14 Mars 2018

Sénégal: Le CNRA sur la sorite du pr Songué Diouf dans «Jakaarlo bi» de la TFM - Se soucier de «l'équilibre social» dans le «traitement médiatique»

«Le rôle des médias n'est pas de mettre en péril la sécurité des personnes ni en cause leur dignité.» C'est le CNRA qui rappelle ainsi professionnels des médias de mettre en avant l'équilibre social dans le traitement médiatique de sujets de société.

La sortie du professeur Songué Diouf, chroniqueur dans l'émission «Jakaarlo Bi» de la TFM continue de susciter des réactions. Dans un communiqué parvenu à la rédaction de Sud Quotidien, hier mardi, le CNRA rappelle que «le rôle des médias n'est pas de mettre en péril la sécurité des personnes ni en cause leur dignité.»

Par ailleurs, le régulateur, conformément à sa mission de veiller au respect de la réglementation, appelle tous les médias à prendre les précautions nécessaires, chaque fois que des sujets concernant une catégorie de la société ou des sujets dits sensibles sont traités ou abordés, et à toujours veiller à se conformer à la réglementation.

Selon le CNRA, la conception de la programmation audiovisuelle se fait dans le strict respect de la réglementation qui, surtout en matière de traitement de sujets touchant à à l'honneur et à l'intégrité de la personne humaine, exige un profond sens de la responsabilité et une préparation particulière de la part des intervenants à l'antenne.

«Cette exigence a été bafouée lors de l'émission «Jakaarlo Bi» du 09 mars 2018. C'est ce qui justifie les observations-mises en garde adressées à TFM», constate le régulateur qui a «enjoint à la Direction de la chaîne de télévision, de mettre un terme définitif à de pareils manquements et d'éviter toute rediffusion de l'émission du 09 mars 2018, sous peine de l'application des sanctions prévues par la loi.»

En effet, note le texte, le 09 mars 2018, la chaîne de télévision TFM a diffusé une émission intitulée «Jakaarlo Bi», au cours de laquelle la question du viol a été abordée.

La gravité de la question exigeait des concepteurs, animateurs, éditeurs de l'émission, une attention soutenue, afin d'éviter des dérapages et prises de positions inappropriées de nature à entraîner des conséquences préjudiciables aux femmes.

Le CNRA relève des «manquements graves relatifs à la présentation de l'émission et imputables autant au chroniqueur, M. Songué DIOUF et qu'au présentateur de ladite émission, M. Khalifa Diakhaté», lit-on dans le document, situant les responsabilités de chaque acteur.

S'agissant du chroniqueur, la source note que le plateau de l'émission lui a servi de prétexte «pour faire d'un sujet aussi grave, un objet de dérision en affirmant, pour justifier les cas de viols dont sont victimes les femmes, que ces dernières sont les responsables de leurs propres viols, à cause de leurs choix vestimentaires ou de leur plastique.»

«De tels propos sont d'une gravité extrême si l'on sait que des femmes sont: violées, violentées et tuées; mises au ban de la société, rejetées par leurs familles ou données en mariage à leur violeur; données en mariages précoces ou forcés à la suite de viol.»

En ce qui concerne le présentateur, loin d'arrêter la dérive, il «a enfoncé le clou, en banalisant auprès des autres intervenants, la désinvolture du chroniqueur.

Un tel comportement est d'autant plus grave qu'il est attendu d'un présentateur qu'il exerce son rôle qui est de rappeler à l'ordre, les participants à l'émission et de faire la police de son plateau.»

«De telles pratiques constituent une violation de la réglementation et des principes régissant les acteurs des médias, notamment: les articles 7 et 9 de la loi 2006-04 du 04 janvier 2006 portant création du CNRA qui appellent à sauvegarder l'enfance et l'adolescence dans les contenus des programmes et à respecter l'honneur et l'intégrité de la personne humaine; les articles 20 et 21 du cahier des charges relatifs, respectivement, à l'obligation de ne pas inciter à des pratiques ou comportements délinquants ou inciviques et celle de veiller au respect de l'image, de la dignité, de l'honneur et de la réputation de la personne humaine.»

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