15 Mars 2018

Tunisie: De la cinémathèqie Carte blanche à Claudia Cardinale

Pour en savoir plus sur le programme ainsi que les nobles enjeux et défis de la cinémathèque, nous avons posé 3 questions à Hichem Ben Ammar, directeur artistique de la cinémathèque. Ecoutons-le.

Claudia Cardinale sera l'invitée d'honneur de l'ouverture de la Cinémathèque le 21 mars prochain. Quel sens donner à son retour en Tunisie ?

Claudia Cardinale est une enfant du pays. Devenue une grande star internationale, elle n'a jamais renié son appartenance à la Tunisie. Elle viendra nous présenter elle-même quelques-uns de ses films parmi ceux qu'elle affectionne le plus dans sa longue carrière d'actrice qui compte une centaine de films. Les titres de la rétrospective que nous lui dédions ont été choisis par elle-même et Mohamed Challouf, conseiller artistique de la cinémathèque. Des monuments comme «Le guépard» de Visconti ou des chefs-d'oeuvre comme «8 et demi» de Fellini et «Il etait une fois dans l'Ouest» de Sergio Leone feront le bonheur des cinéphiles. Sans oublier deux productions tunisiennes : «Chaîne d'or» de Mustapha Farsi et René Vautier que nous avons numérisé pour l'occasion, et «Goha» de Jacques Baratier, deux très beaux films où Claudia Cardinale fit ses premiers pas au cinéma. C'était en Tunisie, à la fin des années cinquante. Il est certain qu'elle redécouvrira ces deux films avec beaucoup d'émotion. C'est donc une carte blanche que nous lui accordons pour lui rendre hommage et lui dire toute l'admiration que nous avons pour elle. La présence à l'occasion de l'inauguration de la Cité de la culture de cette star d'origine tunisienne, dont le nom est associé aux heures de gloire du cinéma mondial, va forcément donner plus de lustre à la fête.

Les Festivités de l'ouverture de la Cinémathèque à la Cité de la Culture ne vous détournent-elle pas de vos objectifs primordiaux?

Ces festivités marqueront le lancement de notre activité avec un programme ambitieux qui, je l'espère, tiendra la route. La négociation avec les ayants-droit pour l'obtention des films au moindre coût, les soutiens obtenus de la part des cinémathèques de Rome, de Toulouse et de Lisbonne pour organiser une exposition de toute beauté sur le parcours de Claudia Cardinale, la numérisation de «Chaîne d'Or» de Mustapha Farsi et René Vautier, avec le concours de la Cinémathèque de Milan, l'obtention de contributions de la Fondation Pathé-Seydoux, l'invitation de nos collèges des cinémathèques amies avec lesquelles nous allons construire un partenariat durable, constituent les étapes d'une véritable course contre la montre. Nous l'avons fait dans une précipitation où notre compétence a été mise à l'épreuve de l'effervescence des préparatifs. Nous sommes fiers d'être au rendez-vous et de vous dire que le maître-mot de cette cinémathèque est et restera : la détermination dans l'action. Maintenant qu'elle est née, la Cinémathèque va devoir, comme chaque être au monde, survivre. C'est cela son prochain défi.

Justement, quel est l'enjeu de la Cinémathèque aujourd'hui ?

L'enjeu maintenant, c'est de garantir la viabilité du projet, de lui donner une assise pérenne au sein du Centra national du cinéma et de l'image. Même si nous devons parer au plus pressé pour être au rendez-vous des festivités du 21 mars, nous ne perdons pas de vue l'essentiel, c'est-à-dire le travail en profondeur pour assurer la sauvegarde des films. Cette partie cachée de l'iceberg est pour moi bien plus importante que le spectacle. Le véritable enjeu est de considérer la conservation et la collection dans leur lien organique avec l'activité de diffusion. Tel est le véritable objectif pour préserver le patrimoine, nous ne devons pas l'oublier.

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