13 Mars 2018

Congo-Kinshasa: L'Ituri s'enfonce dans la crise

Photo: OCHA/Eve Sabbagh
Province du Tanganyika, RDC : une femme cuisine à Katanika, un site à quelques kilomètres de Kalémie, où plus de 6.000 familles se sont réfugiées pour fuir la violence interethnique croissante dans la région.

Le conflit intercommunautaire entre les agriculteurs Lendu et les éleveurs Hema a provoqué l'exil d'au moins 50.000 déplacés internes sans oublier les 65.000 personnes refugiées en Ouganda voisin.

Dans la nuit de lundi à mardi, au moins une trentaine de personnes ont été tuées dans plusieurs villages de la province de l'Ituri. Selon un responsable administratif, cité par l'AFP, "des villages du territoire de Djugu ont été la cible d'une attaque. On a compté 30 morts. Il y a certainement d'autres corps dans la brousse. Les recherches se poursuivent". À en croire Willy Pilo Mulindro, "dans le village de Djo, les assaillants ont tué 10 personnes, à Gbi il y a 10 morts et à Takpa 19 personnes abattues. Ce qui fait au total 39 morts". Alors que la Radio Okapi fait état d'un bilan de 41 morts dans ce nouveau regain de violences, l'armée congolaise, elle, déclare qu'il n'y a pas eu de massacres.

Manipulations politiciennes?

Face à la reprise des violences, la "Communauté iturienne de Kinshasa" a lancé lundi (12.03) un appel à l'aide à ces populations en détresse. Selon elle, les dernières violences "sont assez différentes de celles du conflit qui oppose les ethnies Hema et Lendu depuis des décennies. Le directeur exécutif de l'ONG "Justice Plus", estime qu'il s'agit de violences sur fond d'instrumentalisation politique et politicienne.

"L'identité des assaillants n'est pas connue. Les mobiles même de leur opération sur le terrain ne sont pas connus. Il y a au moins une cinquantaine de personnes qui ont été arrêtées par les forces de sécurité sur le terrain. Il y a des tireurs de ficelles qui sont en train de profiter de vieilles tensions qui existaient entre les deux communautés, qui sont surtout en train de profiter du contexte électorale soit pour repousser les élections, soit pour se positionner" a expliqué maître Kisembo Xavier Macky, à la DW.

Situation sous contrôle ?

Les autorités de Kinshasa, pour leur part, affirment avoir pris la mesure de cette situation préoccupante. Joseph Kabila a dépêché depuis plusieurs jours une forte délégation conduite par le vice-Premier ministre, le ministre de l'Intérieur et de la sécurité, Henri Mova Sakanyi.

Cependant, le conseiller diplomatique du président congolais tente de relativiser la portée de ce conflit. "Quand il y a des opérations militaires, il est tout à fait normal que des populations internes se déplacent pour fuir les zones de combat. C'est un pays de plus de quatre cent groupes ethniques. De temps en temps, il y a ce genre de conflits. Mais l'essentiel pour nous, c'est que l'autorité de l'Etat soit rétablie. On a renforcé les capacités opérationnelles des forces armées de la RDC. C'est un conflit qui tend ver sa fin", a assuré Barnabé Kikaya Bin Karubi.

Conflit meutrier

Le conflit entre les agriculteurs de la communauté Lendu et les éleveurs Hema a déjà causé la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes entre 1999 et 2003. L'ampleur des violences a nécessité à l'époque l'intervention de la force européenne Artémis.

Aussi, la Cour pénale internationale a-t-elle condamné à 12 ans de prison l'ex-chef de milice Germain Katanga poursuivi pour complicité de crimes de guerre et contre l'humanité dans l'attaque en février 2003 du village de Borogo en Ituri. Cette attaque avait fait environ 200 morts.

Le 8 mars 2018, la chambre d'appel de la CPI a confirmé le montant des réparations aux victimes, soit la somme d'un million de dollars que doit payer le chef rebelle Germain Katanga.

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