14 Mars 2018

Tunisie: Il était grand temps

En juin dernier, nous avons eu le plaisir d'échanger avec Radhouane El Meddeb à propos de cette nouvelle création et nous avons évoqué ce retour aux sources avec des artistes tunisiens auxquels il a fait appel : «Une autre partie de moi m'échappe, ce pays qui est aussi le mien ne m'appartient plus.

Beaucoup de changements, de bouleversements, de transformations et de revirements : je les ai attendus, espérés, rêvés, mais je les appréhende, aussi !

Aujourd'hui, je veux cesser de regarder cette Tunisie de loin, je veux trouver un langage pour m'en approcher, par mes propres codes, et avec celui que je suis devenu. Je décide aujourd'hui de "rentrer", avec mon nouveau langage, avec mon nouvel être, dans ce pays qui change, que je connais si mal.

Comme une réconciliation, ce voyage est douceur, mais il est aussi un moyen de se dépasser et de pousser les limites, encore une fois, comme on passe des frontières, comme on joue avec les identités. C'est aussi une consolation, ce geste troublant de se prendre dans les bras, de se laisser remuer par les autres qui consolent».

Cette approche, réconciliation et consolation se feront certainement les 15 et 16 mars au 4e Art. Le temps de deux représentations pour que toutes les larmes partagées, toute tristesse solitaire et tout élan du cœur et du corps deviennent, par la puissance de l'art, des éclats de rire. Et ça sera un des moments forts de cette saison culturelle qui verra le retour d'un des siens.

Un artiste pour qui, la presse européenne ne tarit d'éloges. En voici quelques extraits : «Le chorégraphe tunisien Radhouane El Meddeb émeut le Festival d'Avignon», «Spectacle d'une grande lisibilité chorégraphique, d'une esthétique subtile, raffinée et porteuse d'un humanisme désireux de construire», «Un profond humanisme» .

«La grande sobriété de cette œuvre ponctuée tantôt de transes, tantôt de silences méditatifs, souligne l'angoisse, l'affliction, le fatalisme et la résignation des exécutants, révélant également la grande bonté, la sagesse et la tempérance de son auteur», «Spectacle très engagé tant politiquement que socialement», «Le très beau spectacle de Radhouane El Meddeb mêle une forme de danse très dépouillée, traversée par des accents de folie, au chant sublime du chanteur Mohamed Ali Chebil», «Il se dégage de ce spectacle envoûtant une légèreté aérienne, une sérénité même.

La virtuosité avec laquelle le musicien Jihed Khmiri laisse s'exprimer le désarroi des danseurs n'est sans doute pas pour rien dans l'apaisement que l'on ressent».

Pour le public tunisien, ou pour la Tunisie tout court, «Face à la mer pour que les larmes deviennent des éclats de rire», Radhouane offre une ode délicate et poignante au goût de tant d'amour, d'éloignement et de séparation.

Lui, qui a choisi sa nouvelle route il y a plus d'une dizaine d'années avec «Pour en finir avec soi», une création qui a marqué ses premiers pas dans le monde de la danse, a su emporter le public vers ses univers particuliers, sa culture et ses ressentis.

Inutile d'énumérer ses multiples créations qui ont suivi, il faudrait juste retenir qu'en avril 2015, le Panthéon avait ouvert ses portes, pour la première fois à la danse contemporaine et ce fut avec le spectacle «Heroes, prélude», une première. Radhouane El Meddeb en était l'auteur.

Les 15 et 16 mars au 4e Art, deux dates à marquer dans vos agendas, «Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire»; conception, dramaturgie et chorégraphie Radhouane El Meddeb, collaboration artistique Moustapha Ziane, interprètes Sondos Belhassem, Houcem Bouakroucha, Hichem Chebli, Youssef Chouibi, Feteh Khiari, Majd Mastoura, Malek Sebai, Malek Zouaidi et Mohamed Ali Chebil (chant) et Jihed Khmiri (piano), musique Jihed Khmiri, scénographie Annie Tolleter, lumières Xavier Lazarini, costumes Kenza Ben Ghachem, régie générale Bruno Moinard et régie son Christophe Zurfluh.

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