14 Mars 2018

Sénégal: Macky Sall et Adama Barrow jettent les bases d'une Sénégambie nouvelle

Photo: Facebook
Adama Barrow et Macky Sall

De part et d'autre, la volonté est affichée de faire désormais de la Sénégambie une réalité. Le président sénégalais, Macky Sall, et son homologue gambien, Adama Barrow, ont tracé les grandes lignes de ce que doit être la coopération entre les deux pays.

C'était dans le cadre de la tenue de la première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien (du 11 au 13 mars) qui a été sanctionné par la signature de plusieurs accords.

Le Chef d'Etat sénégalais, Macky Sall, et son homologue gambien, Adama Barrow, ont réitéré, hier, à Banjul, leur ferme volonté de redynamiser la coopération entre les deux pays. Ils ont fait part de leur détermination à travailler ensemble pour donner un «souffle nouveau» à leur coopération et surtout de faire en sorte que la Sénégambie soit une réalité.

«Nous sommes une même famille unie par des liens beaucoup plus forts que le fait colonial qui nous a séparés en deux Etats», a rappelé le Président Macky Sall à l'occasion de la première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien.

Car, selon lui, les deux gouvernements ont la lourde responsabilité de «préserver cet héritage familial» afin de léguer à leurs enfants et aux générations futures un espace sénégambien «stable et apaisé», où toutes les composantes vivront en harmonie.

Cette même volonté est affichée par le Président Adama Barrow pour qui, les deux peuples ont mis trop de temps pour renforcer cette coopération. «Nous avons perdu deux décennies pour renforcer notre coopération. Il est temps d'accélérer les choses», a dit le Président gambien.

Toutefois, selon le Président Macky Sall, ce travail de renforcement de la coopération doit passer nécessairement par «une lutte déterminée et coordonnée» des deux Etats contre toutes les formes de criminalité et de trafic illicite.

De même que la lutte contre l'exploitation illégale des ressources naturelles. Pour le Président de la République, il est tout aussi important pour les deux pays de «coopérer de façon plus pragmatique» dans les secteurs de la pêche, de l'élevage, de l'agriculture, des mines et de l'énergie, en éliminant les lourdeurs administratives pour aboutir à des résultats rapides et durables.

Améliorer les conditions de séjour des citoyens

Cette Sénégambie tant souhaitée de part et d'autre passe aussi par la libre circulation des personnes. Il s'agit, selon le Chef de l'Etat, Macky Sall, de faire en sorte que «chaque Gambien se sente chez lui au Sénégal et chaque Sénégalais chez lui en Gambie».

Le Président Macky Sall ajoute : «nous devons poursuivre nos efforts pour améliorer les conditions de séjour et d'établissement de nos concitoyens dans l'un et l'autre de nos pays». Il s'agit également de mettre un terme aux tracasseries administratives, aux barrières non tarifaires, bref «aux pratiques anormales» sur tout le long des corridors et aux frontières.

Pour le Président Macky Sall, le Sénégal et la Gambie trouvent leur intêret à mutualiser leurs forces pour aller de l'avant.

«Quand nous mettrons pleinement ensemble nos forces, nos idées et nos intelligences, la Sénégambie deviendra non seulement une famille plus intégrée, mais aussi un marché beaucoup plus attractif pour nos opérateurs nationaux et pour l'investissement privé étranger», a-t-il dit.

Avec une telle volonté affichée par le Sénégal et par la Gambie, le Président Adama Barrow est convaincu que les deux pays peuvent être «un modèle d'intégration réussi» dans la sous-région.

Et pour traduire cette ferme ambition dans le concret, les deux gouvernements ont clôturé la première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien par la signature de plusieurs accords de coopération dans des domaines divers tels que les transports routiers, l'assistance aux personnes détenues et le transfèrement des personnes condamnées, la santé et les productions animales, la culture, le Sport, l'enseignement supérieur, etc.

SIX ACCORDS DE COOPERATION SIGNÉS

Le Sénégal et la Gambie viennent de signer six accords de cooperation. Ces accords qui sont le fruit de la tenue du Conseil présidentiel sénégalo-gambien du 11 au 13 mars, concernent divers domaines. Notamment les Transports routiers, la Santé et des productions animales ainsi que la Culture et le Sport.

Dans la même veine, les deux gouvernements ont signé une convention sur l'assistance aux personnes détenues et le transfèrement des personnes condamnées.

Enfin, le ministre Mary Teuw Niane a signé, avec son homologue gambien, un mémorandum d'entente dans le domaine de l'enseignement supérieur, de la recherche, de la science et de la technologie.

Le Chef de l'Etat Macky Sall était accompagné d'une forte délégation ministérielle composée de Augustin Tine (Forces armées), Ismaïla Madior Fall (Justice), Abdoulaye Daouda Diallo (Transports routiers), Aminata Mbengue Ndiaye (Elevage), Mame Thierno Dieng (Environnement), Mary Teuw Niane (Enseignement supérieur) et Birima Mangara (Budget).

PONT DE FARAFEGNY : MACKY SALL SOUHAITE L'ACCÉLÉRATION DES TRAVAUX

Le Chef de l'Etat, Macky Sall, s'est réjoui, hier, à Banjul, des «progrès enregistrés» dans la construction du pont de Farafegny. Il l'a fait savoir à son homologue gambien, Adama Barrow, saluant son «engagement personnel» pour la réalisation de cette infrastructure.

Toutefois, il a souhaité l'accélération des travaux au vu de l'importance de cette infrastructure entre les deux pays. «Nous devons maintenir le rythme, parce que ce pont n'est pas seulement une infrastructure de transport ordinaire.

C'est aussi un facteur de progrès économique, un trait d'union indispensable entre les peuples et un puissant facteur d'intégration sous regional», a dit le Président Macky Sall.

LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE BOIS : LES PATROUILLES MIXTES SERONT INTENSIFIÉES

Le domaine de la sécurité demeure une priorité entre le Sénégal et la Gambie. Et particulièrement la lutte contre le trafic de bois.

A cet effet, les deux gouvernements ont décidé d'intensifier «les patrouilles mixtes» sur le long de la frontière. Les Présidents Macky Sall et Adama Barrow ont reconnu qu'un tel trafic a causé trop de torts aux deux Etats.

Adama Barrow a même relevé «la compléxité» du problème à cause des nombreuses personnes qui y travaillent. Et pour lui, il faut plus que jamais établir «un partenariat dynamique» entre les deux pays pour mettre un terme à ce fléau.

A cet effet, les deux gouvernements ont décidé de se retrouver en fin juillet 2018 dans le cadre de la première réunion de la Commission mixte paritaire pour définir les modalités opérationnelles de ces patrouilles.

Dans le domaine du tourisme, les deux pays ont décidé de réaliser le Plan d'actions conjoint convenu pour la mise en œuvre effective de l'Accord signé en mars 2017.

En matière d'Energie, les deux chefs d'Etat ont donné des instructions à leurs gouvernements pour la mise en service, en avril 2018, du point de livraison de Karang en vue de fournir un Mégawatt en plus et l'alimentation de la zone Amdalai- Barra.

Des engagements ont été pris dans les domaines de l'environnement (tenue de la réunion du comité mixte ) ainsi que dans les affaires consulaires (mise en œuvre d'un accord) dans le but de consolider «des actions concrètes» assorties de délais précis.

Enfin, les deux Chefs d'Etat ont, à travers le communiqué conjoint, demandé à leurs gouvernements respectifs de veiller à la mise en œuvre rigoureuse, diligente et effective des recommandations issues de ce Conseil présidentiel.

La fin de la mission de la Force de la Cedeao dépend du gouvernement gambien.

C'est en substance la réponse donnée par le Chef de l'Etat, Macky Sall. «Si la Gambie le veut, les militaires sénégalais retourneront à Karang sans attendre.

Mais la décision revient au gouvernement de la Gambie encore une fois», a dit le Chef de l'Etat qui rappelle que c'est la Cedeao qui a donné mandat à cette force d'assurer la sécurité en Gambie après les évènements post-électoraux qui se sont passés sous Yahya Jammeh.

MOBILITE : INSTITUTIONNALISER LA JOURNÉE DE LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES ET DES BIENS

L'une des décisions majeures de la tenue du Conseil présidentiel sénégalo-gambien a été la prise par les deux Chefs d'Etat d'institutionnaliser la Journée de la libre circulation des personnes et des biens de la Sénégambie.

Cette journée sera organisée annuellement et à tour de rôle par les deux pays. En outre, il a été décidé la mise en place, dans les meilleurs délais, d'un Observatoire des pratiques anormales.

La structure aura pour mission de prendre des mesures pour échanger des informations dans le but de résoudre les problèmes qui touchent les deux pays. Notamment dans les domaines relatifs à l'importation, à l'exportation, à la réexportation et au transit.

CHANCELLERIE DU SENEGAL EN GAMBIE : LE CHEF DE L'ETAT A POSÉ LA PREMIÈRE PIERRE

Le Président Macky Sall, a procédé, hier, dans l'après-midi, à la pose de la première pierre de la future chancellerie du Sénégal en Gambie.

L'édifice sera construit sur un espace de 3.000 m2 et sera composé essentiellement des bureaux du personnel de la chancellerie et de la résidence de l'ambassadeur. L'infrastructure est prévue à Fajara, en bordure de mer.

Toutefois, il estime que la construction de cette chancellerie en Gambie fait partie d'un programme de construction de chancelleries déjà entamé dans les pays de la sous-région tel que la Mauritanie, le Mali, etc.

Ensuite ce sera au tour de la Guinée, de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert.

LE PRESIDENT ADAMA BARROW : « LE JUGEMENT DE YAHYA JAMMEH EST OBLIGATOIRE »

Face à la presse hier, au terme de la tenue de la première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien, le Président Adama Barrow a estimé que le jugement de son prédécesseur est «obligatoire». Il a rappelé d'ailleurs qu'une commission a même été installée afin de produire «un bon document d'accusation».

Car, selon lui, il faut des preuves avant d'avancer quoi que ce soit. Toutefois, le Président Adama Barrow précise qu'au-delà de Yahya Jammeh, toute autre personne qui sera accusée de crime, de trafic ou de violation durant les 22 ans de règne de Jammeh sera traduite devant les tribunaux. Yahya Jammeh a quitté la Gambie le 21 janvier 2017 après avoir perdu la présidentielle de décembre 2016. Depuis lors, il s'est réfugié en Guinée Equatoriale.

RENCONTRE AVEC LA COMMUNAUTE SENEGALAISE : 28,5 MILLIONS DE FCFA POUR LA CRÉATION D'UNE MUTUELLE DE SANTÉ

Durant son séjour en Gambie, le Chef de l'Etat, Macky Sall, a rencontré la forte communauté sénégalaise qui vit dans ce pays.

Au total, 200 associations sénégalaises composées de groupements féminins, de structures de jeunes et de responsables politiques ont assisté à cette rencontre qui s'est tenue au Coco Ocean Beach, résidence où logeait le Chef de l'Etat et sa délégation.

Une occasion saisie par les ressortissants sénégalais pour soulever les difficultés qu'ils vivent au quotidien notamment en matière d'éducation, de transport et de santé principalement.

Sensible à leur requête, le Chef de l'Etat leur a offert 28,5 millions de FCfa, soit 50.000 dollars. Une somme destinée à la mise sur pied d'une mutuelle de santé au profit de ses membres.

Ladite somme a été remise à l'ambassadeur du Sénégal à Banjul, Saliou Ndiaye. Toujours en réponse aux sollicitations des Sénégalais vivant en Gambie, le Chef de l'Etat a annoncé la création, par la société nationale de transport Dakar Dem Dikk, d'une ligne devant relier Dakar à Banjul.

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