12 Mars 2018

Burkina Faso: Installations solaires - Le ministre Ismaël Bachir Ouédraogo, remonté contre les entreprises

Le ministre de l'Energie, Dr Ismaël Bachir Ouédraogo a échangé le mardi 6 mars 2018 à Ouagadougou, à bâtons rompus avec les responsables d'entreprises. L'état des lieux du taux d'exécution des travaux d'installations solaires était au menu de la rencontre.

Autour d'une table ronde et sans langue de bois, les responsables d'entreprises chargés de l'électrification dans les ménages, dans les centres médicaux et dans certaines localités du Burkina Faso ont, tour à tour, dévoilé au ministre de l'Energie, Dr Ismaël Bachir Ouédraogo l'état d'avancement de leurs travaux. C'était dans l'après-midi du mardi 6 mars 2018 à Ouagadougou.

Après les avoir écoutés, Dr Ismaël Bachir Ouédraogo a été surpris du taux d'exécution par rapport au délai d'exécution.

Il a constaté qu'il y a un problème à tous les niveaux car, au cours des échanges, la majorité des entreprises ont soulevé entre autres, des difficultés d'enregistrement, d'identification de certaines localités, la lenteur des procédures pour le décaissement au niveau des banques.

Toutes ces explications n'ont pas convaincu le ministre, qui n'a pas hésité à leur dire ses quatre vérités. « Ce sont des milliards de F CFA que nous avons injectés dans le marché du solaire et nous ne pouvons pas comprendre que des activités qui devraient être closes en 2017, sont toujours en train d'être exécutées sur le terrain », a-t-il déploré.

Pour lui, moins de 20% de la population ont accès à l'énergie et en milieu rural, ce chiffre est encore plus alarmant, avec un accès de moins de 3%. Au regard de cette situation dramatique, l'allocutaire du jour, face aux acteurs du solaire, a souligné qu'il faudra que les entreprises rehaussent les ‘'manches", pour sortir les populations de l'obscurité.

« Il n'y a pas de jonglage dans le solaire. Nous voulons exporter de l'énergie d'ici à 2020. La CEDEAO nous a déjà octroyé 150 Mégawats et nous devons fournir des efforts pour avoir la confiance de l'institution. Nous souhaitons que vous gagniez votre expertise au Burkina Faso et la vendre aussi dans la sous-région », a-t-il signifié.

Les entreprises qui ont accusé des retards de trois, voire quatre mois, M. Ouédraogo leur a fait comprendre que dans certains cas, la loi prévoit que les marchés soient résiliés, si l'entreprise n'est pas en mesure de les réaliser. « Tout ce que nous vous demandons, c'est de nous fournir un travail de célérité.

Nous allons d'ailleurs mettre en place un mécanisme de contrôle de la qualité du matériel importé, pour permettre aux acteurs de bénéficier d'un matériel de qualité et au secteur de prendre son envol », a-t-il prévenu.

Quant à l'électrification des Centres médicaux (CM), considérés comme des sites sensibles, le ministre a insisté que les installations soient faites dans les règles de l'art et invité les entreprises à aller à la vitesse de croisière, afin que les malades ne meurent pas, par faute d'électrification.

‘'Martin-pêcheur" félicité

Parmi la trentaine d'entreprises rencontrées, le Groupement Martin-pêcheur a été la seule entreprise qui n'a accusé aucun retard. Elle a reçu les félicitations et les encouragements du ministre, qui a exhorté les entreprises qui trainent encore les pas, à s'inspirer de son bel exemple.

Le représentant de cette entreprise, Benoît Sawadogo, après avoir donné les mécanismes utilisés pour atteindre ce résultat appréciable, il a confié qu'un contrat de 75 jours a été signé au mois de novembre et l'entreprise avait une équipe dynamique sur le terrain.

« Nous avons installé environ 26 252 lampes à Led et nous attendons impatiemment le contrat de 2018 », s'est-il réjoui.

Par ailleurs, aux préoccupations des entreprises, l'auditeur, Dr Ouédraogo les a rassurés qu'une certification sera mise en place, pour mieux ordonner le secteur, car les entreprises doivent comprendre à son avis, que dans le domaine de l'énergie, elles doivent se former et avoir les capacités financières pour un travail de qualité.

Pour les coupures intempestives, il a affirmé qu'en plus de l'interconnexion du Burkina Faso avec la Côte d'Ivoire et celle en cours avec le Ghana, le problème de déficit sera résorbé.

Le premier responsable de l'Energie a imploré la clémence de la population par rapport à cette situation de canicule. Il a promis qu'un programme solaire dénommé « back up » solaire sera bientôt développé, pour permettre aux ménages de pouvoir s'approprier ce nouvel outil.

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