés aurait pu permettre aux autorités maliennes de créer des bureaux de vote sur les territoires où l'administration n'est pas déployée.

Malheureusement, il est vidé de tout son sens ! Pour l'heure, le ministère chargé de l'organisation du scrutin ne peut que compter sur l'opérationnalisation rapide de l'armée du G5 Sahel pour contribuer significativement à la sécurisation et au déploiement du matériel électoral dans les régions à risque du pays.

A côté de la force du G5 Sahel, il est également attendu de la Mission internationale des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), un appui dans le transport aérien ainsi que la mobilisation de plus de 7 000 militaires et policiers pour sécuriser les bureaux de votes.

Mali

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