13 Mars 2018

Cameroun: Motos-taxis - Ces transporteurs à surveiller

Ces engins à deux roues, exploités par des individus difficilement identifiables, sont de plus en plus utilisés pour commettre des vols et des agressions.

Des agressions de plus en plus fréquentes commises par des individus à bord de motos-taxis sont enregistrées chaque jour à travers le pays. Les plaintes des citoyens se multiplient également dans certains quartiers de la cité capitale.

Plus aucune semaine ne passe sans qu'on entende parler de vol à la tire, à l'aide d'une moto utilisée en temps normal pour transporter des passagers. Les femmes, les plus exposées, ne savent plus à quel saint se vouer.

« Nous ne savons même plus à qui faire confiance. Tu empreintes une moto sans savoir que c'est ton agresseur qui te conduit », confie Yvonne Mevoungou, commerçante au marché Mvog-Mbi à Yaoundé. Comme elle, dans cette zone, plusieurs autres femmes ont été victimes de vols de jour comme de nuit. Comme le décrit Balbine Essah, une étudiante à l'Institut Siantou supérieur au quartier Coron, il suffit d'un moment d'inattention pour voir son sac à main filer entre les mains d'un inconnu sur une moto.

« Généralement, ils opèrent en duo. Un conducteur et un autre qui fait semblant d'être passager. Ils se rapprochent de vous comme s'ils veulent connaître ta destination puis, quand vous êtes distrait, ils vous arrachent le sac et s'en vont à toute vitesse », raconte-t-elle.

Une situation plus dramatique dans les zones reculées et difficiles d'accès. Dans ces localités périphériques que désertent les taxis, l'activité des motos-taxis est florissante. Le plus souvent, les habitants de ces quartiers se connaissent entre eux. Mais, c'est aussi la zone de repli des bandits. « Nous faisons l'effort de connaître les conducteurs. Quand nous voyons un nouveau visage, nous préférons ne pas emprunter sa moto », explique Edvige Angué.

Ce qui n'est pas souvent le cas pour les nouveaux habitants, plus exposés, parce qu'il leur est difficile d'identifier un ancien ou un nouveau « moto - taximan ». Dans les régions où règnent l'insécurité, comme certains départements du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des milices terroristes, à bord des motocyclettes, attaquent les forces de défense et de sécurité et agressent les élèves qui ont choisi de se rendre à l'école.

Une fois de plus, la motocyclette est au cœur du mode opératoire de ces hors-la-loi qui lancent des assauts successifs à l'aide de dizaines de motocyclettes ayant chacune à bord un conducteur et un malfrat armé.

Cette stratégie, selon le communiqué du ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a déjà permis aux sécessionnistes d'assassiner 27 éléments des forces de sécurité et d'incendier plusieurs édifices publics, écoles, centres hospitaliers, marchés, domiciles privés, ainsi que des véhicules dans les deux régions.

D'où les arrêtés pris le 8 février 2018 par les gouverneurs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, portant interdiction provisoire de l'exercice de l'activité des motos-taxis dans certaines localités de leur unité de commandement, pour une durée de sept ou de dix jours.

Une mesure qui, selon les cas, sera éventuellement renouvelée et pourra s'étendre à d'autres arrondissements, en fonction de l'appréciation de la situation sur le terrain.

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